Je n'ai jamais ressenti ceci mais je peux comprendre que ça te soit très difficile.
Au fil des sujets que tu postes et de tes répliques à divers sujets, j'en viens à me faire une image de toi qui est sans doute erronée car le web ne permet pas de comprendre qui sont les gens. Ce serait stupide de se dire qu'on peut le faire.
Mais dans ce que je lis de toi, une idée récurrente me revient. Tu es encore jeune, tu n'as que dix-neuf ans et à ton âge, c'est vrai que j'avais du mal à assumer mes 90 kilos. Je me sentais moche, grosse, indésirable, rejetée, je n'arrivais pas à me mettre en valeur tout en ayant cette envie de vivre une vie agréable, somme toute comme tout le monde.
Ca a été dur pour moi d'arriver à m'accepter en tant que femme et je dois avouer qu'aujourd'hui, j'y arrive sans trop d'embrouilles et je suis assez fière de moi.
Je ne peux que comprendre ton état de dégout profond par rapport à ton corps car à ton âge, même si je n'allais pas jusqu'à me faire vomir ou avoir des hauts le coeur, j'étais toutefois assez consciente du fait d'être différente et je m'interrogeais beaucoup sur ce qu'un homme pourrait penser de mon corps.
Après réflexion et évolution, je me rends compte que ce que je n'aimais pas n'était finalement pas mon corps mais moi-même, tout ce que je représentais : mon nom, mon prénom, mon visage, mes cheveux, mes poils, ma graisse, ce que je faisais comme études, mes loisirs, mes amis, mes petits-amis, mon comportement, mes proches, tout. La vie en général, en fait. Je la trouvais moche et injuste.
En fait, je détestais ma vie. J'étais vraiment mal dans mes baskets et je ne m'assumais pas non pas en tant que femme ronde mais en tant que personne, simplement.
Je me suis conformée durant mes premières années de vie (jusqu'à 21 ans) à l'image qu'on voulait me donner. Ma mère voulait que je mange plus, je mangeais plus. Ma mère me voulait au régime, je faisais un régime. Mes "copains" d'école me disaient que j'étais moche : je me rendais encore plus moche. Ils avaient raison, tous et à MA place.
Finalement, JE me trouvais affreuse, minable, stupide, idiote et misérable.
Je ne me suis conformée qu'à ce qu'ils voulaient et je n'arrêtais pas de me descendre.
Ce n'est que le jour où j'ai été atteinte d'un choc émotionnel important que je me suis lancée un défi. Celui en l'occurrence de ne pas faire quelque chose dans ma vie (une chose très importante) avant de pouvoir être fière de moi.
J'ai repris des études sérieusement et j'ai obtenu un diplôme, j'ai essayé de me trouver un petit-ami correct et j'ai fini par me marier (ça n'a pas été si simple, imagine bien que je suis passée par tout et n'importe quoi), j'ai décidé de me forger des relations amicales solides et c'est ce que j'ai fait, j'ai décidé de me plaire et de m'accepter et j'y suis arrivée.
Dès lors, même si mon expérience et ma personnalité, mes valeurs et mon éducation et ne te sont pas transposables, au fil des discussions et de la lecture de tes points de vue sur les choses, je finis par me demander si tu n'es pas dans le même état que celui dans lequel j'étais il y a quelques années.
Si tu te déplais et si ta vie te déplait à ce point, si tu ne trouves plus aucune satisfaction dans ta vie voire si tu n'en as jamais trouvé, je ne peux que compatir car j'ai été comme toi.
Mais je peux t'assurer que même si en sortir est difficile, ça peut se faire. On peut arriver à une qualité de vie fantastique tout en étant mal parti dans la vie.
Enfin, c'est ce que je ressens à la lecture. Peut-être que je me trompe.
Personnellement, ce que je vois de toi en tant que simples phrases, c'est une personne qui a oublié de s'aimer à un moment de sa vie.
Ca n'engage que moi et surtout je ne veux ni te blesser ni te heurter.
En tout cas, je ne te dis pas ça par méchanceté aucune, sois-en sure.