Hello,
Je n'ai pas encore trouvé de solution efficace pour stabiliser mon poids quand il me parait idéal. Je lis depuis longtemps les posts sur la RA mais je suis quand même dubitative. C'est une méthode de thérapie comportementale si je ne m'abuse. J'avoue que je suis suspicieuse dès qu'il s'agit de comportementalisme.
En fait, à l'origine des prises alimentaires pas nécessaire, il y a bien du désir. En ce qui me concerne, l'objet de mon désir c'est bien la bouffe, et notamment les aliments sucrés, mais pas que. Ce dont j'ai envie aussi c'est de manger vite,de déglutir de grosses bouchées. Dans ce désir là, si il ne s'agit pas que de satisfaire les besoins alimentaires, mais aussi et surtout de se donner plus de plaisir que nécessaire. C'est un peu comme d'aller au dela des limites du plaisir, de dépasser la ligne normale.
En fait j'ai l'impression que dans les TCA comme on dit, le but c'est bien de dépasser les limites, alors qu'est ce qu'on fait de ça avec une RA?
Donc bon, c'est vrai que j'aurais du mal à tenir une RA je crois parce qu'un contrôle permanent de ce que seul mon corps a besoin c'est trop dur.
Et bien avec la RA, on apprend à apprécier de manger lentement. On apprend à gouter la nourriture au lieu de l'avaler.
A tu déjà lu la technique des goutteurs de vin pour apprécier un vin ? Ils le gardent longuement en bouche pour en apprécier le moindre arôme. La RA quelque part, rejoint cela. Transforemr un gourmand en gourmer.

Aprécier l'arome permet de la garder lontemps en bouche. Quand j'avalais 4 ou 5 éclairs d'affilé, j'avais toujours l'impression que j'aurai voulu en manger encore autant pour vraiment me faire plaisir (mais les patisseries ont bêtement un coût qui limitaient mon vice).

Maintenant, je ne finis même pas le premier gateau, parce que le déplaisir voir le dégout de la bouchée suivante apparait. Mais je garde longuement son goût en bouche et le plaisir à la limite est plus grand, plus complet. Ce n'était pas ce que je cherchais avec la RA, mais c'est aussi ce que j'ai trouvé. Même sans parler de RA, il m'arrive régulièrement, sur des forums consacrés à l'obésité, de conseiller de prendre le temps d'apprécier pour avoir moins de compulsions. Et souvent on me répond, oui ça marche, même si ça ne marche pas à tous les coups surtout au d&but.

J'ignore si d'autres, comme moi, ont maintenant à travers la RA, un plaisir qui semble plus achevé de manger quelque chose qu'ils aiment particulièrement, mais en quantité moindre. Personnellement, c'est quelque chose qui me rend la RA d'autant plus sympatique.
Mais si le seul enjeu des troubles du comportement alimentaire c'était justement de dépasser la limite
désolée d'y revenir mais il me faut m'expliquer une chose. du coup je vais monologuer un peu je m'en excuse.
Dans le trop manger pour moi, il n'y a pas que le simple plaisir de la nourriture. C'est autre chose, comme un moment d'abandon, de lacher prise. La bouffe c'est presque accessoire, un outil juste au service du dépassement des limites. c'est plus du plaisir c'est la jouissance du trop, trop plein dont l'objectif n'est pas le simple plaisir.Alors si cet abandon là n'existe plus qu'est ce qu'on met à la place?
La fonction du trop plein c'est bien de soulager quelque chose non?
salut
c'est quoi la RA?
tititeclaire a écrit :salut
c'est quoi la RA?


Tu trouveras toutes les infos ici :http://www.vivelesrondes.com/forum/viewtopic_6667.htm

Dans le trop manger pour moi, il n'y a pas que le simple plaisir de la nourriture. C'est autre chose, comme un moment d'abandon, de lacher prise. La bouffe c'est presque accessoire, un outil juste au service du dépassement des limites. c'est plus du plaisir c'est la jouissance du trop, trop plein dont l'objectif n'est pas le simple plaisir.Alors si cet abandon là n'existe plus qu'est ce qu'on met à la place?
La fonction du trop plein c'est bien de soulager quelque chose non?


C'est le propre des personnes souffrant de TCA. On cherche à soulager quelque chose en mangeant d'énormes quantités de nourriture.
C'est pour çà que la RA passe par le fait de comprendre ce qui nous pousse à outremanger. Chaque personne est différente sur ce point, çà peut être l'anxiété, la colère, le besoin de se rassurer...
Commence par essayer de trouver ce que tu essayes de soulager en te remplissant le ventre. Cà devrait t'aider à avoir moins de compulsions.
J'assimilerai la RA à une TCC dans la mesure où on agit à la fois sur les schémas cognitifs associés à la nourriture (quels moments ? dans quelles circonstances ? ) et sur le comportement en lui-même (manger plus lentement).
Mais il ne faut pas oublier que les TCC ne sont que des thérapies brèves qui donnent une solution à un problème donné mais qui ne règlent rien sur le fond. Je dirai que c'est là que rentre en jeu l'analyse personnelle, la thérapie familiale ... (toutefois, pour certains, la RA suffit :lol: )

Mephistofelesse a écrit :Dans le trop manger pour moi, il n'y a pas que le simple plaisir de la nourriture. C'est autre chose, comme un moment d'abandon, de lacher prise. La bouffe c'est presque accessoire, un outil juste au service du dépassement des limites. c'est plus du plaisir c'est la jouissance du trop, trop plein dont l'objectif n'est pas le simple plaisir.Alors si cet abandon là n'existe plus qu'est ce qu'on met à la place?
La fonction du trop plein c'est bien de soulager quelque chose non?


Certes, la fonction du trop plein permet de soulager, de masquer ou de combler un manque. Mais la chose à soulager est différente d'une personne à l'autre. Il faut donc que chacun réfléchisse : pourquoi est-ce que je mange des quantités importantes alors que je n'ai pas réellement faim ?
Cette question est difficile d'où l'intervention parfois nécessaire d'un(e) psychologue/psychiatre ...etc.
Mephistofelesse a écrit :Mais si le seul enjeu des troubles du comportement alimentaire c'était justement de dépasser la limite
Et de quoi crois-tu que je parle ? Cela s'appelle "boulimie hyperphage". Bien sûr, comme n'importe quel trouble du comportement alimentaire, pour en guérir, il faut d'abord admettre que c'est un trouble, ensuite vouloir en guérir. Moi, j'ai mis des années à l'admettre, et encore plus à mettre un nom dessus. Mais après, cela a été plus simple.
Si tu n'es prête ni à l'un, ni à l'autre, tu n'as aucune chance de stabiliser ton poids après un régime. Mais après tout, ce n'est pas comme boire ou fumer. Il n'y a vraiment que toi qui es en jeu. Et encore, si ton poids est stable même élevé, te maintenir à ce poids est certainement préférable à essayer de maigrir.
Dans ce cas, cherches pourquoi tu as besoin de dépasser les limites. Quelles limites, d'abord ? Celles d'une quantité de nourriture communément admise ?

Il y a plein de situations qui nous sont imposées dans la vie, et contre lesquelles on se rebelle comme on peut. Les régimes, notamment, multiplient les cas d'hyper-controle (manger peu, uniquement certains aliments , à telle heure, ...). Au bout d'un moment, c'est insupportable et on se rebelle en "pétant les plombs", autrement dit en mangeant trop et de préférence des aliments interdits.

Peut être n'es-tu pas en accord avec le fait de maigrir, ou de stabiliser ton poids à un certain niveau. Est-ce vraiment toi qui le veut ou le fais-tu pour faire plaisir à quelqu'un ?
Y a-t-il d'autres situations que tes problèmes de poids contre lesquelles tu as envie de te rebeller ? Qui te pousseraient à dire "ok, ça je le subis tous les jours, mais je vais me venger en m'accordant un domaine où je ne fais pas ce qu'on attend de moi " ?
Ce que la RA m'a apporté: aujourd'hui, quand je mange le soir avec mon copain, je suis capable de m'arreter à la moitié de mon assiette, non pas parce que je me contrôle, mais parce que physiquement, il m'est impossible de manger une bouchée de plus sans avoir mal au ventre, sans être écoeurée.

Au début, c'est dur de se poser les questions, de se surveiller, sauf que je me suis rendue compte que même en faisant la RA comme une passoire, j'ai appliqué quelques principes et mon corps s'est inconsciemment adapté.

Donc avant, j'arretais de manger parce que je me disais que ce n'était pas raisonnable de manger plus, qu'il était raisonnable de m'arreter. Maintenant, je n'agis plus en terme de raison, je ne me goinfre pas non pas parce que je ne veux plus, mais parce que je ne peux plus physiquement, mon corps dit stop.
ça a l'air d'une nuance pas trés utile, et pourtant, ça me change la vie, et je vois nettement la différence. Sentir la faim, avoir faim parfois et manger avec encore plus de plaisir quelque chose parce que ça vient apaiser cette faim, c'est une sensation trés agréable.

Pareil, avant, je me forçais à manger de la salade, des légumes, parce que peu caloriques, des pommes, yaourts, etc parce que c'était mieux de manger ça que de manger des biscuits, viennoiseries, biscottes, pain, etc.
Maintenant, non seulement je mange ce que je veux, sans culpabiliser et sans me cacher, mais en plus, je mange des pommes par plaisir, parce que j'en ai envie, pareil pour la salade et les légumes.

en fait, je mange quasi comme avant, sauf que c'est comme la pub perle de lait: avant, je mangeais du yaourt et j'étais coincée et crispée, maintenant, je mange toujours du yaourt mais je suis apaisée et je me fais plaisir :)
J'ai été fureter sur les différents post concernant la RA et ça reste pour moi une question épineuse.

Pour resituer un peu mon parcours pondéral, je pesais 105 kg à 19 ans, 60 kg à 23 ans, 82 kg à 27 ans, 57 kg à 29 ans et 78 kg aujourd'hui.

J'ai consulté une fois une nutritionniste, mais j'ai trouvé son régime trop restrictif.
Chaque fois que j'ai fait un régime, j'ai veillé à manger des choses qui me faisaient plaisir: des féculents à chaque repas, des tartines de fromage au petit dej, un carré de chocolat par jour, bref rien de déraisonnable. J'ai quand même maigris à chaque fois.

On ne peut pas dire que je me suis restreinte de manière draconniène, mais bon, un jour un régime on l'arrète.

Quand je suis arrivée à 57 kg, mon mari a commencé à faire la grimace, il m'a dit que je ne pouvais pas continuer à maigrir indéfiniment. j'ai donc arrété le fameux régime.

Mais là du coup il y a eu un lacher prise qui a été super anxiogène pour moi.
Ajoutez à ca une tendance naturelle à l'anxiété, un beau frère qui a eu la riche idée de tomber amoureux de moi et un supérieur hiérarchique de l'époque qui m'a déclaré sa flamme...Je suis très brutalement retombée dans un énorme pot de nutella.

Ce ne sont pas tant les éléments extérieurs qui me poussent à outremanger, mais cette fichue anxiété qui ne se soulage que dans le trop manger.

Le plaisir de manger des bonnes choses raisonnablement, la sensation de faim ou de saciété je les reconnais. Ce qu'il faut que j'apprenne, c'est une manière de faire baisser la pression qui soit aussi rassurante que la nourriture (pitié, ne me suggérez pas le sport ou le collage de nouilles!)
Pour moi aussi, la bouffe, c'est un lâcher prise, un exutoire, une manière de sortir de la pression permanente et de la perfection que je m'impose, même au niveau alimentaire.

Je fais une thérapie cognitivo comportementale justement. Un peu trop tot pour t'en parler vraiment. Mais ce que je peux te dire, c,est que je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris et qu'au bureau du psy, je parle énormément de pression, de perfection, de contrôle, d'anxiété et de ces choses qui font que manger, pour moi, c'est un peu de liberté, c'est ne pas être raisonnable, c'est du plaisir, un relachement qui me fait du bien, sans limite, n'importe quand, n'importe ou. Et que ça me fait du bien.

Il n'y a pas de recettes magiques, que des outils. Je ne fais pas une RA religieusement. Je m'en inspire, comme je m'inspire d'autres choses, pour aboutir a quelque chose qui me ressemble.

Tout dépend de ce que tu veux le plus. Moi je travaille sur le sentiment constant qui me fait avoir besoin de la bouffe pour m'échapper, je me rends compte que ça dérange autant, sinon plus, ma vie que le surpoids.

Je crois que se priver de ces débordements alimentaires necessaire et laisser monter la pression, ce n'est pas humain. L'anxiété dont tu parle, je la connais bien. Personellement, j'ai besoin de retrouver mon équilibre, avec la bouffe comme ailleur, pour ne plus avoir autant besoin de dépasser les limites pour me sentir vivre. J'ai envie de vivre pleinement tout le temps.

Tu semble chercher quelque chose pour remplacer la bouffe mais peut-être devrais tu chercher plus haut, dans ce qui fait que tu en a tant besoin. Sinon, comme remplacement, je crois que tu ne voulais pas entendre parler de sport, mais c'est un moyen qui me fais du bien, surtout en plain air, avec des amis ;)
Ce qui est dur c'est que finalement on aime ces moments où on perd tout controle, parce que sur le coup ça fait un bien énorme même si après on culpabilise. Et moi qui suis qqn d'extrême (adepte du "tout ou rien"), j'ai l'impression que je ne pourrais jamais me passer de ces compulsions, que jamais je n'arriverai à manger juste quand j'ai faim et savoir m'arrêter. Et pourtant j'ai envie de m'en sortir dc je pense qu'il faut avant de tenter la RA essayé de voir du côté psy. Est ce que le fait d'avoi compris l'origine de vos compulsions (ce besoin, cette envie de se remplir) ça vous a passé?Est ce que le fait voir un psy vs a guérie de ça?
Est ce que le fait d'avoi compris l'origine de vos compulsions (ce besoin, cette envie de se remplir) ça vous a passé?Est ce que le fait voir un psy vs a guérie de ça?


Personellement, pour moi, l'envie est toujours là, mais moins forte, cernée et dédramatisée. A mieux la comprendre, elle prends moins de place. Je compulse de moins en moins souvent. Je crois même que je finirai par ne plus en avoir besoin du tout.

Guérie, je ne sais pas, j'imagine qu'on reste toujours fragile.
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