Une super histoire avec DaylightDies (ouaiiiiis !!!!!) Carmine (ouaiiiiiis !!!!!) et Moutonoir (ouaaiiiis!!!!!) ! (enfin pour le moment)
Nos trois heroines aux prises avec le crime !
Cette histoire se déroule du temps ou j’étais bien jeune … C’était en septembre 1963. Grâce au camarade Mao, notre beau pays était riche et prospère, tout le monde avait du riz et du jiang you pour l’arroser copieusement, et ainsi oublier le manque de viande. C’était une belle période, nous n’avions pas d’analphabétisme, car nous avions un concentré de connaissances dans le petit livre rouge, ni vagabonds (ils disparaissaient mystérieusement), ni révoltes populaires (il n’y avait nulle raison de se révolter d’ailleurs) …
J’étais alors une jeune recrue du commissariat principal de Nanchang, dans la province du Jiangxi. Notre province est certainement la plus belle de toutes, bien que je n’aie jamais pu le vérifier, nos camarades leaders, dans leur grande sagesse, ayant interdit les déplacements de populations.
Voyager était toute une histoire, il fallait passer au bureau avec son certificat d’enregistrement de domicile, donner les raisons de son voyage, la durée escomptée, l’endroit ou nous comptions loger, chez qui… ensuite le bureau faisait vérifier le casier politique de l’herbergeur, tout ça pour finalement refuser, car il ne faut pas encourager les migrations. Grande était la sagesse des camarades dirigeants !
Mais j’ai oublié de me présenter ! Mon nom est Yang Hei que l’on pourrait traduire par « mouton noir ». Mes parents m’ont ainsi nommée pour que je n’oublie pas de rester humble en servant l’unité nationale, car ma vie sans la patrie ne valait pas plus que celle du mouton ; mais en même temps la viande du mouton ne nourrit-elle pas une famille toute entière ? Etre humble et fière, voilà le message qu’ils voulaient m’inculquer dès la naissance.
Mais peut être aussi que quand mon auguste père a vu mes cheveux tout bouclés et ma peau foncée pour la première fois, il a soupçonné que mon véritable géniteur était le pasteur de la mission Gospel en visite diplomatique en Chine ? Enfin, il eut une entrevue avec mère, et celle ci disparut mystérieusement peu de temps après… Il faut dire qu’à l’époque on ne divorçait pas…
J’ai donc grandi dans l’amour du pays et de ses leaders, de la vérité et de la justice. Et c’est tout naturellement que je demandais à rejoindre les unités de police.
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Dans mon unité de travail, il y’avait aussi TianGuangDies, car elle naquit alors que les derniers rayons du soleil mourraient sur l’horizon. Son père, se piquant de connaître l’anglais, voulut la nommer DaylightDies, mais c’était sans compter le bureau de planification familiale qui décida qu’avec un tel nom elle aurait du mal à s’adapter, et que de toute façon un nom étranger n’étant ni souhaitable ni règlementaire, et lui intima l’ordre de siniser immédiatement le nom du bébé.
Curieuse enfant que DaylightDies ! Elle caressait l’espoir d’être une intellectuelle et de rentrer à l’universite de TsingHua de Pékin. C'est vrai qu'elle avait lu des ouvrages introuvables a la FNAC (Foire Nationale des Arts Communistes). Mais le bureau de l’éducation, qui sait toujours mieux ce qui est bon pour nous, décida d’en faire une policière, et c’est ainsi qu’elle se retrouva à la troisième division du commissariat de Nanchang.
Le tissus de ses manches suffit à peine à sêcher ses larmes, mais elle se soumit de bonne grâce aux sages décisions de l’administrations
Elle conserva cependant des livres interdits dans sa bibliothèque, notament des ouvrages pornographiques étrangers tels que Madame Beuverie de Flaubert ou encore l’Amant de la Camarade Chatterley. Nous étions scandalisées par la teneur de ces pages ; pour être sûres de ne jamais tomber dans l’erreur et la décadence de l’occident, nous relisions inlassablement ces passages honteux qui nous laissaient l’interieur des cuisses aussi humides que les rives du YangTse.
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Le meilleur, c’était quand nous étions rejointes par la camarade HongQi. Quant à elle, ses parents voulaient l’appeler Carmine, mais le Bureau est encore une fois intervenu dans son inénarrable sagesse en soulignant qu’une couleur en guise de prénom n’était pas très règlementaire, et ont fortement suggéré d’y rajouter autre chose. C’est ainsi que le bébé camarade Carmine est devenue le bébé camarade Drapeau Rouge National.
Jamais on ne vit policière aussi zélée. Elle tenait à vérifier en personne toute délation, première sur place aux perquisitions, aucun trafiquant d’alcool et de bons de rationnement ne pouvait lui échapper ! Ensuite, elle se faisait un devoir de faire disparaître personnellement quantités et quantités de litres de spiritueux saisis
Une fois, et une fois seulement, la lutte nous parut presque perdue : nous venions d’arréter des marins russes cherchant à cacher toute une cargaison de vodka.
Carmine, n’écoutant que sons sens du devoir, se mit a ouvrir les bouteilles et en engloutir le contenu, pour protéger les enfants de la patrie ! Nous ne pouvions laisser notre amie se sacrifier, aussi nous nous mîmes nous aussi à boire, et à boire sans fin. La fin –de la cargaison- était proche, et l’alcool nous faisait tenir des propos incohérents. Ainsi, nous avons critiqué une nuit entière l’incohérence du régime, le nationalisme sauvage, le communisme féroce, le culte du Parti, le sacrifice de notre induvidualité… Heureusement, au petit matin, le cauchemar prit fin et nous nous aperçumes que nous vivions toujours en Chine, et non en union soviétique !
Nos trois heroines aux prises avec le crime !
Cette histoire se déroule du temps ou j’étais bien jeune … C’était en septembre 1963. Grâce au camarade Mao, notre beau pays était riche et prospère, tout le monde avait du riz et du jiang you pour l’arroser copieusement, et ainsi oublier le manque de viande. C’était une belle période, nous n’avions pas d’analphabétisme, car nous avions un concentré de connaissances dans le petit livre rouge, ni vagabonds (ils disparaissaient mystérieusement), ni révoltes populaires (il n’y avait nulle raison de se révolter d’ailleurs) …
J’étais alors une jeune recrue du commissariat principal de Nanchang, dans la province du Jiangxi. Notre province est certainement la plus belle de toutes, bien que je n’aie jamais pu le vérifier, nos camarades leaders, dans leur grande sagesse, ayant interdit les déplacements de populations.
Voyager était toute une histoire, il fallait passer au bureau avec son certificat d’enregistrement de domicile, donner les raisons de son voyage, la durée escomptée, l’endroit ou nous comptions loger, chez qui… ensuite le bureau faisait vérifier le casier politique de l’herbergeur, tout ça pour finalement refuser, car il ne faut pas encourager les migrations. Grande était la sagesse des camarades dirigeants !
Mais j’ai oublié de me présenter ! Mon nom est Yang Hei que l’on pourrait traduire par « mouton noir ». Mes parents m’ont ainsi nommée pour que je n’oublie pas de rester humble en servant l’unité nationale, car ma vie sans la patrie ne valait pas plus que celle du mouton ; mais en même temps la viande du mouton ne nourrit-elle pas une famille toute entière ? Etre humble et fière, voilà le message qu’ils voulaient m’inculquer dès la naissance.
Mais peut être aussi que quand mon auguste père a vu mes cheveux tout bouclés et ma peau foncée pour la première fois, il a soupçonné que mon véritable géniteur était le pasteur de la mission Gospel en visite diplomatique en Chine ? Enfin, il eut une entrevue avec mère, et celle ci disparut mystérieusement peu de temps après… Il faut dire qu’à l’époque on ne divorçait pas…
J’ai donc grandi dans l’amour du pays et de ses leaders, de la vérité et de la justice. Et c’est tout naturellement que je demandais à rejoindre les unités de police.
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Dans mon unité de travail, il y’avait aussi TianGuangDies, car elle naquit alors que les derniers rayons du soleil mourraient sur l’horizon. Son père, se piquant de connaître l’anglais, voulut la nommer DaylightDies, mais c’était sans compter le bureau de planification familiale qui décida qu’avec un tel nom elle aurait du mal à s’adapter, et que de toute façon un nom étranger n’étant ni souhaitable ni règlementaire, et lui intima l’ordre de siniser immédiatement le nom du bébé.
Curieuse enfant que DaylightDies ! Elle caressait l’espoir d’être une intellectuelle et de rentrer à l’universite de TsingHua de Pékin. C'est vrai qu'elle avait lu des ouvrages introuvables a la FNAC (Foire Nationale des Arts Communistes). Mais le bureau de l’éducation, qui sait toujours mieux ce qui est bon pour nous, décida d’en faire une policière, et c’est ainsi qu’elle se retrouva à la troisième division du commissariat de Nanchang.
Le tissus de ses manches suffit à peine à sêcher ses larmes, mais elle se soumit de bonne grâce aux sages décisions de l’administrations
Elle conserva cependant des livres interdits dans sa bibliothèque, notament des ouvrages pornographiques étrangers tels que Madame Beuverie de Flaubert ou encore l’Amant de la Camarade Chatterley. Nous étions scandalisées par la teneur de ces pages ; pour être sûres de ne jamais tomber dans l’erreur et la décadence de l’occident, nous relisions inlassablement ces passages honteux qui nous laissaient l’interieur des cuisses aussi humides que les rives du YangTse.
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Le meilleur, c’était quand nous étions rejointes par la camarade HongQi. Quant à elle, ses parents voulaient l’appeler Carmine, mais le Bureau est encore une fois intervenu dans son inénarrable sagesse en soulignant qu’une couleur en guise de prénom n’était pas très règlementaire, et ont fortement suggéré d’y rajouter autre chose. C’est ainsi que le bébé camarade Carmine est devenue le bébé camarade Drapeau Rouge National.
Jamais on ne vit policière aussi zélée. Elle tenait à vérifier en personne toute délation, première sur place aux perquisitions, aucun trafiquant d’alcool et de bons de rationnement ne pouvait lui échapper ! Ensuite, elle se faisait un devoir de faire disparaître personnellement quantités et quantités de litres de spiritueux saisis
Une fois, et une fois seulement, la lutte nous parut presque perdue : nous venions d’arréter des marins russes cherchant à cacher toute une cargaison de vodka.
Carmine, n’écoutant que sons sens du devoir, se mit a ouvrir les bouteilles et en engloutir le contenu, pour protéger les enfants de la patrie ! Nous ne pouvions laisser notre amie se sacrifier, aussi nous nous mîmes nous aussi à boire, et à boire sans fin. La fin –de la cargaison- était proche, et l’alcool nous faisait tenir des propos incohérents. Ainsi, nous avons critiqué une nuit entière l’incohérence du régime, le nationalisme sauvage, le communisme féroce, le culte du Parti, le sacrifice de notre induvidualité… Heureusement, au petit matin, le cauchemar prit fin et nous nous aperçumes que nous vivions toujours en Chine, et non en union soviétique !
Avant de commencer l'histoire, je parlerai de mes yeux. Mes yeux sont bleus et resplendissants. A present, je commence l'histoire.
Jonathan Safran Foer
Jonathan Safran Foer
