Merci pour vos réponses !
J'ai moi même été étonnée en lisant l'article de wikipédia de voir que le "PN" n'est pas considéré comme cliniquement diagnosticable. On peut diagnostiquer la perversité, on peut diagnostiquer le narcissisme (qui n'est pas classé dans les pathologies, contrairement à certaines formes de perversités).
J'ai été moi même aux prises avec un PN pendant un an. Selon les définitions que j'ai pu en lire (notamment MF Hirigoyen, mais comme mamykro je l'ai lu 3 ans après les faits et ça collait d'une force !), voilà les "symptômes" de sa perversion, sans aucun avis médical, juste mon point de vue avec du recul et le témoignage de mes proches :
- Il s'est imposé dans ma vie. Petit à petit, il y a pris de plus en plus de place (physique, en réquisitionnant ma plus grande pièce avec mon accord ; temporel en squattant chez moi une semaine sur deux)
- il n'a commencé à faire cela que lorsque je lui ai avouée être "amoureuse" de lui. Avant j'avais pas ça en tête, mais il a su me séduire. Quand enfin il m'a séduite, c'est à dire pas qu'un peu, hein, mis dans son pouvoir, il a placé la distance : "je ne suis pas amoureux de toi" tout en jouant sur l’ambiguïté permanente ("peut être que ça peut arriver, tu sais pas... Tu es la personne que j'aime le plus au monde... Je suis la personne qui t'aime le plus au monde" + gestes/attitudes/sexe.)
- Mes amies se sont rendues compte très rapidement qu'il y avait un problème. A partir de ce moment, il a tenté de me couper d'elles (en les insultant, en me faisant du chantage affectif)
- Il ne parlait de ses ex, et quand je dis ses exs, je parle autant des femmes "de sa vie" que de ses meilleurs potes, que comme des infâmes connasses pour les nanas, des mecs qui avaient débloqués pour les mecs. il n'empêche qu'au moment où je l'ai connu, il avait perdu tous ses proches (jusqu'à son frère) mais ne se remettait jamais en question.
- Il tentait toujours des trucs pour voir si je restais en son pouvoir. Ne pas arriver à me faire clasher avec mes copines a été un coup dur, amis il a réussi avec au moins l'une d'elles. Il faisait tourner MA vie autours de lui.
Tout cela n'est en rien répréhensible, dans le sens où j'aurais pu dire stop à tout moment, écouter mes amies. mais quand je dis qu'il me tenait, j'étais "folle" amoureuse tendance destructrice pour moi. Il en jouait beaucoup. Et surtout, il était prévenu, dès le départ, dès le moment où je lui ai dis que j'étais amoureuse, qu'il y aurait UNE chose qui m'obligerait à tout couper. Une chose inéluctable. Qu'il rencontre une autre femme. Il me disait toujours on a le temps de voir, ou alors "mais si elle ne comprend pas mon rapport avec toi, alors c'est qu'elle ne comprend rien", mais je lui répétais régulièrement, c'était mon garde fou, que ce jour, je ne serais pas en mesure de supporter ma jalousie et que je mettrais un terme à notre relation. C'est la seule chose que j'arrivais à dire à mes copines qui s’inquiétaient tant (elles ont failli porter plainte pour "agissement sous emprise" ou je ne sais plus le terme... Elles ont vraiment été très inquiètes. Elles ont été formidables). Donc la seule chose que j'arrivais à dire à mes amies c'était "mais vous en faites pas, ça va pas durer, il va trouver une nana, et là je ne supporterais pas, ne vous inquiétez pas".
-Sauf que quand il a trouvé une nana, il me l'a caché. C'est même pas qu'il me l'a caché, c'est qu'il le vivait dans une vie parallèle. pourtant, que ce soit au tel ou en vrai, on ne passait pas une heure sans info l'un de l'autre. J'ai été totalement impressionnée de sa manière de me mentir, de sa capacité à gérer ces deux relations, de mon inexistence aux yeux de l'autre femme (elle ne savait pas que j'existais !!). J'ai été plus étonnée de sa capacité à vivre ces deux vies, ses mensonges que blessée. je savais que ça arriverait, donc bon.
par contre, j'ai douillé. J'ai été détruite. totalement. J'ai dit stop (merci les copines pour le soutien !). J'ai été ravagée. Mais ce n'était rien d'autre, à mes yeux, à ce moment, qu'un chagrin d'amour (putain de chagrin d'amour !). Il a fallu deux éléments pour que j'accuse le coup de la manipulation et de la perversion :
- un premier procès. Il m'a emprunté une somme d'argent très importante, et a cessé de me la rendre à la rupture. Froid. Glacial. Cette somme d'argent, elle n'était pas anodine : c'était tout ce qui me restait de l'héritage de mon père, au moment où j'étais au chômage en train de tenter de monter mon entreprise. Ce n'était donc pas logique que je lui prête cet argent. cf MF Hirigoyen.
J'ai gagné le procès haut la main (dommages, intérêts, tout à sa charge, etc)
- un deuxième procès, pour viol sous sujétion psychologique cette fois. La procédure suit son cours, mais je suis très soutenue. Il m'a fallu trois ans pour y croire, l'accepter. C'est chose faite, et ce garçon me terrorise toujours au plus haut point.
Voilà : Il a dépassé par deux fois le cadre de la loi. Pour lui ? Par inconscience, par sentiment de toute puissance ? Innocemment ? inconsciemment ? (=psychose) ; Pour me garder dans sa main ? Pour me faire du mal ? je n'arrive toujours pas à y croire, et pourtant...
L'idée, c'est que je ne suis pas la seule à être tombée dans ses filets. C'est ce qui m'a engagé sur la voie du deuxième procès. Je le pense terriblement dangereux.
Voilà mon expérience.