Wookie a écrit :Un obèse réduit de 20 à 30 ans son espérance de vie s'il reste obèse.
Source de ces statistiques ?
Wookie a écrit :J'ai longtemps réfléchi et pesé le pour et le contre, lutté contre mes craintes pour finalement décider de franchir le pas parce que quoi qu'on en dise, les médecins et les spécialistes sont tout de même les mieux placés pour nous conseiller en matière de santé, de risques potentiels etc
Oui bien sûr... Rappelle-moi qui prescrivait des cocktails d'hormones thyroïdiennes qui ont encore fait des morts récemment alors que c'était interdit ?
Qui a prescrit l'Isoméride ?
Qui continue à prescrire des régimes en sachant pertinemment que ça ne marche pas et qu'au contraire ça détraque encore plus l'organisme ?
Qui continue à rendre l'obésité responsable de tous les maux ?
Qui la stigmatise au point d'en faire un phénomène de société ?
Qui s'en met plein les poches en misant sur la détresse des personnes en surpoids ? (ce ne sont pas tous les médecins naturellement, mais il y en a).
Qui conseille la chiurgie à la place des régimes qu'ils ont conseillé pendant des années ?
Oui ils sont là pour nous conseiller en matière de santé et de risques, mais encore faudrait-il qu'ils soient objectifs en parlant des risques encourus par les obèses. Et actuellement tout le monde est dans le même panier, qu'on ait 10 kg ou 50 kg de trop.
Conseiller oui, imposer non. Et beaucoup de médecins maintenant veulent imposer des interventions à des personnes qui, en dehors de leur surpoids, n'ont pas forcément de facteurs de comorbidité et sont en bonne santé. Qu'est ce qui leur permet d'affirmer à coup sûr que la personne aura des problèmes graves plus tard ? Pourquoi leur proposer une intervention qui va bouleverser leur vie si tout va bien ? Y a-t-il réellement urgence à agir ?
Wookie a écrit : Mais la réalité est qu'aujourd'hui ce mal terrible qu'est l'obésité peut trouver une réponse favorable au moyen de la chirurgie.
La chirurgie est une réponse parmi d'autres. Elle n'est pas LA réponse, surtout si elle ne se justifie pas par la présence de facteurs de comorbidité.
Wookie a écrit :Je pense que autant il ne faut pas surtout pas prendre à la légère ces techniques et les banaliser en croyant que ce sera facile, autant les dénigrer par pure crainte est dommageable...
Entièrement d'accord sur le fait qu'il ne faut pas prendre ces techniques à la légère, ni les banaliser.
En revanche, je crois que peu de personnes les dénigrent par pure crainte. Comme dans toute intervention, il faut peser le pour et le contre. Une personne en surpoids mais par ailleurs en bonne santé doit-elle obligatoirement maigrir si elle ne le souhaite pas ? Doit-elle accepter de modifier considérablement sa vie si elle ne se sent pas prête à le faire ?
Il ne s'agit pas de crainte, mais des limites que chacun se pose dans sa vie. Je pourrais être candidate à la chirurgie (anneau) et je pourrais même subir un by pass si je voulais, mon passé dans le milieu médical fait que je pourrais facilement me faire opérer même sans tout le protocole et sans répondre aux critères. Et j'ai les moyens financiers pour le faire.
Mais je ne le ferai pas. Pas par crainte, je suis passée par bien pire. Mais parce que je vais bien. Je n'ai pas de diabète, pas d'hypertension, pas mal aux articulations, je bouge normalement, je vis normalement. Pourquoi je devrais me faire opérer ? Parce qu'un médecin dit que ça sera mieux pour moi dans 10 ans ? Et pendant ces 10 ans je vivrai comment ?
Donc pour résumer et pour répondre à Glyss sur le fait qu'il est tentant de répondre oui quand on vous propose ni plus ni moins de perdre 50 kg en un an, voilà ce que je dis :
- Je n'ai pas envie de changer ma vie pour le moment, elle me convient. -- J'estime que le rapport avantages / inconvénients est pour l'instant favorable au fait que je reste comme je suis. Si mon état de santé se modifie, j'aviserai.
Pour le moment :
- Je ne veux pas me faire charcuter
- Je ne veux pas renoncer à ma façon de m'alimenter
- Je ne veux pas changer un mode de vie qui me convient (je veux continuer à aller au resto et manger comme les autres par exemple)
- Je ne veux pas prendre des compléments alimentaires à vie
- Je ne veux pas changer, je ne veux pas des inconvénients liés à l'intervention comme le fait de changer mon visage, de perdre mes seins et de voir ma peau se relâcher.
Et je comprends que Glyss soit comme moi, même si effectivement elle présente plus de risques que moi en raison de son IMC (et encore qu'est ce que j'en sais ?).
Je ne suis pas contre la chirurgie bariatrique. Mais je ne suis pas pour dans tous les cas. Et surtout, si la personne en surpoids va bien, je pense qu'il n'y a pas urgence à lui proposer une intervention. Si intervention il doit y avoir, le patient doit se sentir prêt à le faire. Que les médecins conseillent et parlent des risques éventuels, oui. Qu'ils imposent une intervention maintenant là tout de suite, sous prétexte que "de toutes façons ça ne pourra pas vous faire de mal de perdre du poids" NON !
Je suis pour une chirurgie bariatrique personnalisée, prenant en compte les problèmes réels du patient, axée sur le mieux-être physique et psychologique et dans laquelle les avantages seront supérieurs aux inconvénients.
Je suis contre la chirurgie bariatrique systématique qui se base sur des statistiques générales et le diktat de la minceur.
Peut-être qu'un jour Glyss décidera de se faire opérer parce qu'elle saura que pour elle les avantages de la chirurgie seront supérieurs aux inconvénients qu'elle devra subir. Mais pour le moment, elle ne semble pas prête et est en plus bien informée sur la chirurgie. C'est sa vie et c'est son choix.
Peut-être que dans son enfance ou plus tard, si on l'avait laissée faire ses choix, elle n'en serait pas là , car prendre du poids ce n'est jamais anodin et ça n'arrive pas par hasard... Quoiqu'elle décide, c'est à elle, et à elle seule de prendre une décision.
Pendant longtemps on a voulu réglementer la vie des personnes en surpoids, on voit le résultat... Alors pour la chirurgie, qu'on nous laisse décider !