dragibus38 a écrit :et le bon gout ça te connait...

Moonbeam a écrit :Ahah ! K C le seb!
myriam a écrit :aller seb fait pas ton mauvais joueur, t'est mouché et py c'est tout! ptrrrrrrrrrrrrr
Mince.
Mince de mince de zut.
J’avais d’abord laissé passer le message de Dragibus38. Tranquillement. Ne me rendant pas compte de son véritable contenu. Et puis Moonbeam et Myriam sont intervenus. Brillamment, je dois bien l’avouer maintenant, même s’il m’a fallut quelques heures pour m’en rendre compte.
Et encore, je dois bien l’avouer, je n’ai pas eu la capacité de le faire tout seul. Je veux dire, il m’a fallut de l’aide, beaucoup d’aide pour constater qu’effectivement j’avais été « mouché » !
J’ai d’abord imprimé les posts de ce forum. Puis je les ai photocopiés. Puis j’ai tapissé mon appartement avec, pour bien comprendre la teneur du message qui, à cet instant, restait encore cryptique et mystérieux… Je n’avais pas encore fait le parcours personnel que j’ai fait depuis (je vous rappelle que c’était il y a quelques heures).
Je suis resté un moment, là , au milieu de mon salon, le regard braqué vers les murs tapissés des dits messages. Je les regardais de près, puis de loin. Je les lisais dans ma tête, puis à haute voix. Je les lisais à l’envers. Je commençais à comprendre.
Troublé je décidais de prendre l’air, de prendre du recul, et descendais au bar du « mouton blanc » en bas de chez moi. Là je savais que je pouvais compter sur DéDé le pilier de bar, le roi du comptoir. Dans le passé il m’avait déjà beaucoup aidé.
Tout en commandant un demi, je glissais innocemment une feuille imprimée des messages de Dragibus, Moonbeam et Myriam sous les jeux de Dédé.
Sa réaction fut immédiate : « Ahahah, dis donc, tu t’es grave fait moucher le cul, sale enculé ! », hurla-t-il. Je tentais de lui faire baisser la voix, lui rappelant qu’il n’était pas censé crier à tout le monde que j’étais un « enculé », que c’était notre petit secret à nous, et qu’en bon prêtre du comptoir il était tenu de garder le secret professionnel de mes confessions passées. Mais la situation dégénéra rapidement, la feuillé imprimée fit bientôt le tour du bar, tous les poivrots du « Mouton Blanc » allaient bientôt être au courant. Les rires explosaient, le patron lui-même n’en pouvait plus, se roulait par terre. Et ce fut la tournée générale. Puis une autre. Et une autre encore. Puis je perdis le compte. L’ambiance était à la fête, et j’étais la risée de tous. L’alcool aidant l’ambiance dégénéra encore d’un cran, et bientôt on me frappait. Quelques coups dans le ventre, des coups de pieds dans les côtes, des coups de barres à mines dans l’bide, han, han ! Tous s’amusaient beaucoup, et je dois bien l’avouer, je commençais à y prendre goût.
Je ne sais pas combien de temps cette petite fête a bien pu durer, j’ai perdu connaissance quand ils ont commencé à me raser le crâne avec des tessons de bouteilles puis je me suis réveillé quand le gros JoJo me pissait dans la bouche en chantant « Moucher l’cul ! Moucher l’cul ! Y s’est fait moucher l’cul » !
Je me suis relevé en grimaçant, j’avais mal un peu partout, puis j’ai quitté le bar non sans remercier tous mes nouveaux amis : je commençais à comprendre les messages. Je commençais à comprendre ce qu’avait voulu dire Dragibus38…
Tout moulu, puant la pisse et l’alcool, je tentais péniblement de rejoindre mon appartement. Chaque pas me coûtait cher, chaque mouvement me forçait à retenir un cri et j’avais du mal à poser les pieds par terre (les scarifications à l’opinel sous mes pieds étaient encore fraîches). C’est devant la boulangerie que j’ai croisé l’institutrice de mon fils. « Bah m’sieur Seb, qu’est-ce qu’il vous arrive donc de la gueule ? Vous êtes dans un état, dites moi… », me demandait-t-elle un sourire aux lèvres. Conscient que je n’arriverais pas à articuler le moindre mot, je préférais lui tendre la feuille imprimée, couverte de sang et de la pisse du gros Jojo, plutôt que de tenir des propos qui s’avèreraient probablement incohérents.
Elle lut la feuille assez longuement. Pris quelques notes avec un joli stylo Bic rouge. Resta pensive de longues minutes, puis, en me rendant la feuille, me dit : « Ouaipe, ça c’est du mouchage de cul ou je ne m’y connais pas ». Je repris la feuille, difficilement, les larmes aux yeux, et alors elle me décocha un énorme uppercut au menton tout en hurlant de rire. Je m’écroulais au sol.
Je n’ai plus guère de souvenirs après cela. Je me souviens juste que des anges rigolards m’ont ramené jusque chez moi. Puis mes enfants m’ont couché avec un air grave sur le visage, ma fille de trois ans me déclarant, après m’avoir bordé, « tu sais Papa, mon frère et moi en avons sacrément ras le cul que tu te mettes dans des états pareils. C’est plus Dieu possible. Ce n’est pas un exemple très constructif pour nous, tu sais. Comment veux-tu que nous nous construisions un avenir brillant avec un modèle masculin comme le tien à la maison, hum ? Dis-moi ! Allez ! Réponds ! Non ? … Tu vois, au fond de toi tu sais que ce n’est pas bien. Alors, fais dodo maintenant ». Et elle me déposa un tendre baiser sur la joue.
Je m’endormais rapidement. Apaisé. J’avais tout compris.
Merci à vous.
Sebansky./