C'est marrant de lire ce forum parce que j'ai toujours pensé que le régime était la solution miracle à mes problèmes.
Je ne me souviens pas d'une époque où je n'ai pas été au régime : j'ai des souvenirs de pesées "forcées" quand j'avais 8-9 ans pour cause de refus devant l'obstacle, de tentatives de la part de mes parents qui n'avaient pour seule conséquence que de m'encourager à manger dans leur dos de rage, de visites chez le diététicien vécues comme une humiliation. En lisant les posts, j'ai pu mettre un nom sur ce dont j'ai longtemps souffert : l'hyperphagie. Ma mère a fait de l'anorexie étant jeune et mon père fait de la boulimie, donc chez moi, les TCA remontent à loin.
J'ai vécu l'adolescence comme une période difficile puisque j'étais dotée de ce qui était pour moi le "grand chlem" : acné, lunettes, appareil dentaire et surpoids. Je parle de tout ça au passé, parce qu'il y a trois ans,(après l'acquisition de lentilles de contacts, l'élimination des boutons et de l'appareil), j'ai décidé que puisque ça n'allait toujours pas mieux, il fallait se débarasser du dernier obstacle.
J'ai donc perdu 22 kilos en deux phases, la première il y a deux ans et la deuxième cette année. Si régime=solution miracle, ça devrait aller mieux, pas vrai? Pourtant, je me retrouve à faire le constat inverse : je n'ai jamais été aussi mal que depuis que j'ai maigri. Je suis cyclothymique et ça ne fait que s'aggraver, et j'ai en plus gagné aujourd'hui un rapport encore plus malsain avec la nourriture : je m'interdis une liste d'aliments interminable, j'ai des remords et envie de vomir à chaque fois que je mange, et la simple pensée de remanger normalement me terrifie (là , par exemple, je rêve d'un peu de Nutella mais c'est pas possible
). J'ai l'impression d'être monstrueuse, j'ai une vision de moi complètement déformée. Ca va mal, ça va même très mal et je ne sais même plus comment m'en sortir (donc en fait, je n'assume pas).
A ne plus manger que de la viande et des légumes, je me suis pourri la vie. Donc je demande à ceux/celles qui liront ce message de ne surtout pas suivre mon exemple. Le pire dans tout ça, c'est que j'avais plus d'"intéressés" quand j'étais plus grosse, parce que j'allais mieux, je me moquais plus du regard des autres et que ça se voyait. Par contre dans ma famille tout le monde est fier de moi parce que je suis enfin (presque) mince, et personne ne comprend que je me suis gagné ça au prix d'une ribambelle d'autres problèmes. J'ai la chance d'avoir un métabolisme assez stable pour que lorsque je remange normalement (comme ça a été le cas pendant un an entre mes deux "phases"), je ne regrossisse pas (j'avais pris un kilo en tout), mais je sais que si je continue comme ça, je vais me le bousiller.
Donc, en version short pour ceux qui préfèrent s'éviter ce pavé : j'aurais préféré entendre parler de rééducation alimentaire avant de me pourrir la vie.
Je ne me souviens pas d'une époque où je n'ai pas été au régime : j'ai des souvenirs de pesées "forcées" quand j'avais 8-9 ans pour cause de refus devant l'obstacle, de tentatives de la part de mes parents qui n'avaient pour seule conséquence que de m'encourager à manger dans leur dos de rage, de visites chez le diététicien vécues comme une humiliation. En lisant les posts, j'ai pu mettre un nom sur ce dont j'ai longtemps souffert : l'hyperphagie. Ma mère a fait de l'anorexie étant jeune et mon père fait de la boulimie, donc chez moi, les TCA remontent à loin.
J'ai vécu l'adolescence comme une période difficile puisque j'étais dotée de ce qui était pour moi le "grand chlem" : acné, lunettes, appareil dentaire et surpoids. Je parle de tout ça au passé, parce qu'il y a trois ans,(après l'acquisition de lentilles de contacts, l'élimination des boutons et de l'appareil), j'ai décidé que puisque ça n'allait toujours pas mieux, il fallait se débarasser du dernier obstacle.
J'ai donc perdu 22 kilos en deux phases, la première il y a deux ans et la deuxième cette année. Si régime=solution miracle, ça devrait aller mieux, pas vrai? Pourtant, je me retrouve à faire le constat inverse : je n'ai jamais été aussi mal que depuis que j'ai maigri. Je suis cyclothymique et ça ne fait que s'aggraver, et j'ai en plus gagné aujourd'hui un rapport encore plus malsain avec la nourriture : je m'interdis une liste d'aliments interminable, j'ai des remords et envie de vomir à chaque fois que je mange, et la simple pensée de remanger normalement me terrifie (là , par exemple, je rêve d'un peu de Nutella mais c'est pas possible
A ne plus manger que de la viande et des légumes, je me suis pourri la vie. Donc je demande à ceux/celles qui liront ce message de ne surtout pas suivre mon exemple. Le pire dans tout ça, c'est que j'avais plus d'"intéressés" quand j'étais plus grosse, parce que j'allais mieux, je me moquais plus du regard des autres et que ça se voyait. Par contre dans ma famille tout le monde est fier de moi parce que je suis enfin (presque) mince, et personne ne comprend que je me suis gagné ça au prix d'une ribambelle d'autres problèmes. J'ai la chance d'avoir un métabolisme assez stable pour que lorsque je remange normalement (comme ça a été le cas pendant un an entre mes deux "phases"), je ne regrossisse pas (j'avais pris un kilo en tout), mais je sais que si je continue comme ça, je vais me le bousiller.
Donc, en version short pour ceux qui préfèrent s'éviter ce pavé : j'aurais préféré entendre parler de rééducation alimentaire avant de me pourrir la vie.
