Je suis tellement triste ce matin, à cause d'un truc que m'a sorti mon chéri.
Bon y'a une petite introduction avant d'entrer dans le vif du sujet : mon chéri s'est mis en tête depuis quelques jours de suivre le régime Dukan (un truc sur lui : la base de son alimentation consiste en des frites et du poulet cuit dans 20 cm d'huile... Donc le voir faire un régime relève de la science fiction) parce que sa collègue de travail (mademoiselle pouf blonde à gros sein) a perdu 20 kg "sans effort" grâce à ça. Hier, je lui achète donc les bouquins (beurkkk 12 euros dans la poche de cet arnaqueur) et je vais faire les courses après le travail. Je lui achète des yaourts, mais je me suis plantée, j'ai pas pris des 0%. De retour à la maison, je range, lui tombe sur les yaourts et commence à râler parce que ce ne sont pas ceux qui faut etc. Je commence à lui expliquer que les yaourt 0% c'est de la connerie, surtout s'ils sont faits avec du lait écrémé. Je lui dit "j'ai fait suffisamment de régime pour savoir ça". Et là il me sort "ouais, ben on voit le résultat."
Et voilà le drame.
En tant que tel, cette phrase n'a pas une grande importance. Il n'a pas tout à fait tort. Je mesure 1m60, je pèse 83 kg, je fais du 48, sur le fond, il a raison. Mais quand il m'a dit ça, j'ai senti quelque chose se casser en moi. C'est moins sa phrase que ses yeux. Dans ses yeux, j'ai revu tout le mépris qui m'entourait quand j'étais au collège ou au lycée, c'était le yeux de tous ces types qui me jaugeaient comme si j'étais une bête curieuse, juste parce que j'avais des kilos en trop.
Mon chéri ignore tout ça. Il ne sait pas que ma vie a été un enfer de mes 11 ans à mes 23. Il ne sait pas que chaque jour amenait son petit lot d'humiliation, que chaque soir quand je rentrais, je vidais le frigo en pleurant et en m'empiffrant, pour tenter de trouver un peu de réconfort. Il ne sait pas que la nourriture était une "amie" qui m'entraînait chaque jour vers le bas. Il ne sait pas en gros, pourquoi je suis grosse. Lui est gros parce qu'il n'aime pas le sport et aime un peu trop la bonne bouffe. Il pense que c'est la même chose pour moi, qu'avec de la volonté et un régime bien difficile, je maigrirais. Il ne sait pas que j'ai été malade, pendant 12 ans, malade de la bouffe. Il ne sait pas que j'ai dû aller voir un psy, que je me considère comme guérit aujourd'hui, mais que l'équilibre est fragile. Je ne veux plus faire de régime, ça non. Je sais trop le mal qu'ils m'ont fait.
Je ne parle jamais de cette période de ma vie à mes proches. Même mes parents et mes frères n'en savent rien, alors même qu'ils vivaient avec moi pendant mon hyperphagie. Je pense que ma mère avait des doutes, mais elle n'a jamais pris la chose au sérieux. Je crois toujours, c'est horrible, que j'aurais mieux fait d'être anorexique. Au moins, on aurait reconnu mon problème, on n'y aurait pas vu un simple manque de volonté et de courage.
Quand il m'a sorti cette phrase, tout est remonté à la surface, j'étais immensément triste. Je croyais être tombé sur un type suffisamment bien pour passer par dessus "ça", mon poids. Et en fait, je me suis juste aperçue que mon chéri ne valait pas mieux que les autres. Il sait que je suis tatillonne sur ce point là , il sait qu'il peut me dire que je suis grosse, ronde tout ce qu'on veut, mais il sait également qu'il ne faut pas mentionner le mot régime devant moi. Actuellement, je suis une rééducation alimentaire, pour lui faire plaisir et redevenir un peu plus ferme. C'est le maximum pour moi. Je me plais comme je suis, je ne veux plus imposer à mon corps ces horreurs de régime.
Reste que depuis hier, j'ai les larmes aux yeux. J'ai très mal pris cette phrase, il m'a blessé. J'aimerais lui expliquer pourquoi, mais je sais d'avance qu'il ne comprendra pas. Personne n'a jamais compris autour de moi. En même temps, je ne sais pas comment réagir. J'aimerais qu'il comprenne qu'il m'a fait mal, qu'il est allé trop loin. Il s'est excusé, mais j'ai senti qu'en gros c'était juste pour avoir la paix, parce qu'il voyait que j'étais bouleversée (c'était pas trop difficile, j'ai chialé pendant une heure). En même temps, ça m'emmerde de me mettre dans des états pareils pour cette simple phrase. Ca me prouve que je suis toujours fragile, que l'équilibre est toujours précaire et ça, ça me gène. j'aime à croire que je suis plus forte aujourd'hui. Et puis, je me mets à la place de mon chéri qui déclenche ce genre de réaction sans comprendre. J'attends de lui qu'il joue au surhomme sur le petit parcours du combattant que j'ai construit pour lui. Sauf que si je ne lui explique pas comment franchir les obstacles, il se casse la figure et c'est bien normal.
Enfin bref... Ce message n'attend pas vraiment de réponse (quoique...), mais j'avais besoin de vider mon sac et je sais que VLR est toujours là pour ça.
Merci de m'avoir lu...
Bon y'a une petite introduction avant d'entrer dans le vif du sujet : mon chéri s'est mis en tête depuis quelques jours de suivre le régime Dukan (un truc sur lui : la base de son alimentation consiste en des frites et du poulet cuit dans 20 cm d'huile... Donc le voir faire un régime relève de la science fiction) parce que sa collègue de travail (mademoiselle pouf blonde à gros sein) a perdu 20 kg "sans effort" grâce à ça. Hier, je lui achète donc les bouquins (beurkkk 12 euros dans la poche de cet arnaqueur) et je vais faire les courses après le travail. Je lui achète des yaourts, mais je me suis plantée, j'ai pas pris des 0%. De retour à la maison, je range, lui tombe sur les yaourts et commence à râler parce que ce ne sont pas ceux qui faut etc. Je commence à lui expliquer que les yaourt 0% c'est de la connerie, surtout s'ils sont faits avec du lait écrémé. Je lui dit "j'ai fait suffisamment de régime pour savoir ça". Et là il me sort "ouais, ben on voit le résultat."
Et voilà le drame.
En tant que tel, cette phrase n'a pas une grande importance. Il n'a pas tout à fait tort. Je mesure 1m60, je pèse 83 kg, je fais du 48, sur le fond, il a raison. Mais quand il m'a dit ça, j'ai senti quelque chose se casser en moi. C'est moins sa phrase que ses yeux. Dans ses yeux, j'ai revu tout le mépris qui m'entourait quand j'étais au collège ou au lycée, c'était le yeux de tous ces types qui me jaugeaient comme si j'étais une bête curieuse, juste parce que j'avais des kilos en trop.
Mon chéri ignore tout ça. Il ne sait pas que ma vie a été un enfer de mes 11 ans à mes 23. Il ne sait pas que chaque jour amenait son petit lot d'humiliation, que chaque soir quand je rentrais, je vidais le frigo en pleurant et en m'empiffrant, pour tenter de trouver un peu de réconfort. Il ne sait pas que la nourriture était une "amie" qui m'entraînait chaque jour vers le bas. Il ne sait pas en gros, pourquoi je suis grosse. Lui est gros parce qu'il n'aime pas le sport et aime un peu trop la bonne bouffe. Il pense que c'est la même chose pour moi, qu'avec de la volonté et un régime bien difficile, je maigrirais. Il ne sait pas que j'ai été malade, pendant 12 ans, malade de la bouffe. Il ne sait pas que j'ai dû aller voir un psy, que je me considère comme guérit aujourd'hui, mais que l'équilibre est fragile. Je ne veux plus faire de régime, ça non. Je sais trop le mal qu'ils m'ont fait.
Je ne parle jamais de cette période de ma vie à mes proches. Même mes parents et mes frères n'en savent rien, alors même qu'ils vivaient avec moi pendant mon hyperphagie. Je pense que ma mère avait des doutes, mais elle n'a jamais pris la chose au sérieux. Je crois toujours, c'est horrible, que j'aurais mieux fait d'être anorexique. Au moins, on aurait reconnu mon problème, on n'y aurait pas vu un simple manque de volonté et de courage.
Quand il m'a sorti cette phrase, tout est remonté à la surface, j'étais immensément triste. Je croyais être tombé sur un type suffisamment bien pour passer par dessus "ça", mon poids. Et en fait, je me suis juste aperçue que mon chéri ne valait pas mieux que les autres. Il sait que je suis tatillonne sur ce point là , il sait qu'il peut me dire que je suis grosse, ronde tout ce qu'on veut, mais il sait également qu'il ne faut pas mentionner le mot régime devant moi. Actuellement, je suis une rééducation alimentaire, pour lui faire plaisir et redevenir un peu plus ferme. C'est le maximum pour moi. Je me plais comme je suis, je ne veux plus imposer à mon corps ces horreurs de régime.
Reste que depuis hier, j'ai les larmes aux yeux. J'ai très mal pris cette phrase, il m'a blessé. J'aimerais lui expliquer pourquoi, mais je sais d'avance qu'il ne comprendra pas. Personne n'a jamais compris autour de moi. En même temps, je ne sais pas comment réagir. J'aimerais qu'il comprenne qu'il m'a fait mal, qu'il est allé trop loin. Il s'est excusé, mais j'ai senti qu'en gros c'était juste pour avoir la paix, parce qu'il voyait que j'étais bouleversée (c'était pas trop difficile, j'ai chialé pendant une heure). En même temps, ça m'emmerde de me mettre dans des états pareils pour cette simple phrase. Ca me prouve que je suis toujours fragile, que l'équilibre est toujours précaire et ça, ça me gène. j'aime à croire que je suis plus forte aujourd'hui. Et puis, je me mets à la place de mon chéri qui déclenche ce genre de réaction sans comprendre. J'attends de lui qu'il joue au surhomme sur le petit parcours du combattant que j'ai construit pour lui. Sauf que si je ne lui explique pas comment franchir les obstacles, il se casse la figure et c'est bien normal.
Enfin bref... Ce message n'attend pas vraiment de réponse (quoique...), mais j'avais besoin de vider mon sac et je sais que VLR est toujours là pour ça.
Merci de m'avoir lu...
Milla, ma petite nièce devenue notre ange, tu nous manque...
Pour la Bav, il va de soi que tout sera lavé et repassé avant d'être envoyé....
Pour la Bav, il va de soi que tout sera lavé et repassé avant d'être envoyé....
