C'est vrai que c'est une belle question.
Comme dit précédemment, je pense que le vrai bonheur est nécessairement quelque chose d'éphémère, car dû à des conditions particulières.
Si ces conditions n'étaient pas particulières, elles deviendraient donc la norme et ne pourraient plus prétendre à cette définition du vrai bonheur.
Il est assez difficile par contre d'avoir pleine conscience du bonheur au présent.
Je pense que cette sensation est généralement associée à quelque chose de passé.
Lorsque l'on a du recul sur un évènement, avec plus de clés en main pour l'analyser,
on se rend beaucoup plus compte de sa valeur et de ce que ça nous a apporté.
Il est en effet plus courant de se dire : "C'était vraiment une bonne journée aujourd'hui" le soir venu,
que de penser au beau milieu de l'après-midi : "Wouah je passe vraiment une bonne journée là !"...
Si c'est plus rare, ça ne veut pas dire que c'est impossible non plus pour autant.
Mais surtout, ça n'enlève rien au fait que l'on a vécu ce bonheur à un moment donné.
Qu'on en ait eu réellement conscience sur le moment ne change pas son intensité.
Parce qu'inconsciemment nous le savions et nous en étions probablement heureux.
Et les bonheurs, même en souvenirs, restent des morceaux de bien-être qui nous redonnent le sourire.
Il est d'ailleurs judicieux parfois dans un couple de se replonger dans les souvenirs du début, pleins de passion,
pour pouvoir regarder son conjoint avec plus d'amour et d'indulgence, nourri par ces bonheurs passés ensemble.
Mais il arrive aussi que cette propension à ne ressentir vraiment le bonheur qu'après coup puisse devenir problématique.
Qui ne s'est jamais retourné sur une histoire d'amour en se disant : "Merde c'était quand même génial, on aurait dû s'accrocher..." ?
La maturité comprend certainement une capacité à percevoir le bonheur sur le moment lorsqu'il pointe
son nez pour agir en conséquence, gérer ses émotions, et ainsi limiter les déceptions et les regrets.
Enfin... le "problème" principal du bonheur c'est qu'il reste finalement indéfinissable.
Il dépend de tellement de paramètres que c'est une notion qu'on ne peut pas mettre en cage.
La définition la plus juste que l'on pourrait lui donner serait selon moi : "Être profondément en accord avec soi-même".
Parce que cette phrase peut inclure en son sein les mêmes paramètres que ceux du bonheur.
Et parce qu'il n'y a rien de plus agréable que de se sentir parfaitement à sa place, au bon moment au bon endroit.

The shadow proves the sunshine.