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Bonsoir les filles!
Vous êtes toujours de bon conseil et j'en ai vraiment besoin. Attention, ceci est une histoire plutôt triste, alors si vous déprimez déjà, passez votre chemin!

Voilà, jeudi à 5h30 du matin je reçois le coup de fil de ma belle soeur, paniquée, me disant de réveiller mon fiancé et de nous rendre tous les deux au domicile de ses parents. Rien de plus. Paniquée qu'ils leur soient (encore) arrivé quelque chose je m'exécute. Nous voilà là bas, où sa soeur nous annonce le décès de son père. Tous complètement débordés par l'émotion, j'ai un peu pris les choses en main, appelé les pompes funèbres etc.

Le corps du père était toujours dans la maison et il faut savoir que j'ai un rapport très douloureux avec la mort, alors, bien que je n'ai laissé rien transparaître, j'étais paniquée à l'intérieur.Mais dans ma tête, les plus forts soutiennent les plus faibles. Nous, les trois conjoints de mon fiancé et ses deux soeurs les avons soutenus, elles et leur mère. Mon fiancé est allé dans la chambre voir son père, je n'ai pas eu la présence d'esprit de l'en empécher tant j'avais à faire, et quand il est sorti il a insisté pour que personne ne rentre dans la chambre, tant c'était horrible apparemment. Je m'en veux beaucoup de l'avoir laissé rentrer dans cette pièce, et ce plusieurs heures après le décès. Je m'en veux qu'il l'ait vu dans cet état. Je n'ai rien vu mais j'imagine très bien (rigidité cadavérique, visage crispé probablement, il y a avait du sang par terre donc probablement sur lui aussi, et puis les voix naturelles qui se relachent, etc...) Je pense que j'aurais du avoir la présence d'esprit de bloquer cette porte...

Puis mon fiancé a pris les choses en main une fois le choc passé. Papiers administratifs, notaire, etc. Maintenant c'est lui l'homme de la maison, et il essaie d'assurer. Il m'a même impressionné par sa maitrise de lui-même. Même une fois rentrés à la maison, il ne s'est pas (ou très peu) laissé aller.

Je suis déjà passée par plusieurs deuils, d'amis ou de famille, j'ai aussi supporté plusieurs personnes, mais mon fiancé est un cas très à part. Il ne parle pas beaucoup contrairement à ceux que j'ai aidé jusque là. C'est impossible de savoir ce qu'il pense. Il a peur de craquer devant moi je pense.

Grace à ma formation de sexo j'ai une grande part de cours de phycho, alors j'utilise quelques techniques apprises pour essayer de le faire parler u peu sans le forcer, d'essayer de laisser aller sa douleur, mais je crois qu'il est encore dans le déni de la réalité. J'essaie de ne pas faire de son père un sujet tabou, car ce serait le conforter dans son déni (mais bien sur j'y vais en douceur). Ce n'est pas dans mes habitudes mais je laisse même de très longs blancs pour qu'il puisse parler, mais pas grand chose ne sort. Je le réconforte comme je peux mais comment réconforter quelqu'un dont le père est mort? C'est impossible... J'essaie de l'aider comme je peux mais je me sens maladroite, et, je ne le reconnaitrais pour l'instant pas devant lui de peur de lui faire d'avantage de peine, mais je suis moi même très triste de ce décès, de la disparition de cet homme que je commençais à connaitre.

De plus je me sens égoiste de souffrir et de penser à tout ça alors que je devrais juste le soutenir. J'ai mal pour lui. J'essaie de le mettre en avant mais comme ce n'est pas notre dynamique de couple habituelle je le sens légèrement perdu. Avant il s'occupait pas mal de moi, maintenant c'est l'inverse. Et ma dépression n'arrange pas les choses...

Je ne sais pas quoi faire de plus que ce que je fais. Je ne veux pas trop parler de peur de le blesser ou de dire quelque chose de maladroit, et même si je le fait u peu, je veux lui laisser beaucoup d'espace de parole pour qu'il puisse s'exprimer (il ne le fait pas pour l'instant mais voit qu'il peut le faire).

Si vous avez des conseils en la matière je suis preneuse, peu importe lesquels, si vous êtes déjà passés par la (le deuil de votre conjoint ou ce que vous auriez aimé qu'on vous dise/fasse si vous en avez vécu un vous même). J'avoue que je suis un peu perdu...

Enfin voilà, désolée pour le pavé mais il faut que ça sorte...

Merci beaucoup de m'avoir lue et bonne fin de nuit à vous.
.
Je pense qu'il se lâchera de lui même.
Après avoir perdue deux amis une à 15 ans et l'autre l'année passée et deux grands mères chacune décédée à 11000km l'une de l'autre mais à 2 jours l'un de l'autre je peux te dire qu'il faut du temps.
Tu es là il apprécies déjà. Ta présence est déjà beaucoup.
Quand il aura besoin il saura que tu es là. Et je pense que comme moi. Une fois toutes ces démarches passées, il se lâchera et aura besoin de tes bras ^^
Surtout la dernière image. J'ai vue des choses que je n'aurais pas du voir également. Et ça ça reste. Ça entretiens l'aspect de "ce n'est pas réél je vais me réveiller"
Coucou,

Quand j'ai rencontré mon mari il y a 6 ans sa maman était gravement malade. Il lui restait 3 mois à vivre et elle est parti en 3 semaines... Lors de l'annonce il était tout seul, j'étais au boulot, j'ai pris mon après-midi pour être avec lui...et ses 4 frères et soeurs puis son Papa. Il est parti 3 jours pour l'enterrement au Portugal, j'étais triste de le savoir si malheureux et loin de moi, je me sentais impuissante face à son chagrin.. Je me suis imaginée à sa place si j'avais perdu ma maman.. ( Rien que d'en parler j'en ai les larmes aux yeux :cry: ).
Aujourd'hui, on parle de sa maman en gardant les bons souvenirs. Pendant 6 ans je lui ai fait parler d'elle pour que sa mort ne soit pas un tabou. J'étais là pour lui comme il était là pour moi quand j'ai perdu mon grand-père.

Le chagrin devient moins fort avec le temps, soutiens-le et parle de son Papa avec lui il finira par en parler ;)
5 ans d'essai..7 Ans d''amour ! Mari et femme depuis le 10 Juillet 2010 ! Je t'aime ! ♥♥

Fiv 1 : négatif
Fiv 2 : positif mais fc.. dur dur
Je pense que tu fais déjà les bonnes choses , je te trouve très bien avec lui et je trouve que tu as une réaction très claire et beaucoup de recul sur tout ça .

Comme l'ont dit les filles , il en viendra lui même à se lacher , voir a pleurer , a s'effondrer peut être mais je ne doute pas que tu seras à ses côtés pour le soutenir .

Ce qu'a dit Rachelgreen sur le fait de lui en faire parler souvent pour que sa mort ne soit pas un tabou est à mon avis très judicieux , il est nécéssaire qu'il ne reste pas " bloqué " sur cette dernière image mais qu'il réussisse à évoquer les bons moments , les anecdotes , les histoires qu'il a vécues avec son père .

J'ai deux exemples flagrants devant moi , quand mon père a perdu sa mère , ça a été un tel choc pour lui que nous n'en avons pas parlé , il s'est enfermé dans un mutisme qui a duré des mois et aujourd'hui encore il n'arrive pas à en parler si ce n'est parfois pour exprimer la souffrance qu'elle a vécu, sa mort est devenu un tabou absolu chez nous . Je crois qu'une partie de mon père est morte ce jour là et qu'il en restera à jamais changé .

Ma mère quand a elle a perdu sa mère également mais nous en avons beaucoup parlé , peut être parce que j'étais plus vieille je lui ai posé beaucoup de questions, nous évoquons souvent son souvenir et même ses histoires les plus folles ( je vais t'en raconter deux pour te faire sourire : ma grand-mère ne parlait pas très bien français et à l'annonce de son cancer le docteur lui a dit " nous allons vous faire une chimio " et là ma grand mère c'est insurgée en disant " QUOI ? Moi j'ai un cancer et tout ce que vous pensez à me faire c'est un CHIGNON ? " :lol: . Une autre fois , toujours atteinte du cancer elle a fait croire aux médecins qu'elle allait se promener dans le parc et s'est échappée de l'hôpital pour aller faire les magasins :lol: )

Enfin voilà tout ça pour te dire de lui laisser le temps , et quand il sera prêt de ne pas hésiter à lui faire évoquer de bons souvenirs qui viendront gommer cette image . Et surtout ne te sens pas coupable de ne pas lui avoir empêché d'entrer dans la chambre , peut être que si il n'avait pas vu il aurait regretté toute sa vie de ne pas y être allé
Coucou,
Je pense que c'est normal qu'il ne parle pas tout de suite (enfin ça, ça dépend des gens...). J'ai perdu mon père il y a un an, en ce qui me concerne, comme il était malade, j'ai pu lui dire au revoir.
Le choc est très récent, il faut que les choses se décantent, peut être que l'enterrement l'aidera à assimiler le décès. POur moi entre le décès et l'enterrement il y a eu tellement de choses à faire que je me suis mise en "pilote automatique" et c'est seulement quand je suis rentrée chez moi que j'ai réalisé. J'ai eu du mal à en parler sûrement à cause d'un trop plein d'émotions. Il doit etre perdu, et tu réagis très bien. Laisse lui le temps, dis lui juste que tu seras là pour lui quand il seras prêt à s'ouvrir.
Quant au fait qu'il ait vu son père tout de suite après le décès, même si tu avais réagit, peut être qu'il aurait insisté pour le voir. Par la suite, cette image va s'estompé et faire place aux souvenirs heureux.

Bon courage à vous.
Bonjour,

Comme te le dit tout le monde, laisses le aller à son rythme. De toute façon, tu le sais bien visiblement, quelqu'un qui est dans le déni doit venir petit à petit à la réalité. Ce que tu as l'air de faire d'ailleurs en lui permettant des moments d'écoute. Il ne dit rien mais le cheminement doit se faire tout de même dans sa tête.

En plus selon de quoi est mort son papa, les enjeux ne sont pas les mêmes. De la manière dont tu en parles j'ai l'impression que cette mort est peut être due à un suicide? Parce qu'aussi non je ne vois pas pourquoi tu nous parles de sang de partout. Ce n'est en aucun cas de la curiosité malsaine de ma part, mais étant infirmière, je sais que la mort d'un proche est plus ou moins difficile à vivre en fonction du contexte de ce décès.
J'ai été pendant quelques années IDE sapeur-pompier et selon la brutalité de l'image du défunt pour la famille, le processus de deuil est plus ou moins long selon les personnes.
Le mutisme dans lequel s'enferme ton compagnon est peut être le signe qu'il n'a toujours pas "digéré" le départ brutal de son papa et cette "vision" de le voir mort.

Tu as raison, dans ces cas là on ne sait pas trop quoi dire, quoi faire et on a toujours peur d'être maladroit. Je pense que ta présence auprès de lui, ton écoute, doivent déjà l'aider à passer un cap.

Bon courage à vous ;)
Maël, mon bébé d'amour né le 19 décembre 2009
Mon papa est mort brutalement en 1995. Le samedi soir il allait bien, le dimanche matin il était mort. Maman a eu le temps de nous appeler et j'ai pratiqué le massage cardiaque et la respiration artificielle sur mon papa, sans résultat puisque j'étais arrivée trop tard (5 minutes d'hypoxie et le cerveau est déjà détruit). Donc les circonstances ont été dures aussi.

Je me souviens que je ne cherchais pas particulièrement d'appui auprès de mon mari. Je me souviens lui avoir dit plusieurs fois "je vais dans la chambre, tu vas m'entendre pleurer mais ne viens pas". J'avais besoin d'être seule pour vider tout ça, pour parler à mon papa, pour crier à l'injustice. Je ne me souviens pas avoir eu particulièrement besoin de lui à ce moment là. Je le trouvais trop "étranger" pour entrer dans ma douleur. Elle n'était qu'à moi et maman, ce que j'attendais de lui c'est qu'il continue normalement et surtout je n'avais pas envie qu'il m'en parle, parce qu'en général les gens vous en parlent toujours au mauvais moment. Je sais ça parait plutôt dur comme attitude mais je l'ai vécu comme ça.

Je me souviens avoir été dans le déni. Parfois je disais que papa était parti depuis suffisamment longtemps et qu'il devait revenir maintenant. Mais je savais bien qu'il ne reviendrait pas. C'était juste pour m'accrocher à quelque chose. je m'en suis aussi longtemps voulu de ne pas avoir réussi à le ramener à la vie. Ca ne fait que deux ou trois ans que je sais que j'ai fait ce qu'il fallait, mais que c'était trop tard, et que je n'y suis pour rien.

Avec ma maman c'était différent, on se soutenait l'une l'autre. Maman a toujours eu une vision particulière de la mort, pour elle ce n'est qu'un passage et il ne faut surtout pas idéaliser la personne décédée, en faire un saint, vénérer sa mémoire. Elle dit qu'il faut le garder vivant dans sa mémoire pour qu'il continue à vivre en nous, mais il faut le garder comme il était, avec ses défants et ses qualités. Alors quand elle en parle ce n'est jamais triste, même maintenant. On se souvient des bons moments, de mon papa qui râlait, des blagues qu'on lui faisait (on changeait les meubles de place pendant qu'il était sorti, il avait horreur de ça :lol: ). Combien de fois on papote et on rigole comme des pipelettes et on se dit "si papa était là, on se ferait engueuler ! :lol: " (parce que quand on faisait ça dans la cuisine, il nous entendait du salon et il parait qu'on couvrait le son de la télé ! :lol: ). Grâce à sa façon de voir les choses, je sais que papa est toujours là, vivant pour nous deux. Ce n'est pas du déni. Elle dit "il ne faut pas dire qu'on vit sans lui, mais qu'on vit avec son absence".

Chacun vit la mort d'un proche différemment. Je crois qu'il faut être là pour montrer que la vie continue. Il faut que l'autre sache que s'il a envie de parler de la mort ds son proche, on l'écoutera, mais je ne crois pas qu'il faille forcément provoquer le dialogue. Ca doit venir de l'autre.
Toute chose prend sa source dans le voeu des hommes
laisse lui du temps, chacun son rythme, chacun ses réactions.. c'est parfois dur quand on est à côté

bon courage à vous deux :idea: ;)
Bonsoir!

Tout d'abord merci beaucoup de vos réponses, de vous être ouvertes, ça m'a touchée. Je suis sincèrement désolée pour vos pertes respectives. Même plusieurs années après, il y a toujours un vide...

Pour ce soir je ne sais pas, je ne me sens pas bien. J'ai l'impression que cette épreuve lui semble insurmontable. Hier, comme il a du mal à parler mais que je voyais bien que quelque chose devait sortir je lui ai demandé d'écrire ce qu'il ressentait. Pas forcément pour me le faire lire, mais pour lui. Ce matin je l'ai trouvé en larmes devant son ordinateur. Il l'a laissé devant moi en me disant de le lire et est parti dans la salle de bain. Il avait écrit une magnifique lettre à son père. Je lui ai suggéré de la finir, de l'écrire à la main sur du joli papier et de la mettre à côté de son père quand on le verra. L'idée semble le réconforter.

Il est tellement vulnérable malgré ses efforts pour le cacher... Tout à l'heure il m'a demandé de rester à côté de lui le temps qu'il s'endorme... J'avoue être très déstabilisée par cette situation. D'autant plus que depuis nos 3 ans et demi de couple, c'est toujours moi qui faisait ce genre de demande... Je ne me sens pas à l'aise dans cette situation ou j'essaie d'être forte, parce que je ne le suis pas. Je ne lui montre pas en ce moment bien évidemment, je fais tout pour cacher mes larmes et qu'il ne voit pas les moments où je flanche. Je veux me montrer à la hauteur de ce qu'il a été pendant ces 3 dernières années. Mais c'est très dur.

Et il n'y a qu'ici que je puisse vraiment me confier, au risque de passer pour une égoiste à travers tous mes propos mais peut importe, au moins ici je peux dire ce que je pense.

J'ai déjà vécu plusieurs deuils, mais lui et moi sommes tellement différents. Des choses qui me rassureraient le font pleurer, au point que je ne dise plus que des choses assez neutres. Il parle un peu plus, alors je pose des questions assez espacées pour ne pas le heurter ou lui donner l'impression de le harceler.

Sinon tout à l'heure je suis sortie avec une copine pour en discuter. Ca m'a fait beaucoup de bien, mais tout le temps ou j'étais dehors je ne pensais qu'à une chose: je culpabilisais de le laisser tout seul à déprimer pendant que j'essayais de m'amuser un peu... Mais la vie doit continuer. De plus j'ai essayé d'être le plus clair possible, en lui disant que ce n'est pas parce que je sortais avec des copines ou que je rigolais par exemple que j'ai oublié son père, ou que je n'ai plus de peine. Il m'a très bien comprise et l'accepte, tout comme le fait que je parle à mon père au téléphone devant lui (en même temps c'est pour me disputer violemment avec lui ^^ ).

Enfin voilà beaucoup de choses contradictoires. Tout le monde me répète que mon couple en sortira plus soudé. Je ne sais pas. Peut être n'en sortirons-nous pas? Peut être que cette situation sera trop dure à gérer pour lui comme pour moi? Loin de moi l'idée de vouloir le quitter, mais personne ne sait de quoi demain sera fait...

Bref je vais arrêter là je vous ai déjà donné beaucoup de lecture mdr! Merci
.
Je te trouve loin d'être égoïste, moi. :oops:

Tu fais ce qu'il faut à mon avis.
Tu restes près de lui et je suis certaines qu'il apprécie.

Après, c'est certain que ce genre de situation est très difficile, courage!

C'est sur que pour moi, si votre couple passe cela, vous en ressortirez soudés.

En tout cas, n'hésite pas à parler, pour te décharger un peu.
Toujours plus haut!
Je trouve que tout ce que tu as fait jusqu'à présent était à ce qu'il me semble, ce qu'il fallait faire.

Après, les larmes... De mon point de vue il vaut mieux qu'il pleure, qu'il les laisse couler plutot qu'il les retienne.
La douleur rentrée est beaucoup plus destructrice :cry:

J'espère de tout coeur que cet épisode va vous rapprocher, et qu'il arrivera a vivre avec ce deuil.
Je crois que si (quand?) l'un de mes parents décedait, je deviendrais hystérique de douleur pendant un bon bout de temps.
Alors je compatis...

Courage :kiss:
Je ne pense pas trop m'avancer si je te dis que la communauté VLR est là pour te soutenir au besoin :)
Il y a 10 types de personnes.
- Celles qui comprennent le binaire
- Et les autres.
lovetemptation a écrit :Bonsoir!

Tout d'abord merci beaucoup de vos réponses, de vous être ouvertes, ça m'a touchée. Je suis sincèrement désolée pour vos pertes respectives. Même plusieurs années après, il y a toujours un vide...

Pour ce soir je ne sais pas, je ne me sens pas bien. J'ai l'impression que cette épreuve lui semble insurmontable. Hier, comme il a du mal à parler mais que je voyais bien que quelque chose devait sortir je lui ai demandé d'écrire ce qu'il ressentait. Pas forcément pour me le faire lire, mais pour lui. Ce matin je l'ai trouvé en larmes devant son ordinateur. Il l'a laissé devant moi en me disant de le lire et est parti dans la salle de bain. Il avait écrit une magnifique lettre à son père. Je lui ai suggéré de la finir, de l'écrire à la main sur du joli papier et de la mettre à côté de son père quand on le verra. L'idée semble le réconforter.

Il est tellement vulnérable malgré ses efforts pour le cacher... Tout à l'heure il m'a demandé de rester à côté de lui le temps qu'il s'endorme... J'avoue être très déstabilisée par cette situation. D'autant plus que depuis nos 3 ans et demi de couple, c'est toujours moi qui faisait ce genre de demande... Je ne me sens pas à l'aise dans cette situation ou j'essaie d'être forte, parce que je ne le suis pas. Je ne lui montre pas en ce moment bien évidemment, je fais tout pour cacher mes larmes et qu'il ne voit pas les moments où je flanche. Je veux me montrer à la hauteur de ce qu'il a été pendant ces 3 dernières années. Mais c'est très dur.

Et il n'y a qu'ici que je puisse vraiment me confier, au risque de passer pour une égoiste à travers tous mes propos mais peut importe, au moins ici je peux dire ce que je pense.

J'ai déjà vécu plusieurs deuils, mais lui et moi sommes tellement différents. Des choses qui me rassureraient le font pleurer, au point que je ne dise plus que des choses assez neutres. Il parle un peu plus, alors je pose des questions assez espacées pour ne pas le heurter ou lui donner l'impression de le harceler.

Sinon tout à l'heure je suis sortie avec une copine pour en discuter. Ca m'a fait beaucoup de bien, mais tout le temps ou j'étais dehors je ne pensais qu'à une chose: je culpabilisais de le laisser tout seul à déprimer pendant que j'essayais de m'amuser un peu... Mais la vie doit continuer. De plus j'ai essayé d'être le plus clair possible, en lui disant que ce n'est pas parce que je sortais avec des copines ou que je rigolais par exemple que j'ai oublié son père, ou que je n'ai plus de peine. Il m'a très bien comprise et l'accepte, tout comme le fait que je parle à mon père au téléphone devant lui (en même temps c'est pour me disputer violemment avec lui ^^ ).

Enfin voilà beaucoup de choses contradictoires. Tout le monde me répète que mon couple en sortira plus soudé. Je ne sais pas. Peut être n'en sortirons-nous pas? Peut être que cette situation sera trop dure à gérer pour lui comme pour moi? Loin de moi l'idée de vouloir le quitter, mais personne ne sait de quoi demain sera fait...

Bref je vais arrêter là je vous ai déjà donné beaucoup de lecture mdr! Merci


Alors autant je n'ai pas d'expérience personnelle concernant la mort d'un proche qui puisse t'être utile, mais je dois juste te dire que je comprends la partie "couple" de ton histoire.
La mère de mon copain est à l’hôpital, avec une tumeur cérébrale pour laquelle les médecins sont très loin d'être optimistes. Et pour nous qui vivons à 1h30 de chez eux, c'est arrivé très soudainement ; un jour on pense que tout va bien, mon copain appelle pour prendre des nouvelles de sa famille, et on lui répond que sa mère est à l’hôpital, avec une tumeur cérébrale, qu'ils viennent de l'opérer et quand on va la voir 2 jours plus tard, elle ne reconnaît plus ses propres enfants ou son mari et nous parle des machines à laver qu'elle voit sur les murs et du repas qu'elle a pris avec son père (décédé).

Alors oui, elle n'est pas morte, mais disons que pour lui, ça revient un peu au même, il doit faire le deuil de sa mère telle qu'il l'a connu ...
Et moi, j'assiste à tout ça, et je ne sais pas quoi faire.

C'est difficile de trouver les mots juste pour en parler, parce que finalement on ne sait pas ce qui pourrait le faire aller mieux.
Et pour ce qui est d'être "égoïste", là aussi ça me rappelle quelqu'un :lol:
Mais ce qu'il faut se dire, c'est qu'on ne peut pas totalement s'oublier pour l'autre, et quand bien même on y arrive, on risque d'en souffrir et de le reprocher un jour à l'autre, ou simplement d'en garder une blessure qui risque de faire souffrir le couple par la suite.
Il est important que tu sois là pour lui, mais ne cherche pas à être une sorte de mur immuable sur lequel il pourrait s'appuyer à volonté ; reste toi-même surtout (si tu changes d'attitude du jour au lendemain, ça risque juste de le perturber encore plus, tu es un repère pour lui), et ne culpabilise pas de vivre toi aussi. Au contraire, tu es celle qui pourra le ramener à une vie normale par la suite, en restant "pleine de vie". C'est plus ce rôle-là que je vois aux conjoints de gens qui subissent un deuil ...
Accepte les paiements par Paypal, chèque ou virement bancaire ...
Je peux comprendre que tu aies l'impression de ne pas savoir quoi dire ni quand parler, je me demande d'ailleurs s'il y a de bons mots et un bon moment, comme l'expliquait Patty...

Je trouve que tu t'en sors bien, puisqu'il a écrit cette lettre, c'est plutôt un pas en avant, non ?

Tu sais, quand la grand-mère de mon fiancé est décédée, je n'étais pas près de lui, on se parlait juste au téléphone les premiers jours, c'était difficile de savoir quoi dire car il l'aimait vraiment beaucoup. Alors je disais rien, de savoir que j'étais là, au bout du fil, à l'écouter respirer ça lui faisait une présente rassurante, et puis je plaisantais aussi un peu, des petites blagues faciles, déjà faites 1000 fois, qui rassurent (évidemment sur d'autres sujets). Je rejoins donc lwena, quand elle dit que c'est bien de rester pleine de vie. Perdre quelqu'un, ça donne l'impression de mourir un peu. Tu représentes l'autre pôle, si l'on veut, il va revenir peu à peu vers la vie, vers toi.

Ensuite, ce qui peut vraiment être d'un grand secours et toujours bienvenu je pense, c'est de le prendre dans tes bras. Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit, c'est juste un geste de chaleur qui lui fera sans doute du bien.
la beau té de la vie pas se la dou leur de mou rir
je culpabilisais de le laisser tout seul à déprimer pendant que j'essayais de m'amuser un peu...


Tu n'as pas à culpabiliser. Tu vis aussi de ton côté comme avant ce deuil. Il a besoin de temps tout seul aussi. Et surtout tu as besoin de changer d'air pour être plus forte à ses côtés. C'est un besoin tout à fait naturel. Et je te conseille de sortir un peu de prendre du temps. Tu n'en seras que plus forte lorsque tu rentreras chez toi.
Pour votre couple pour l'instant il doit te sembler être mis en pause. C'est normal aussi. Mais je trouve déjà que tu es très forte. Tu es présente quand il en a besoin et tu le laisses faire son deuil. Chacun le vis différemment et je trouve que tu t'en sors bien :)
il faut laisser le temps au temps ! sa perte est tres tres recente, et au vu de ce qu il a vu en plus, tu dois lui laisser le temps d avaler, de digerer, de comprendre et de savoir ce qu il va faire de tout ca . soit juste là, mais n insiste pas autant pour essyaer de le faire parler, tu risque de le braquer. vas y surement mais doucement . ne culpabilise pas, mais accompagne le, suis le, sois là, mais n insiste pas, il risquerait de te le reprocher plus tard ...
ce n' est pas parcequ' on est aurégime qu'on ne peut pas regarder le menu, et des fois, il faut y gouter pour ne pas mourir idiot...
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