J'ai préféré utiliser un nouveau pseudonyme pour vous parler, car je ne suis pas capable d'assumer véritablement ce que j'ai pourtant besoin de dire.
Il y a 8 ans, j'avais 17 ans, j'étais amoureuse, enfin comme on peut l'être quand on a 17 ans, je rêvais éveillée. Il en avait 23, beau comme un ange, charmant, c'est avec lui que je fis pour la première fois l'amour. Un jour il a subitement arrêté de me donner des nouvelles, je l'ai alors harcelé d'appels et messages, jusqu'à ce que finalement il daigne me rappeler pour me dire qu'il ne savait plus trop ou il en était, qu'il voulait cependant me voir une dernière fois pour qu'on en parle. Je suis allée le voir, en pleine nuit, j'étais à sa porte vers une heure du matin, ses parents étaient en déplacement, il m'a fait aller dans sa chambre. Là il a voulu m'embrasser, j'ai refusé, j'étais en colère qu'il m'ai laissé sans nouvelles et me fasse ainsi venir aussi tard, il était le "premier", le savait, je n'voulais pas être traitée ainsi, même si ça ne faisait que 3 mois que nous étions ensemble.
Il a commencé à me caresser, je le repoussais en disant que je n'avais pas envie, il m'a giflée, je suis restée paralysée. Ce n'était pas possible, pas lui... Il m'a ordonné de me deshabiller, ce n'était plus lui, j'avais peur, j'étais seule, il m'avait fait mal...il m'a finalement deshabillée, violemment, puis il m'a prise de force, violemment, me faisant mal. J'ai essayé de le repousser, mais c'est comme si je n'avais alors plus aucune force dans mes bras, dans mon corps.
Je lui disait d'arrêter...mais je n'arrivais pas vraiment à le repousser.
J'ai aujourd'hui l'impression de m'être laissée violée, je m'en déteste...j'aurais pu le repousser, essayer plus fortement, je ne comprends pas pourquoi je n'en ai pas eu la force.
Le pire...je suis restée ensuite, pétrifiée, sur le lit. J'ai honte de le dire, je me suis endormie, à côté de lui. Merde, est-ce normal? J'avais peur, j'avais dit non, il m'avait fait mal, mais je me suis endormie, n'ai pas réussi à vraiment me débattre...Pourquoi ai-je été si...faible?
À mon réveil je suis descendue, il était dans le salon, s'est tenu éloigné de moi, à l'autre bout de la pièce. Il m'a demandé si j'allais faire un scandale ou casser quelque chose, je me souviens avoir trouvé stupide, immature, qu'il me demande cela ainsi, comme un enfant se rendant compte qu'il a peut-être fait une connerie...Je suis restée là , hébétée...je lui ai dit que non, en baissant les yeux.
Il m'a alors dit quelque chose qui allait je crois me marquer pour toute la vie...qu'il était "désolé" mais avait eu besoin de faire cela afin de savoir si il m'aimait encore. J'ai levé les yeux sur lui, pleins de larmes. Il a alors continué, le plus naturellement du monde, me disant qu'il était désormais certain de ne plus être aoureux de moi, mais que par contre il désirait toujours mon corps, donc que si j'étais d'accord on pouvait rester amants...
Je n'ai pas répondu, je suis sortie.
Ce jour là , j'ai eu une réaction bizarre, j'ai comme enfoui ce qui venait de se passer, décidé de le néantiser. Pendant toute la journée, j'ai fait du stop, au hasard, me faisant prendre en voiture par des inconnus, m'inventant des histoires, jusqu'à rentrer le soir chez moi.
Je suis devenue une autre.
Je ne sais pas si je suis depuis jamais redevenue moi-même...
J'étais déjà un peu ronde, un peu plus d'1m75, pour 90kg je dirais... 5 ans plus tards j'en faisais plus de 150, je crois qu'inconsciemment j'avais déformé ce corps au possible pour que plus jamais personne ne le désire, que plus personne ne me fasse ça, que l'on m'aime sans me désirer...Si le premier homme de ma vie avait été capable de cela, je ne laisserais plus aucun autre me faire autant de mal, ni en avoir "envie"...
Paradoxalement, parallèllement au fait de grossir, j'ai multiplié les aventures d'un soir ou d'une semaine. À la fois je déformais ce corps pour ne plus être désirée, mais en même temps je faisais tout pour provoquer, pour attirer, usant de grands décolletés, sortant énormément, ne recherchant surtout aucun lendemain ni aucune attache...Mais sans être une "fille facile" pour autant, il me fallait mettre toujours la barre assez haute à mes yeux, que les hommes soient mignons, qu'ils plaisent surtout à d'autres filles, qu'ils aient du succès...J'ai été une vraie garce...Une garce monstrueusement énorme. Je me suis tuée physiquement, mais aussi dans le regard et l'estime que je pouvais avoir de moi-même.
En dehors de tout cela ma vie, mes études, etc...se sont déroulées normalement. Mais ma relation aux hommes est toujours resté dans ce schémas anormal du "il ne faut pas que tu désires ce corps"-"il faut que tu me désires", je me dissociais...je ne sais pas comment l'expliquer.
J'ai aussi beaucoup bu, souvent trop, beaucoup fumé, de tout, usé occasionnellementt de certaines drogues...
Pourtant quand on me voit je suis souriante, j'ai l'air d'assumer mon corps, je suis ouverte, je croque la vie...Mais je hurle intérieurement, c'est comme si j'avais envie d'attraper mon corps à pleines mains et de le déchiqueter, je le hais...je le hais car le 1er à qui je l'ai donné fut aussi celui qui l'a forcé, qui l'a sali...
Et tout ce que j'ai fait pas la suite, tous ces hommes...et tous ceux à qui j'ai pu aussi faire du mal, car on fait forcément du mal à certaines personnes en se comportant ainsi...j'y pense, chaque miroir me le rappelle...
Je n'ai jamais réussi à en parler à quiconque, pourtant j'ai essayé...je vous assure...J'ai tout devant moi, tant de choses à saisir dans la vie, mais ça me ronge, m'empêche d'accepter ce corps que je martyrise, que je garde déformé, que je remplis, que je ne veux pas voir désiré... Quand un homme s'attache à moi, un peu trop, je le fais fuir, ou le quitte, car je n'accepte pas, je n'y crois pas. Même le dernier, que j'aimais, que j'ai honteusement trompé pourtant car je devais me salir, je devais assouvir les envies de mon corps...je l'ai trompé alors que je l'aimais, mais je n'en pouvais plus de son amour, et de son regard sur moi-même, je ne pouvais accepter qu'il m'accepte, physiquement...Je ne le lui ai pas dit, je ne peux pas, j'ai essayé...
Je ne sais plus ou j'en suis, ai l'impression que je me gâche, que j'éloigne ceux qui pourraient m'aider, ai fait du mal à tant de personnes, ai donné une si fausse image de moi...quoique non, c'est moi...mais je ne sais l'accepter...
Je suis hantée depuis 8 ans par tout cela, je le porte en moi, et c'est lourd, trop lourd, j'ai peur de craquer et je ne sais plus comment faire, je ne sais plus que faire. J'ai peur de ne jamais parvenir à être moi, à me réconcilier avec celle que je suis, ou que j'étais avant.
Il y a 8 ans, j'avais 17 ans, j'étais amoureuse, enfin comme on peut l'être quand on a 17 ans, je rêvais éveillée. Il en avait 23, beau comme un ange, charmant, c'est avec lui que je fis pour la première fois l'amour. Un jour il a subitement arrêté de me donner des nouvelles, je l'ai alors harcelé d'appels et messages, jusqu'à ce que finalement il daigne me rappeler pour me dire qu'il ne savait plus trop ou il en était, qu'il voulait cependant me voir une dernière fois pour qu'on en parle. Je suis allée le voir, en pleine nuit, j'étais à sa porte vers une heure du matin, ses parents étaient en déplacement, il m'a fait aller dans sa chambre. Là il a voulu m'embrasser, j'ai refusé, j'étais en colère qu'il m'ai laissé sans nouvelles et me fasse ainsi venir aussi tard, il était le "premier", le savait, je n'voulais pas être traitée ainsi, même si ça ne faisait que 3 mois que nous étions ensemble.
Il a commencé à me caresser, je le repoussais en disant que je n'avais pas envie, il m'a giflée, je suis restée paralysée. Ce n'était pas possible, pas lui... Il m'a ordonné de me deshabiller, ce n'était plus lui, j'avais peur, j'étais seule, il m'avait fait mal...il m'a finalement deshabillée, violemment, puis il m'a prise de force, violemment, me faisant mal. J'ai essayé de le repousser, mais c'est comme si je n'avais alors plus aucune force dans mes bras, dans mon corps.
Je lui disait d'arrêter...mais je n'arrivais pas vraiment à le repousser.
J'ai aujourd'hui l'impression de m'être laissée violée, je m'en déteste...j'aurais pu le repousser, essayer plus fortement, je ne comprends pas pourquoi je n'en ai pas eu la force.
Le pire...je suis restée ensuite, pétrifiée, sur le lit. J'ai honte de le dire, je me suis endormie, à côté de lui. Merde, est-ce normal? J'avais peur, j'avais dit non, il m'avait fait mal, mais je me suis endormie, n'ai pas réussi à vraiment me débattre...Pourquoi ai-je été si...faible?
À mon réveil je suis descendue, il était dans le salon, s'est tenu éloigné de moi, à l'autre bout de la pièce. Il m'a demandé si j'allais faire un scandale ou casser quelque chose, je me souviens avoir trouvé stupide, immature, qu'il me demande cela ainsi, comme un enfant se rendant compte qu'il a peut-être fait une connerie...Je suis restée là , hébétée...je lui ai dit que non, en baissant les yeux.
Il m'a alors dit quelque chose qui allait je crois me marquer pour toute la vie...qu'il était "désolé" mais avait eu besoin de faire cela afin de savoir si il m'aimait encore. J'ai levé les yeux sur lui, pleins de larmes. Il a alors continué, le plus naturellement du monde, me disant qu'il était désormais certain de ne plus être aoureux de moi, mais que par contre il désirait toujours mon corps, donc que si j'étais d'accord on pouvait rester amants...
Je n'ai pas répondu, je suis sortie.
Ce jour là , j'ai eu une réaction bizarre, j'ai comme enfoui ce qui venait de se passer, décidé de le néantiser. Pendant toute la journée, j'ai fait du stop, au hasard, me faisant prendre en voiture par des inconnus, m'inventant des histoires, jusqu'à rentrer le soir chez moi.
Je suis devenue une autre.
Je ne sais pas si je suis depuis jamais redevenue moi-même...
J'étais déjà un peu ronde, un peu plus d'1m75, pour 90kg je dirais... 5 ans plus tards j'en faisais plus de 150, je crois qu'inconsciemment j'avais déformé ce corps au possible pour que plus jamais personne ne le désire, que plus personne ne me fasse ça, que l'on m'aime sans me désirer...Si le premier homme de ma vie avait été capable de cela, je ne laisserais plus aucun autre me faire autant de mal, ni en avoir "envie"...
Paradoxalement, parallèllement au fait de grossir, j'ai multiplié les aventures d'un soir ou d'une semaine. À la fois je déformais ce corps pour ne plus être désirée, mais en même temps je faisais tout pour provoquer, pour attirer, usant de grands décolletés, sortant énormément, ne recherchant surtout aucun lendemain ni aucune attache...Mais sans être une "fille facile" pour autant, il me fallait mettre toujours la barre assez haute à mes yeux, que les hommes soient mignons, qu'ils plaisent surtout à d'autres filles, qu'ils aient du succès...J'ai été une vraie garce...Une garce monstrueusement énorme. Je me suis tuée physiquement, mais aussi dans le regard et l'estime que je pouvais avoir de moi-même.
En dehors de tout cela ma vie, mes études, etc...se sont déroulées normalement. Mais ma relation aux hommes est toujours resté dans ce schémas anormal du "il ne faut pas que tu désires ce corps"-"il faut que tu me désires", je me dissociais...je ne sais pas comment l'expliquer.
J'ai aussi beaucoup bu, souvent trop, beaucoup fumé, de tout, usé occasionnellementt de certaines drogues...
Pourtant quand on me voit je suis souriante, j'ai l'air d'assumer mon corps, je suis ouverte, je croque la vie...Mais je hurle intérieurement, c'est comme si j'avais envie d'attraper mon corps à pleines mains et de le déchiqueter, je le hais...je le hais car le 1er à qui je l'ai donné fut aussi celui qui l'a forcé, qui l'a sali...
Et tout ce que j'ai fait pas la suite, tous ces hommes...et tous ceux à qui j'ai pu aussi faire du mal, car on fait forcément du mal à certaines personnes en se comportant ainsi...j'y pense, chaque miroir me le rappelle...
Je n'ai jamais réussi à en parler à quiconque, pourtant j'ai essayé...je vous assure...J'ai tout devant moi, tant de choses à saisir dans la vie, mais ça me ronge, m'empêche d'accepter ce corps que je martyrise, que je garde déformé, que je remplis, que je ne veux pas voir désiré... Quand un homme s'attache à moi, un peu trop, je le fais fuir, ou le quitte, car je n'accepte pas, je n'y crois pas. Même le dernier, que j'aimais, que j'ai honteusement trompé pourtant car je devais me salir, je devais assouvir les envies de mon corps...je l'ai trompé alors que je l'aimais, mais je n'en pouvais plus de son amour, et de son regard sur moi-même, je ne pouvais accepter qu'il m'accepte, physiquement...Je ne le lui ai pas dit, je ne peux pas, j'ai essayé...
Je ne sais plus ou j'en suis, ai l'impression que je me gâche, que j'éloigne ceux qui pourraient m'aider, ai fait du mal à tant de personnes, ai donné une si fausse image de moi...quoique non, c'est moi...mais je ne sais l'accepter...
Je suis hantée depuis 8 ans par tout cela, je le porte en moi, et c'est lourd, trop lourd, j'ai peur de craquer et je ne sais plus comment faire, je ne sais plus que faire. J'ai peur de ne jamais parvenir à être moi, à me réconcilier avec celle que je suis, ou que j'étais avant.
