Bonjour,
J'ai besoin de pousser un coup de gueule et de vider un peu mon sac, et je me suis dis que l'écrire et partager la mauvaise « aventure » que je viens de vivre m'aiderait peut-être à la rationaliser.
Ce matin, suivant à l'avis pressant de mon médecin, j'ai rencontrée une nutritionniste qui, selon lui, est très réputée pour ses méthodes «innovantes» et censée m'aider dans ma perte de poids qui serait, soit disant, trop rapide (9kls600grs en 2 mois en faisant du sport chaque jour et en mangeant équilibré je ne vois pas en quoi c'est trop rapide, mais bref passons, ce n'est pas le sujet.)
Je me suis donc rendue ce matin chez la dite nutritionniste (qu'on appellera le Dr C), curieuse de voir ce dont elle comptait me parler et ce qu'elle allait pouvoir faire pour moi. Finalement j'en suis sortie, 01h40mns plus tard (1h d'attente et 40ns dans son cabinet), en larmes, totalement démoralisée et à deux doigts de la crise de nerfs. J'avoue que dit comme ça on pourrait penser que je suis trop sensible mais ce n'est, justement, pas le cas.
À peine arrivée, je me retrouve face à une secrétaire qui ne m'accorde qu'un petit coup d’œil, replonge le nez dans son dossier et me sort un bref : «Pour les obèses c'est la salle d'attente à gauche». Surprise, voir un peu choquée, je ne pense même pas à répliquer et me dirige vers la pièce désignée pour y patienter tellement longtemps que je me suis presque endormie sur mon fauteuil. Le Dr C. arrive enfin, pas de bonjour ni d'excuse pour le retard, et m'invite, plutôt sèchement, à entrer dans son bureau. Je prend place dans un fauteuil si petit que je sens les deux accoudoirs me rentrer dans les cuisses (j'ai d'ailleurs récoltée deux ecchymoses à cause de cette saleté) et c'est fortement désagréable. Je n'en fais pas la remarque, mais je dois vraiment afficher la tête de la nana qui en bave dans sa chaise pour mini-pouce parce qu'elle me lance un «forcément vous n'avez pas la ligne pour ce genre de siège normal». Deuxième fois que j'ai envie de faire les yeux ronds depuis que je suis arrivée...ça commence bien.
Là où ça va totalement se dégrader (déjà que ce n'était pas glorieux) c'est lorsque le Dr C. commence à lire mon dossier médicale. Lecture ponctuée de soupires exagérés et de «je secoue vivement la tête pour te montrer que ton dossier me fait tiquer et hausser les sourcils mais tu ne peux pas le voir vu que j'ai le nez dans dedans». S'en suit alors une série de questions bateaux sur mes repas et mes habitudes alimentaires, sur le pourquoi de ma prise de poids si importante et sur les choses que je grignote entre les repas. J'explique tranquillement que c'est suite au choc de la perte coup sur coup de ma mère puis de mon beau-père, la longue bataille contre leurs cancers qui a été épuisante physiquement et moralement, que je ne grignote pas parce que je n'aime pas cela, qu'à la grande rigueur je me contente des myrtilles, de groseilles, d'airelles et de fraises parce que j'adore les fruits rouges. (et dans mon métier j'en ai souvent bien plus que nécessaire donc je peux me faire plaisir.)
Un GROS silence pesant s'installe et commence alors ce que je vais qualifier de lynchage offensif en bonne et due forme. Je me fais traiter de menteuse, de grosse qui se voile la face et se fait «gerber» pour perdre son gras de feignasse. D'après le Dr C. je suis une mythomane, comme toutes les «grasses» qui se cachent derrière des événements peu marquants (d'après elle la perte d'une mère n'est qu'un petit bobo de la vie sans importance qui passe rapidement et le cancer c'est tellement surfait.) et qui doit sûrement passer le plus clair de son temps à se bâfrer comme une baleine échouée sur son canapé (je n'invente pas, malheureusement ce sont ses mots à la virgule prêt).
Je suis un peu sonnée et je cherche mes mots, je ne veux pas être insultante bien que l'envie est très forte. Avant même que je ne puisse dire quoi que ce soit elle reprend la parole et me jette à la figure un violent «De toutes façons vous, vous êtes boulimique. C'est tellement plus facile que de bouger ses grosses fesses.». Cette fois, c'est trop pour moi, je hausse le ton, expliquant que non je n'aime pas grignoter, que toutes «les grosses» ne passent par leur vie vautrer sur leur canapé à bouffer des chips et à boire du coca, que oui j'aime faire du sport parce que cela me permet de me vider la tête et que j'y ai pris goût.
Pour toute réponse un ricanement et un laconique « Je ne peux pas secourir les obèses qui refusent d'être aidés.», me tend une facture (salée comme pas permis) et m'invite à quitter son bureau. Je n'ai pas demandé mon reste, n'ai pas payé sa facture et suis partie le plus rapidement possible !
Je n'ai pas encore appelée mon médecin traitant je n'en ai pas le courage pour le moment. Le problème qui se pose, c'est que je suis tellement blessée et choquée par cette attitude que je ne sais que penser. Je viens de passer une journée à pleurer, être en colère et démoralisée. J'étais tellement heureuse de remonter la pente, d'arriver à accepter certaines choses, de me reconstruire, de m'accepter physiquement et tout d'un coup quelqu'un qui ne me connaît pas me juge, me descend gratuitement, sous-entend de telles choses...
Je suis pourtant loin d'être naïve, j'ai parfaitement conscience que nombreux sont ceux qui jugent sur une apparence, surtout une apparence ronde mais...Une professionnelle de la santé peut-elle se permettre d'être si agressive, grossière et irrespectueuse ? Je ne dis pas qu'à elle seule elle a réussi à mettre en l'air des mois d'efforts et de travail sur moi, bien au contraire. Toutefois elle a réussi à me blesser profondément. Je sais que ça ne devrait pas m'atteindre à ce point mais, le fait est que je n'y peux rien, je me sens mal, je me sens rabaissée et jugée comme je ne l'avais jamais été. Je sais que ça va passer mais j'aurais tellement aimée ne pas avoir à subir ça.
Je me doute que je ne suis pas la seule à avoir eu à faire face à ce genre de situation et je me demande comment vous avez réussi à passer outre.
(Pardonnez moi pour le pavé, j'avais un besoin impérieux d’extérioriser cette journée de m*rde
)
J'ai besoin de pousser un coup de gueule et de vider un peu mon sac, et je me suis dis que l'écrire et partager la mauvaise « aventure » que je viens de vivre m'aiderait peut-être à la rationaliser.
Ce matin, suivant à l'avis pressant de mon médecin, j'ai rencontrée une nutritionniste qui, selon lui, est très réputée pour ses méthodes «innovantes» et censée m'aider dans ma perte de poids qui serait, soit disant, trop rapide (9kls600grs en 2 mois en faisant du sport chaque jour et en mangeant équilibré je ne vois pas en quoi c'est trop rapide, mais bref passons, ce n'est pas le sujet.)
Je me suis donc rendue ce matin chez la dite nutritionniste (qu'on appellera le Dr C), curieuse de voir ce dont elle comptait me parler et ce qu'elle allait pouvoir faire pour moi. Finalement j'en suis sortie, 01h40mns plus tard (1h d'attente et 40ns dans son cabinet), en larmes, totalement démoralisée et à deux doigts de la crise de nerfs. J'avoue que dit comme ça on pourrait penser que je suis trop sensible mais ce n'est, justement, pas le cas.
À peine arrivée, je me retrouve face à une secrétaire qui ne m'accorde qu'un petit coup d’œil, replonge le nez dans son dossier et me sort un bref : «Pour les obèses c'est la salle d'attente à gauche». Surprise, voir un peu choquée, je ne pense même pas à répliquer et me dirige vers la pièce désignée pour y patienter tellement longtemps que je me suis presque endormie sur mon fauteuil. Le Dr C. arrive enfin, pas de bonjour ni d'excuse pour le retard, et m'invite, plutôt sèchement, à entrer dans son bureau. Je prend place dans un fauteuil si petit que je sens les deux accoudoirs me rentrer dans les cuisses (j'ai d'ailleurs récoltée deux ecchymoses à cause de cette saleté) et c'est fortement désagréable. Je n'en fais pas la remarque, mais je dois vraiment afficher la tête de la nana qui en bave dans sa chaise pour mini-pouce parce qu'elle me lance un «forcément vous n'avez pas la ligne pour ce genre de siège normal». Deuxième fois que j'ai envie de faire les yeux ronds depuis que je suis arrivée...ça commence bien.
Là où ça va totalement se dégrader (déjà que ce n'était pas glorieux) c'est lorsque le Dr C. commence à lire mon dossier médicale. Lecture ponctuée de soupires exagérés et de «je secoue vivement la tête pour te montrer que ton dossier me fait tiquer et hausser les sourcils mais tu ne peux pas le voir vu que j'ai le nez dans dedans». S'en suit alors une série de questions bateaux sur mes repas et mes habitudes alimentaires, sur le pourquoi de ma prise de poids si importante et sur les choses que je grignote entre les repas. J'explique tranquillement que c'est suite au choc de la perte coup sur coup de ma mère puis de mon beau-père, la longue bataille contre leurs cancers qui a été épuisante physiquement et moralement, que je ne grignote pas parce que je n'aime pas cela, qu'à la grande rigueur je me contente des myrtilles, de groseilles, d'airelles et de fraises parce que j'adore les fruits rouges. (et dans mon métier j'en ai souvent bien plus que nécessaire donc je peux me faire plaisir.)
Un GROS silence pesant s'installe et commence alors ce que je vais qualifier de lynchage offensif en bonne et due forme. Je me fais traiter de menteuse, de grosse qui se voile la face et se fait «gerber» pour perdre son gras de feignasse. D'après le Dr C. je suis une mythomane, comme toutes les «grasses» qui se cachent derrière des événements peu marquants (d'après elle la perte d'une mère n'est qu'un petit bobo de la vie sans importance qui passe rapidement et le cancer c'est tellement surfait.) et qui doit sûrement passer le plus clair de son temps à se bâfrer comme une baleine échouée sur son canapé (je n'invente pas, malheureusement ce sont ses mots à la virgule prêt).
Je suis un peu sonnée et je cherche mes mots, je ne veux pas être insultante bien que l'envie est très forte. Avant même que je ne puisse dire quoi que ce soit elle reprend la parole et me jette à la figure un violent «De toutes façons vous, vous êtes boulimique. C'est tellement plus facile que de bouger ses grosses fesses.». Cette fois, c'est trop pour moi, je hausse le ton, expliquant que non je n'aime pas grignoter, que toutes «les grosses» ne passent par leur vie vautrer sur leur canapé à bouffer des chips et à boire du coca, que oui j'aime faire du sport parce que cela me permet de me vider la tête et que j'y ai pris goût.
Pour toute réponse un ricanement et un laconique « Je ne peux pas secourir les obèses qui refusent d'être aidés.», me tend une facture (salée comme pas permis) et m'invite à quitter son bureau. Je n'ai pas demandé mon reste, n'ai pas payé sa facture et suis partie le plus rapidement possible !
Je n'ai pas encore appelée mon médecin traitant je n'en ai pas le courage pour le moment. Le problème qui se pose, c'est que je suis tellement blessée et choquée par cette attitude que je ne sais que penser. Je viens de passer une journée à pleurer, être en colère et démoralisée. J'étais tellement heureuse de remonter la pente, d'arriver à accepter certaines choses, de me reconstruire, de m'accepter physiquement et tout d'un coup quelqu'un qui ne me connaît pas me juge, me descend gratuitement, sous-entend de telles choses...
Je suis pourtant loin d'être naïve, j'ai parfaitement conscience que nombreux sont ceux qui jugent sur une apparence, surtout une apparence ronde mais...Une professionnelle de la santé peut-elle se permettre d'être si agressive, grossière et irrespectueuse ? Je ne dis pas qu'à elle seule elle a réussi à mettre en l'air des mois d'efforts et de travail sur moi, bien au contraire. Toutefois elle a réussi à me blesser profondément. Je sais que ça ne devrait pas m'atteindre à ce point mais, le fait est que je n'y peux rien, je me sens mal, je me sens rabaissée et jugée comme je ne l'avais jamais été. Je sais que ça va passer mais j'aurais tellement aimée ne pas avoir à subir ça.
Je me doute que je ne suis pas la seule à avoir eu à faire face à ce genre de situation et je me demande comment vous avez réussi à passer outre.
(Pardonnez moi pour le pavé, j'avais un besoin impérieux d’extérioriser cette journée de m*rde
Tout cela ne vaut pas le poison qui découle de tes yeux, de tes yeux verts. Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers.
