Bonjour,
J'ai 23 ans et j'ai souffert de TCA pendant des années jusqu'à ma dernière crise-déclic : la première où je me suis faite vomir.
J'ai réussi à m'en sortir seule perdant, au passage, pas mal de poids (30 kilos en un an et demi) mais je reste obèse.
Du schéma obèse-donc moche-donc non désirable-donc malheureuse j'ai réussi à me sortir également. Je prends maintenant soin de moi et, ce faisant, je bichonne mon moral qui me le rend bien
J'ai lu des messages, sur ce forum comme sur d'autres, qui faisaient état d'une différence entre la vision que l'on a de soi dans sa tête et celle que l'on a dans le miroir, sur les photos, etc. Avant, j'étais comme ça. Je me voyais énorme sur les photos, sans aucun attrait, et je me trouvais "pas si anormale" dans ma tête. Il faut dire qu'on m'a bien aidé à penser de cette façon-là : quand je n'avais que quelques petits kilos de trop (allez, cinq grand maximum), à l'adolescence, ma mère me répétait déjà sans cesse et même en public que j'étais trop grosse.
J'ai fini par y croire et par me rendre malade. Je comblais un vide dans ma tête et dans mon coeur (abandonnée par mon père, fille d'une femme qui me rejetait en public...) en me jetant sur la nourriture jusqu'à , au bout d'un certain nombre d'années, ne plus me rendre compte de ce que je faisais.
Il m'est arrivé, un jour, de me réveiller en pleine nuit assise sur la table de salon un pain au chocolat dans la bouche sans savoir ce que je faisais là ni pourquoi je m'étais levée.
Pendant des années j'ai réussi à ne pas me faire vomir. Pour moi, le reste de raison qui pouvait se cacher quelque part dans ma tête se situait à la limite entre m'empiffrer mais "garder le contrôle" ou perdre le contrôle en me forçant à vomir.
Ma crise-déclic, je l'ai faite à côté de mes pompes. Enfin, plutôt comme à côté de mon corps : je m'empiffrais sans pouvoir dire à mon corps d'arrêter et j'ai fini par me faire vomir sans rien contrôler. J'essayais de toutes mes forces, je pleurais intérieurement, mais rien ne sortait, rien n'aboutissait. Ça peut paraît bizarre, je ne sais pas. En tout cas voir une de mes crises, comprendre que j'avais l'impression de contrôler mais que je ne contrôlais plus rien m'a servi de déclic.
En tout cas, ça m'a coûté tous les efforts que ça m'a coûté et ça m'a pris le temps que ça m'a pris, mais je m'en suis sortie seule. Sans l'aide d'un professionnel. C'était important pour moi. Encore une histoire de contrôle, sûrement.
J'ai également, au prix d'un douloureux travail sur moi, appris à me voir avec mes qualités et non avec mes défauts même en me regardant dans mon miroir. Je suis dans mon miroir ce que je suis dans ma tête : non pas une "grosse" mais une femme pleine de qualités, qui réussit ce qu'elle entreprend à force de volonté, une femme franche attachée à ses principes, qui respire la bonne humeur. Et ça se sent. Obèse et charmante, c'est possible. N'en déplaise à certain(e)s.
Alors je me dis que si je peux aider quelqu'un, si je peux aider des jeunes filles "rondes" à ne pas se laisser bouffer par une "norme" établie par je ne sais qui je ne sais quand avant qu'elles ne sombrent comme j'ai sombré et n'aient à se relever comme j'ai eu à me relever (après avoir détruit énormément de choses), je veux essayer. Non pas que je sois prétentieuse, mais je pense que chaque personne souffrant de TCA peut aider des personnes n'en souffrant pas encore et que, ce faisant, on peut s'aider soi-même (souvent, on dit aux gens ce qu'on aimerait qu'on nous dise à nous : si on entendait notre propre message, ça nous servirait sûrement de déclic).
C'est parce que j'ai eu des gens pour me soutenir sincèrement et inconditionnellement que j'ai eu la force de faire la démarche de la meilleure façon pour moi jusqu'au bout. Maintenant c'est mon tour...
Bonne soirée
J'ai 23 ans et j'ai souffert de TCA pendant des années jusqu'à ma dernière crise-déclic : la première où je me suis faite vomir.
J'ai réussi à m'en sortir seule perdant, au passage, pas mal de poids (30 kilos en un an et demi) mais je reste obèse.
Du schéma obèse-donc moche-donc non désirable-donc malheureuse j'ai réussi à me sortir également. Je prends maintenant soin de moi et, ce faisant, je bichonne mon moral qui me le rend bien
J'ai lu des messages, sur ce forum comme sur d'autres, qui faisaient état d'une différence entre la vision que l'on a de soi dans sa tête et celle que l'on a dans le miroir, sur les photos, etc. Avant, j'étais comme ça. Je me voyais énorme sur les photos, sans aucun attrait, et je me trouvais "pas si anormale" dans ma tête. Il faut dire qu'on m'a bien aidé à penser de cette façon-là : quand je n'avais que quelques petits kilos de trop (allez, cinq grand maximum), à l'adolescence, ma mère me répétait déjà sans cesse et même en public que j'étais trop grosse.
J'ai fini par y croire et par me rendre malade. Je comblais un vide dans ma tête et dans mon coeur (abandonnée par mon père, fille d'une femme qui me rejetait en public...) en me jetant sur la nourriture jusqu'à , au bout d'un certain nombre d'années, ne plus me rendre compte de ce que je faisais.
Il m'est arrivé, un jour, de me réveiller en pleine nuit assise sur la table de salon un pain au chocolat dans la bouche sans savoir ce que je faisais là ni pourquoi je m'étais levée.
Pendant des années j'ai réussi à ne pas me faire vomir. Pour moi, le reste de raison qui pouvait se cacher quelque part dans ma tête se situait à la limite entre m'empiffrer mais "garder le contrôle" ou perdre le contrôle en me forçant à vomir.
Ma crise-déclic, je l'ai faite à côté de mes pompes. Enfin, plutôt comme à côté de mon corps : je m'empiffrais sans pouvoir dire à mon corps d'arrêter et j'ai fini par me faire vomir sans rien contrôler. J'essayais de toutes mes forces, je pleurais intérieurement, mais rien ne sortait, rien n'aboutissait. Ça peut paraît bizarre, je ne sais pas. En tout cas voir une de mes crises, comprendre que j'avais l'impression de contrôler mais que je ne contrôlais plus rien m'a servi de déclic.
En tout cas, ça m'a coûté tous les efforts que ça m'a coûté et ça m'a pris le temps que ça m'a pris, mais je m'en suis sortie seule. Sans l'aide d'un professionnel. C'était important pour moi. Encore une histoire de contrôle, sûrement.
J'ai également, au prix d'un douloureux travail sur moi, appris à me voir avec mes qualités et non avec mes défauts même en me regardant dans mon miroir. Je suis dans mon miroir ce que je suis dans ma tête : non pas une "grosse" mais une femme pleine de qualités, qui réussit ce qu'elle entreprend à force de volonté, une femme franche attachée à ses principes, qui respire la bonne humeur. Et ça se sent. Obèse et charmante, c'est possible. N'en déplaise à certain(e)s.
Alors je me dis que si je peux aider quelqu'un, si je peux aider des jeunes filles "rondes" à ne pas se laisser bouffer par une "norme" établie par je ne sais qui je ne sais quand avant qu'elles ne sombrent comme j'ai sombré et n'aient à se relever comme j'ai eu à me relever (après avoir détruit énormément de choses), je veux essayer. Non pas que je sois prétentieuse, mais je pense que chaque personne souffrant de TCA peut aider des personnes n'en souffrant pas encore et que, ce faisant, on peut s'aider soi-même (souvent, on dit aux gens ce qu'on aimerait qu'on nous dise à nous : si on entendait notre propre message, ça nous servirait sûrement de déclic).
C'est parce que j'ai eu des gens pour me soutenir sincèrement et inconditionnellement que j'ai eu la force de faire la démarche de la meilleure façon pour moi jusqu'au bout. Maintenant c'est mon tour...
Bonne soirée
Soyons dans l'énorme...
