D'après ce que je lis, ce n'est pas l'intervention en elle-même qui ne sera pas remboursée, mais une partie du matériel utilisé pour l'effectuer qui ne sera plus remboursée par la Sécu aux établissements de santé. Ca va donc obliger les médecins, ou les établissements, à prendre en charge le coût de ce matériel.
En clair, le problème ne se pose pas au niveau du patient, mais de l'établissement de soins et/ou du chirurgien.
Sauf que fatalement le coût sera reporté sur le patient, par le biais de dépassements d'honoraires. Je doute en effet que les établissements amputent ce montant de ce qu'ils perçoivent au titre du prix de journée.
De plus, les chirurgiens devront limiter leurs dépassements car à près de 1000 euros de matériel non remboursé, en plus des dépassements d'honoraires, qui pourra encore se payer ce type d'intervention ? Certains chirurgiens seront donc contraints de revoir leurs dépassements à la baisse.
De ce fait ils ne gagneront plus rien en pratiquant ces interventions et préfèreront ne pas opérer... Ou proposer à leurs patients des interventions moins onéreuses, mais peut-être aussi moins efficaces ou moins adaptées à leur cas.
Regardez la seconde partie de l'article
http://www.ucdf.net/index.php?mod=3&annee=&start=&do=view&id=390 et vous comprendrez mieux le problème. Et surtout n'oubliez pas que vous êtes sur un site de professionnels de santé, qui défendent aussi leur pouvoir d'achat.

(et peut-on les en blâmer ?).
Par contre, ce qui m'inquiète, c'est que cette mesure est peut-être la première d'une série. Depuis un moment on entend des menaces contre le remboursement de la chirugie de l'obésité, considérée comme une intervention de confort. Alors il faudrait savoir : l'obésité est un fléau national ou pas ? Etre gros ça coûte moins cher à la Sécu qu'une intervention ?
Et puis il ne faut pas nier qu'il y a eu des abus multiples. Et dans le cas d'abus, c'est souvent la même chose : ce n'est pas celui qui abuse qui est sanctionné, c'est tout le monde qui trinque...
