Encore une nuit sans sommeil...
Encore une nuit face à mes démons...
Encore une crise d'hyperphagie, puis une autre certainement comme toujours un peu plus tard...

Toujours ce "vide" à remplir...
Et ce malaise grandissant...Je ne suis plus moi depuis tellement longtemps...

Je me hais tellement fort que je me détruis encore plus en mangeant...Je n'arrive plus à me relever...Je n'arrive plus à faire tellement de choses d'ailleurs...

Alors, oui, je suis en dépression depuis bientôt un an et cet "anniversaire" me "hante" parce que des progrès, il y en a mais la balance (que je ne consulte que lorsque mon gygy me met dessus... :roll: ) affiche plus de 100...Et pour mon mètre 58 ça fait lourd à porter, dans les deux sens du terme...

Ne plus pouvoir lacer ses chaussures sans faire des efforts dérisoires pour attraper sa jambe, en vain...

Ne plus pouvoir s'asseoir dans un siège de cinéma sans être comprimée...
Dans un siège de concert sans "déborder" sur ses deux voisins et crouler sous les crampes pendant deux jours à force d'avoir essayé de tenir dans le peu d'espace que j'avais...Sur le siège arrière d'une voiture avec deux autres personnes, obligée d'aller devant...

Etre incapable de monter plus de deux étages sans être à bout de souffle et devenir toute rouge...

Subir quotidiennement des regards, moqueries et auto-humiliations volontaires ou non...

Et cette petite voix dans la tête qui ne cesse de me rappeler que je dois perdre du poids pour ma santé, pour cette prochaine opération gynéco...Et mon corps qui réponds par des crises d'hyperphagie et une prise de poids continue...

Et les larmes qui remontent aux yeux si vite en repensant au traitement subi la dernière fois à l'hôpital aux urgences...A ces remarques horribles, honteuses, humiliantes...Et ce, tout au long de ces 11 jours de souffrance...

Le régime n'est pas la solution...Tous mes régimes précédents ont échoué (c'est le principe même du régime : l'échec et le recours à un autre régime...Saleté d'engrenage...)...

La RA commencée avec ma psy il y a plusieurs mois ne fonctionne pas non plus...Pas envie d'être charcutée pour me faire poser un truc dans le bide (je suis déjà bien assez charcutée pour d'autres raisons...)...

Alors, se raccrocher à quoi ?...

Encore une nuit à vous lire, vous admirer, pleurer avec vous, rire avec vous aussi...

Mais encore une nuit de souffrance, où je me persuade que je ne m'en sortirai jamais parce que je ne suis pas moi avec cette carapace...

Elle a bon dos d'ailleurs la carapace, elle est rassurante quelquefois, sert de prétexte à tout, grossit à volonté m'entraînant dans un autre engrenage : grossir pour ne plus souffir...
Mais c'est un leurre...Je grossis et je souffre de plus en plus, tout s'accentue et pourtant je continue à me faire du mal...

Merci de m'avoir lu...Je ne vois pas d'issue...Ce corps n'est pas le mien, je veux le retrouver...J'en ai besoin, je le sens au fond de moi...Je me manque...Tellement...

Que faire ?

PS : j'ai déjà essayé le maquillage, le sport et tout plein d'autres conseils...Rien à faire...Rien...
"Plus je connais les Hommes, plus j'aime mes chiens."
légèrement adapté de M. Desproges.
Ces demons ne font jamais de pause et même si au detour de quelques mois ils semblent disparu, c'est pour mieux réattaquer...

Ma solution (enfin faudrai qu'il y ai une parfaite réussite pour avoir droit à ce titre) c'est de s'aimer au mieux et de se pardonner. Facile à dire et même à faire dans l'instant. Mais au quotidien, voilà une tache bien plus ardu :s

Le plus dure à faire, est sans aucun doute le pardon. Pardon pour une crise (Quelle qu'elle soit) J'ai le droit à la faiblesse. Cela ne fait pas de moi quelqu'un de mauvais. Avoir de la compassion pour une personne tellement "encombrante" et aussi collante qu'à chaque regard elle est ce refflet du miroir, n'est pas chose aisé. Il faudrai presque mettre des post-it pourtout :/

Personnellement je rame (et avec une raquette de tenis de surcrois :x)
Enfin chaque jour qui passe ne nous rend t-il pas plus fort ?

En fait, je n'ai pas de reponse vrai pour toi...
Juste un conseil qui vaut ce qu'il vaut. Je crois que si tu réussi à t'aimer et a etre tolerante avec toi même. Et ce quel que soit le refflet. Tu aura fait d'après moi une grande parti du chemin.

Je te souhaite bon courage.

Amicalement Soslan.
Dans le doute... Continues.
Et il y a de ces nuits ou on dirait que tout est pire ... ou tout prend des proportions gigantesques.

Ou toutes nos faiblesses ... nos manquements ... nos échecs ... nous frappent en plein coeur.

Comme si il fallait être parfaite.

Faut apprendre à se pardonner ... faut apprendre à lâcher prise ... faut apprendre à s'aimer ... malgré nos imperfections ...

Et se dire que ce n'est qu'un gros nuage ... et que demain ... il fera beau.
"Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leurs conneries, pas leurs différences" Anna Gavalda.
:arrow: Poulette : Tous les demains se ressemblent depuis longtemps pour moi...

Et les mêmes nuits avec leur lot de souffrances et d'angoisses me reviennent invariablement... :roll:

Alors, non, demain il ne fera pas beau dans mon coeur...

:arrow: Soslan : que tes mots raisonnent justes...Je m'y suis déjà collé à cette tâche d'acceptation de soi...

Avec pour seul effet, une rechute encore plus sévère dans ma maladie et un poids qui monte encore et toujours...

Et pour seule conclusion que je ne peux pas aimer ce corps puisque ce n'est pas le mien, c'est une protection que je me suis forgée au fil du temps...Je suis cachée à l'intérieur et j'étouffe... :?

Merci à vous deux...C'est toujours réconfortant de savoir qu'on ne parle pas dans le vide...
"Plus je connais les Hommes, plus j'aime mes chiens."
légèrement adapté de M. Desproges.
Hum... Que je te comprends ! Sans être confrontée à des problèmes de crises (d'angoisse ou d'hyperphagie) mon parcours est aussi une lente descente aux enfers où finalement je me retrouve avec un corps étranger qui est mon corps tout entier !
Effectivement, seule une réconciliation avec toi (tout ton toi, corps et esprit) te garantira une sortie de cet état de souffrance.
Seulement, tu ne pourras l'accomplir que si tu effectues un profond travail d'introspection (que tu as peut-être déjà fait ?), et que tu identifies ta souffrance initiale, cette fêlure qui te pousses à t'en faire encore plus jusqu'à ce que... Jusqu'à quoi ? Ton but n'est pas réllement l'auto-destruction, sans quoi tu n'appellerais pas à l'aide. Si tes démarches n'ont pas abouti je pense que c'est parce que probablement rester dans une souffrance "connue et amie" est plus rassurant que de s'acheminer vers une autre vie où tout serait inconnu, nouveau, prometteur ? C'est là notre douleur, à nous, ceux qui nous rassurons avec le lolo de maman, et notre armure de graisse, nous avons peur de nous-même, des autres, de nos possibles. Et pourtant un monde est à notre portée.
Pour moi de longues années ont été nécessaires avant que réellement j'admette que oui je souffre et oui je m'enfonce dans cette spirale, non seulement sans me soigner, mais en me créant d'autres souffrances.
Non tout ne va pas bien et demain ça n'ira pas mieux, c'est un réflexe de survie mais il conduit à se complaire des années dans une masse immense de souffrance, bien au contraire il faut regarder le problème dans les yeux et prendre le taureau par les cornes pour enfin le faire ployer. Est-ce qu'il te fait si peur que tu n'oses t'y confronter ? Crois-tu qu'un mauvais moment à passer n'est pas une partie de plaisir à côté de (dizaines) d'années de souffrances quotidiennes dans sa chair ?
Je pense que c'est ça la seule solution.
Je ne sais pas trop quoi te dire si ce n'est qu'en aucun cas tu ne dois te culpabiliser car en faisant cela tu alimentes la boucle de mésestime de toi qui te pousse à te faire du mal, à te punir de ta faiblesse, oui tu souffres, oui tu en as parfaitement le droit, et chaque geste de remplissage que tu fais est une façon d'oublier fugitivement ce mal qui te ronge. Mais au final tu sais aussi quel mal supplémentaire ça te fait.
Alors affronte enfin ce qui fait mal afin de pouvoir maintenant vraiment te faire du bien. Tu le mérites et tu le sais. Entends-le.


Courage.
Plus trop là, pour le moment...
coucou ma belle ;)

tu le dis toi-même, il y a des progrès... tout n'est pas tout noir donc ;) mais comme tu es en dépression tu dois avoir du mal à distinguer les éléments encourageants forcément...

tu as raison, parfois les kilos, c'est notre carapace, notre armure contre le monde et sa dureté envers nous... mais c'est aussi une manière inconsciente d'éviter de s'y confronter, de se protéger... je crois que les crises d'hyperphagie sont un reflet d'un mal-être dans ta vie et que ta profonde tristesse est due à un malaise plus profond... peut-etre le connais-tu ? (niveau travail, vie amoureuse ou familiale, relations, etc.)... c'est lui qu'il faut affronter... peut-etre que la RA peut attendre, peut-etre faut-il voir un psy pour ce problème plus général...

bisous ma belle :kiss:
courage, et on est là pour t'écouter si besoin !
Thyselle
Bouquet_de_Violettes a écrit : :arrow: Soslan : que tes mots raisonnent justes...Je m'y suis déjà collé à cette tâche d'acceptation de soi...

Avec pour seul effet, une rechute encore plus sévère dans ma maladie et un poids qui monte encore et toujours...

Et pour seule conclusion que je ne peux pas aimer ce corps puisque ce n'est pas le mien, c'est une protection que je me suis forgée au fil du temps...Je suis cachée à l'intérieur et j'étouffe... :?


Je suis désolé, mais ce corps est le tien.
Vivre dans le mensonge n'est pas le bon debut. Car les rechutes n'en sont que plus violante. Ton experience semble même le confirmer.
Dans la demarche d'acceptation de soi. Je crois que l'étape un est de regarder notre corps et de l'intergrer dans "Voilà une partie de moi"

Qu'on se comprenne bien, écrire des mots (et ceux là en particulier) reste bien facile. Et je crois que pour beaucoup cela parait sans doute un defi insurmontable. Mais je reste persuadé que là est la le debut d'une possible solution.

Courage ! :)

Soslan.
Dans le doute... Continues.
Soslan a écrit :
Bouquet_de_Violettes a écrit : :arrow: Soslan : que tes mots raisonnent justes...Je m'y suis déjà collé à cette tâche d'acceptation de soi...

Avec pour seul effet, une rechute encore plus sévère dans ma maladie et un poids qui monte encore et toujours...

Et pour seule conclusion que je ne peux pas aimer ce corps puisque ce n'est pas le mien, c'est une protection que je me suis forgée au fil du temps...Je suis cachée à l'intérieur et j'étouffe... :?


Je suis désolé, mais ce corps est le tien.
Vivre dans le mensonge n'est pas le bon debut. Car les rechutes n'en sont que plus violante. Ton experience semble même le confirmer.
Dans la demarche d'acceptation de soi. Je crois que l'étape un est de regarder notre corps et de l'intergrer dans "Voilà une partie de moi"

Qu'on se comprenne bien, écrire des mots (et ceux là en particulier) reste bien facile. Et je crois que pour beaucoup cela parait sans doute un defi insurmontable. Mais je reste persuadé que là est la le debut d'une possible solution.

Courage ! :)

Soslan.


Je suis tout à fait d'accord avec Soslan.

Moi aussi, pendant des années, j'ai regardé le reflet que me renvoyait le miroir en me disant: "Mais bon sang, qu'elle est moche, qu'elle est grosse! C'est pas moi ça!" Je ne supportais pas de voir ce corps, que ce soit dans une glace ou en photo, parce que je ne le reconnaissais pas comme mien. Je me voyais toujours comme avant ma première grosse prise de poids (30 kilos en moins de 6 mois) et forcément quand je me trouvais face à la réalité, je me haïssais, je me méprisais et je m'insultais.

Il n'y a pas de formule magique malheureusement. Il faut que tu arrives à te voir telle que tu es vraiment physiquement, sans te juger, juste prendre conscience objectivement de ton corps tel qu'il est vraiment, pour pouvoir avancer intérieurement.

Ce n'est pas facile et ça ne se fait pas en claquant des doigts mais tu peux y arriver! ;) Je te le souhaite de tout coeur. :kiss:
At last, my love has come along, my lonely days are over, and life is like a song... (Etta James)

Mon coin à moi
Coucou à vous, je suis une tite nouvelle....

Je te comprends tout à fait et compatis!!! je mesure 1m70 pour 125kg.... et moi aussi j'ai tout essayé et quand je dis tout... c'est vraiment tout!

Et à un moment donné j'ai décidé "d'essayer" de m'accepter telle que je suis pas facile... tous les jours la même rage en se voyant de le miroir, la même hantise de ne plus entrer dans un jean, la même phobie des magazins tout simplement parce qu'on y trouve RIEN!

Toutes les nuits à se demander : "pourquoi moi??" pourquoi ne pourrais-je pas être comme ces femmes qui font les boutiques et se trouvent plein de jolis tits trucs, ces femmes insouciantes et heureuses...

Mais d'un côté je me dis : mieux vaut avoir plein de qualités et être moche que d'être top model sans amis et superficielle... non?

Bref, je me dis que la roue tourne et qu'un jour peut-être ca changera....
Merci du fond du coeur pour votre soutien à tous, si précieux à mes yeux...

Je traverse quelque chose de très difficile et j'ai mal réagis sur un autre post parce que c'est vrai que je souffre énormément...
Je m'en veux...

De toutes façons je m'en veux pour tout...

Et bien sûr, je culpabilise...

Je me sens vraiment perdue..........
"Plus je connais les Hommes, plus j'aime mes chiens."
légèrement adapté de M. Desproges.
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