Ce fut ma dernière crise... et la première fois que je réussis à mettre des mots sur cette maladie, à la décrire.
En espérant que ce témoignage puisse vous aider...
Hier, j’ai pleuré… un mélange de joie et de tristesse, de reproche et de compassion. J’ai regardé ce corps à la fois robuste et fébrile. Et je lui ai demandé pardon. Pardon pour toutes ces épreuves traversées sans jamais le soutenir, l’écouter, le comprendre. Que d’années passées à l’ignorer, comme si il ne faisait pas partie intégrante de moi, qu’il n’était qu’un reflet gênant que je matraque pour déculpabiliser une âme trop lourde de conflits…
Car je me suis remplie hier soir, sans la moindre conscience de ce que je faisais. Je me suis remplie de cette nourriture grasse et pesante tandis que mon âme vagabondait en évitant soigneusement de se poser sur cet acte si lourd de sens. Je suis devenue, le temps de cette orgie, une véritable bête. J’ai ingurgité encore et encore jusqu’à ne plus pouvoir, jusqu’à ressentir cette douleur intense qui me cisaille si souvent l’estomac. Je voulais encore, mais lui ne voulait plus, il ne pouvait plus. Il m’appelait et me suppliait de lui laisser une trêve, un répit, mais je me suis, une fois de plus acharnée. « Tiens, en voilà encore, tais toi ! ».
J’ai enfin abdiqué, mon corps a explosé puis je me suis vidée.
J’ai mis en œuvre mon plan, de façon pragmatique, comme un bon petit soldat poussé par je ne sais quelle nécessité. Si ce n’est celle de ne pas déformer plus qu’il ne l’est déjà ce corps qui ne m’appartient pas.
« Pauvre fille, salope de grosse, aucune volonté… » . Culpabilité, quand tu nous tient ...
J’ai alors regardé ce visage boursouflé dans le miroir. J’ai été, l’espace de quelques secondes, un zombie hagard. Je me suis regardée sans me voir. La nourriture ainsi rejetée avait emporté avec elle mes idées les plus noires. Un moment rare de constat du vide, du rien, du non sens. Pas de sensations, juste le néant d’un être et d’une vie. Ne suis-je pas morte dans ces moments là ?
Et, lentement, la vie est revenue, comme le son lointain d’une voiture qui démarre et se rapproche de plus en plus de vous. La machine se remet en marche. Parfois, un espoir m’effleure, « c’est la dernière fois ».
En espérant que ce témoignage puisse vous aider...
Hier, j’ai pleuré… un mélange de joie et de tristesse, de reproche et de compassion. J’ai regardé ce corps à la fois robuste et fébrile. Et je lui ai demandé pardon. Pardon pour toutes ces épreuves traversées sans jamais le soutenir, l’écouter, le comprendre. Que d’années passées à l’ignorer, comme si il ne faisait pas partie intégrante de moi, qu’il n’était qu’un reflet gênant que je matraque pour déculpabiliser une âme trop lourde de conflits…
Car je me suis remplie hier soir, sans la moindre conscience de ce que je faisais. Je me suis remplie de cette nourriture grasse et pesante tandis que mon âme vagabondait en évitant soigneusement de se poser sur cet acte si lourd de sens. Je suis devenue, le temps de cette orgie, une véritable bête. J’ai ingurgité encore et encore jusqu’à ne plus pouvoir, jusqu’à ressentir cette douleur intense qui me cisaille si souvent l’estomac. Je voulais encore, mais lui ne voulait plus, il ne pouvait plus. Il m’appelait et me suppliait de lui laisser une trêve, un répit, mais je me suis, une fois de plus acharnée. « Tiens, en voilà encore, tais toi ! ».
J’ai enfin abdiqué, mon corps a explosé puis je me suis vidée.
J’ai mis en œuvre mon plan, de façon pragmatique, comme un bon petit soldat poussé par je ne sais quelle nécessité. Si ce n’est celle de ne pas déformer plus qu’il ne l’est déjà ce corps qui ne m’appartient pas.
« Pauvre fille, salope de grosse, aucune volonté… » . Culpabilité, quand tu nous tient ...
J’ai alors regardé ce visage boursouflé dans le miroir. J’ai été, l’espace de quelques secondes, un zombie hagard. Je me suis regardée sans me voir. La nourriture ainsi rejetée avait emporté avec elle mes idées les plus noires. Un moment rare de constat du vide, du rien, du non sens. Pas de sensations, juste le néant d’un être et d’une vie. Ne suis-je pas morte dans ces moments là ?
Et, lentement, la vie est revenue, comme le son lointain d’une voiture qui démarre et se rapproche de plus en plus de vous. La machine se remet en marche. Parfois, un espoir m’effleure, « c’est la dernière fois ».
