Bonjour.
Précisons tout d'abord que ce post contient du matériel pouvant choquer les personnes se positionnant contre l'avortement.
Mon but ici n'est pas de poser le pour ou contre l'avortement, d'en débattre et de créer une polémique. Le but est davantage de vous exposer ma situation, mes craintes et de récolter des avis et pourquoi pas discuter des expériences d'autres.
A 135 kilos, près de trente ans, mon couple va bien.
Nous ne nous sommes jamais projetés dans le désir d'enfant.
Mon mari est plus jeune que moi, bénéfice de contrats de travail instables.
Quant à moi, en plus d'être une femme très ronde, je souffre d'une maladie qu'on appelle la fibromyalgie.
La fibromyalgie, pour celles et ceux qui ne connaissent pas ce terme, est une maladie dont les causes sont assez peu connues. On parle de souci hormonal, de gènes, de choc psychologique...
Elle peut survenir à tout âge et touche 2% de la population en général dans des pays "modernes".
Les symptômes sont : fatigue chronique, troubles du sommeil et de l'endormissement, douleurs persistantes et diffuses, crises de douleurs plus imposantes, syndrome du colon irritable, ...
Tout ceci est très théorique.
Voilà maintenant comment je vis ma fibromyalgie.
La mienne serait due à la violence familiale subie dans le courant des années 90, où je m'étais placée en situation d'hypervigilence par rapport aux "pétages de plombs" répétés de mon père.
Dès ces années, j'ai commencé à constater des pertes de concentration, des soucis de mémoire, des difficultés à suivre une conversation ou à comprendre ce qu'on me disait. De la brillante élève, je suis passée à l'élève moyenne en un rien de temps.
Souffrant déjà des séquelles d'une lordose, cyphose et de la maladie de Sheuermann (destruction totale ou partielle de certains disques intervertébraux), j'avais beaucoup de difficultés au niveau du dos.
Mais également une fatigue très intense, parfois des crampes dans le ventre, des baisses de tension pendant les règles.
Petit à petit et même après avoir quitté le domicile parental, d'autres symptômes sont apparus comme des difficultés à marcher une rue en pente, des soucis gastriques (nausées très fréquentes), des problèmes de concentration toujours de plus en plus grands, de l'insomnie assez imposante et un tas d'autres choses qui m'ont finalement petit à petit fait perdre pied.
Ne me demandez pas comment mais j'ai tout de même réussi à passer un diplôme supérieur tout en étant dans cet état.
C'est à 26 ans, quand je travaillais, que ma dose de stress a réaugmenté via un harcèlement moral sur mon lieu de travail.
Depuis, mon stress n'a jamais baissé et mes symptômes n'ont fait qu'empirer.
Je vous passerai les détails car ce texte ressemble de plus en plus à un roman mais ces dernières années, j'ai subi énormément de choses, ce harcèlement, la perte de grands-parents et d'autres proches, des conflits qui ont resurgi avec mes parents, ... bref la totale.
Après avoir vu psy, psychiatre, rhumatologue, nous sommes tombés d'accord sur le fait que je n'étais pas dépressive mais que ma situation globale n'était pas positive et me mettait dans une situation de stress quasi intenable pour un être humain moyen.
Il a donc fallu que je lâche la soupape. Ceci a été fait et bien fait étant donné que depuis mon diagnostic l'an dernier, je suis comme un zombie. Je dors très mal, j'ai des crises et des douleurs de plus en plus régulières. Mes douleurs sont parfois intenables et me font pleurer. J'ai également subi des douleurs du ventre qui étaient à tomber par terre avec baisse de tension et hypothermie dues à la douleur.
Bien entendu, faire reconnaitre la maladie par autrui n'a rien d'évident et les administrations n'aident pas. Mon mari a un travail mais des contrats précaires qui se finissent la semaine prochaine et nous ne savons pas ce qu'il sera de l'avenir. Les administrations poussent pour que je travaille alors que mon état de santé ne me le permet pas.
Tout d'abord car mes troubles du sommeil ne me donnent aucune régularité de vie. Impossible de dire si je pourrai être levée pour un rendez-vous à 10H00 du matin ou même parfois à 14H00. Je vis souvent aux heures américaines mais sans régularité aucune. Nous avons essayé les hypnotiques récemment qui ont donné de très bons résultats.
Je suis sous traitement à base de gabapentine, en gros, un "médicament" qui agit sur le cerveau pour inhiber certaines substances et permettre finalement moins de douleurs.
Nous avons également planifié de mettre en place des thérapies alternatives vu le manque de réponse hautement scientifique à la maladie. Entre autres, nous avons pensé à l'hypnothérapie.
Nous étions, mon époux et moi, très motivés à tenter de me remettre en forme à remuer ciel et terre pour espérer voir mon état s'améliorer.
Il faut dire que je ne vis qu'une demie-vie. Je prends cet exemple souvent : marcher dans la rue pour n'importe qui, c'est regarder les boutiques, c'est respirer l'air, regarder les tenues des gens éventuellement ou encore les voitures qui passent. Pour moi, c'est à chaque pas très douloureux, un enfer lorsque mes jambes sont touchées par la maladie. Parfois, c'est mon dos, parfois mon ventre. Je ne sais jamais prévoir ce qui se passera le lendemain.
Tout ce qui me reste est cette fatigue insoutenable et cet état de léthargie, de flottement dans lequel je me retrouve en fin de compte, sans doute car en étant à moitié crevée, il est moins difficile de faire face aux douleurs. C'est vrai, pour moi.
J'ai également oublié de mentionner mes migraines régulières qui peuvent durer jusqu'à trois jours.
Au sujet de la fibromyalgie, précisons-le, certains considèrent la maladie comme "imaginaire", nous serions toutes et tous des hystériques ou des personnes en manque d'attention ou encore des gens fainéants qui se cachent derrière une maladie fantaisiste. A vrai dire, si on prend le cas de maladies comme la sclérose-en-plaques, elle est bien réelle et pourtant, pendant des années, ses victimes ont été remises en question ce qui est encore plus douloureux car se battre pour un mieux-être et en plus faire face au jugement d'autrui n'a rien d'évident.
Et donc.................... dans tout ça.
Je suis enceinte.
Cinq semaines. Je n'ai jamais vraiment eu de désir d'enfant. Nous n'avons jamais vraiment essayé. Nous projetions une grossesse à "quand ça ira mieux".
Ceci signifie que je devais d'abord penser à essayer de faire en sorte de trouver un traitement adéquat à la maladie, à prendre soin de moi (chose qui a rarement été faite dans ma vie), à résoudre certains conflits psychologiques, à régler ma situation sociale PUIS à envisager éventuellement quand j'irais mieux une grossesse afin que celle-ci se passe dans des conditions correctes.
Nous avions mis en place des rendez-vous récemment pour tenter de refaire un peu de sport, essayer de me faire sortir de mon "trou", m'aider à me sortir de cette situation qui inclut des variables physiques et psychologiques.
Je me suis en effet assez bien "enterrée" seule ces dernières années suite à tout ce qui s'est passé.
Le désir de grossesse ou d'enfant, comme je le disais, n'est pas très présent. CAD que vu que je souffre énormément, prendre son temps était nécessaire. Nous nous protégions donc.
Mais voilà , pour des raisons inconnues, il y a cinq semaines, j'ai commencé mon aménorrhée et je ne sais pas ce qui a pu se produire mais j'ai ressenti des symptômes de grossesse.
Lundi, j'ai donc demandé à mon mari de passer à la pharmacie prendre un test.
Positif.
La réaction a été assez émotionnelle. Je ne savais si je devais être contente ou autre. Entre l'attente des autres, le désir de petit-enfant de ma mère et de mon père et ma propre santé, mon coeur balance. J'ai beaucoup pleuré, je ne m'étais jamais dit que ça arriverait si vite. J'ai également eu une réaction de nervosité intense se soldant chez moi par le rire. Mais ça ne représente pas réellement du bonheur. Plutôt de l'angoisse, chez moi.
Mon mari a de suite été inquiet et moi également. En effet, mon état de santé actuel nécessite la prise de médicaments lourds.
Evidemment, nous avons pensé à l'enfant. Nous avons essayé de nous projeter mais étant donné que ça fait près de trente ans que je ne me projette pas dans la grossesse, que très peu de personnes autour de moi sont tombées enceintes et que j'ai tenu un bébé une fois dans ma vie sans en être heureuse, je ne sais pas vraiment grand chose de tout cela bizarrement.
Egalement, j'étais assez craintive par rapport aux examens gynécologiques étant donné que ma mère m'a toujours dit "on fait ça quand on est enceinte, pas avant. Je n'avais donc jamais véritablement eu à subir d'examens etc.
Grande inconnue donc.
Il existe une part de moi qui désire garder l'embryon et le mener à terme. C'est un idéal...
Mais une partie de moi tente à être davantage réaliste et a peur. Excessivement peur.
Mon poids à lui seul n'est sans doute pas vecteur de grossesse difficile, non. Mais associé à la fibromyalgie et aux soucis liés au stress et à mon état psychique, ma grossesse risque de se passer très mal.
J'ai arrêté les médicaments de traitement de la fibromyalgie dès que j'ai su que j'étais enceinte sans doute par instinct de protection de l'embryon.
Ceci étant, mes douleurs sont dix fois plus fortes maintenant, je dors à peine quelques heures par nuit et mon état de santé est en train de se dégrader.
J'ai davantage l'impression d'être une sorte de marginale voire junkie plutôt qu'une future mère.
La question de l'avortement s'est posée assez rapidement étant donné que ni moi ni mon époux n'avons jamais été contre l'avortement quand les raisons de le faire sont compréhensibles (situations de détresse).
Je m'estime en détresse à l'heure actuelle et c'est la raison pour laquelle nous avons tenté de peser le pour et le contre.
Je ne suis malheureusement pas sûre de ma décision car une part de moi voudrait tenter l'aventure mais l'autre part souffre énormément.
La question qui se pose est donc "dois-je écouter mon corps et reporter éventuellement le projet bébé à plus tard ou dois-je tenter contre vents et marrées à porter cet enfant ?".
Ma maladie est déjà un chemin de croix. J'aurais voulu envisager une grossesse de manière plus sereine.
L'avortement en soi n'a rien d'idéal, il peut être culpabilisant mais je l'envisage sérieusement eut égard au fait que si ma santé ne va pas bien, comment puis-je gérer celle d'un embryon/foetus/bébé ?
A fortiori, comment gérer un accouchement alors que je ne me gère déjà pas moi-même ni mes douleurs?
Et comment s'imaginer s'occuper d'un enfant lorsqu'on n'arrive pas à s'habiller seule, à se lever parfois ?
Je n'ai plus aucune autonomie, je suis faite de douleurs et voilà ceci qui arrive, je suis partagée entre écouter mon corps et donc celui de l'embryon ou à faire preuve de "courage", un courage qui jusqu'ici ne m'a mené qu'à m'enfoncer.
Mon expérience de vie me dit que si j'avais écouté mon corps dans le passé, je ne serais sans doute pas arrivée à ce stade...
Finalement, il existe deux solutions :
- ou mener cette grossesse à terme pour des raisons de morale, de "pression sociale", pour l'envie éventuellement d'avoir un enfant, d'éventuellement défier mon propre corps (envie que je n'ai jamais mesurée), ...
- ou choisir d'écouter les cris mon corps, tenter de faire en sorte de le soigner et ensuite réenvisager une grossesse dans de bonnes conditions.
Entre les deux, mon coeur balance et ce depuis que ce premier test a été effectué, puis le test sanguin puis la première écho.
Et là , j'ai besoin non pas de l'approbation d'autrui ni d'engueulades à ce sujet car je sais que le sujet est sensible vu que beaucoup de femmes rondes font un chemin de croix aussi pour tomber enceinte.
Mais simplement de votre avis, de savoir si vous avez vécu une expérience similaire, ... etc.
Bref : help.
Précisons tout d'abord que ce post contient du matériel pouvant choquer les personnes se positionnant contre l'avortement.
Mon but ici n'est pas de poser le pour ou contre l'avortement, d'en débattre et de créer une polémique. Le but est davantage de vous exposer ma situation, mes craintes et de récolter des avis et pourquoi pas discuter des expériences d'autres.
A 135 kilos, près de trente ans, mon couple va bien.
Nous ne nous sommes jamais projetés dans le désir d'enfant.
Mon mari est plus jeune que moi, bénéfice de contrats de travail instables.
Quant à moi, en plus d'être une femme très ronde, je souffre d'une maladie qu'on appelle la fibromyalgie.
La fibromyalgie, pour celles et ceux qui ne connaissent pas ce terme, est une maladie dont les causes sont assez peu connues. On parle de souci hormonal, de gènes, de choc psychologique...
Elle peut survenir à tout âge et touche 2% de la population en général dans des pays "modernes".
Les symptômes sont : fatigue chronique, troubles du sommeil et de l'endormissement, douleurs persistantes et diffuses, crises de douleurs plus imposantes, syndrome du colon irritable, ...
Tout ceci est très théorique.
Voilà maintenant comment je vis ma fibromyalgie.
La mienne serait due à la violence familiale subie dans le courant des années 90, où je m'étais placée en situation d'hypervigilence par rapport aux "pétages de plombs" répétés de mon père.
Dès ces années, j'ai commencé à constater des pertes de concentration, des soucis de mémoire, des difficultés à suivre une conversation ou à comprendre ce qu'on me disait. De la brillante élève, je suis passée à l'élève moyenne en un rien de temps.
Souffrant déjà des séquelles d'une lordose, cyphose et de la maladie de Sheuermann (destruction totale ou partielle de certains disques intervertébraux), j'avais beaucoup de difficultés au niveau du dos.
Mais également une fatigue très intense, parfois des crampes dans le ventre, des baisses de tension pendant les règles.
Petit à petit et même après avoir quitté le domicile parental, d'autres symptômes sont apparus comme des difficultés à marcher une rue en pente, des soucis gastriques (nausées très fréquentes), des problèmes de concentration toujours de plus en plus grands, de l'insomnie assez imposante et un tas d'autres choses qui m'ont finalement petit à petit fait perdre pied.
Ne me demandez pas comment mais j'ai tout de même réussi à passer un diplôme supérieur tout en étant dans cet état.
C'est à 26 ans, quand je travaillais, que ma dose de stress a réaugmenté via un harcèlement moral sur mon lieu de travail.
Depuis, mon stress n'a jamais baissé et mes symptômes n'ont fait qu'empirer.
Je vous passerai les détails car ce texte ressemble de plus en plus à un roman mais ces dernières années, j'ai subi énormément de choses, ce harcèlement, la perte de grands-parents et d'autres proches, des conflits qui ont resurgi avec mes parents, ... bref la totale.
Après avoir vu psy, psychiatre, rhumatologue, nous sommes tombés d'accord sur le fait que je n'étais pas dépressive mais que ma situation globale n'était pas positive et me mettait dans une situation de stress quasi intenable pour un être humain moyen.
Il a donc fallu que je lâche la soupape. Ceci a été fait et bien fait étant donné que depuis mon diagnostic l'an dernier, je suis comme un zombie. Je dors très mal, j'ai des crises et des douleurs de plus en plus régulières. Mes douleurs sont parfois intenables et me font pleurer. J'ai également subi des douleurs du ventre qui étaient à tomber par terre avec baisse de tension et hypothermie dues à la douleur.
Bien entendu, faire reconnaitre la maladie par autrui n'a rien d'évident et les administrations n'aident pas. Mon mari a un travail mais des contrats précaires qui se finissent la semaine prochaine et nous ne savons pas ce qu'il sera de l'avenir. Les administrations poussent pour que je travaille alors que mon état de santé ne me le permet pas.
Tout d'abord car mes troubles du sommeil ne me donnent aucune régularité de vie. Impossible de dire si je pourrai être levée pour un rendez-vous à 10H00 du matin ou même parfois à 14H00. Je vis souvent aux heures américaines mais sans régularité aucune. Nous avons essayé les hypnotiques récemment qui ont donné de très bons résultats.
Je suis sous traitement à base de gabapentine, en gros, un "médicament" qui agit sur le cerveau pour inhiber certaines substances et permettre finalement moins de douleurs.
Nous avons également planifié de mettre en place des thérapies alternatives vu le manque de réponse hautement scientifique à la maladie. Entre autres, nous avons pensé à l'hypnothérapie.
Nous étions, mon époux et moi, très motivés à tenter de me remettre en forme à remuer ciel et terre pour espérer voir mon état s'améliorer.
Il faut dire que je ne vis qu'une demie-vie. Je prends cet exemple souvent : marcher dans la rue pour n'importe qui, c'est regarder les boutiques, c'est respirer l'air, regarder les tenues des gens éventuellement ou encore les voitures qui passent. Pour moi, c'est à chaque pas très douloureux, un enfer lorsque mes jambes sont touchées par la maladie. Parfois, c'est mon dos, parfois mon ventre. Je ne sais jamais prévoir ce qui se passera le lendemain.
Tout ce qui me reste est cette fatigue insoutenable et cet état de léthargie, de flottement dans lequel je me retrouve en fin de compte, sans doute car en étant à moitié crevée, il est moins difficile de faire face aux douleurs. C'est vrai, pour moi.
J'ai également oublié de mentionner mes migraines régulières qui peuvent durer jusqu'à trois jours.
Au sujet de la fibromyalgie, précisons-le, certains considèrent la maladie comme "imaginaire", nous serions toutes et tous des hystériques ou des personnes en manque d'attention ou encore des gens fainéants qui se cachent derrière une maladie fantaisiste. A vrai dire, si on prend le cas de maladies comme la sclérose-en-plaques, elle est bien réelle et pourtant, pendant des années, ses victimes ont été remises en question ce qui est encore plus douloureux car se battre pour un mieux-être et en plus faire face au jugement d'autrui n'a rien d'évident.
Et donc.................... dans tout ça.
Je suis enceinte.
Cinq semaines. Je n'ai jamais vraiment eu de désir d'enfant. Nous n'avons jamais vraiment essayé. Nous projetions une grossesse à "quand ça ira mieux".
Ceci signifie que je devais d'abord penser à essayer de faire en sorte de trouver un traitement adéquat à la maladie, à prendre soin de moi (chose qui a rarement été faite dans ma vie), à résoudre certains conflits psychologiques, à régler ma situation sociale PUIS à envisager éventuellement quand j'irais mieux une grossesse afin que celle-ci se passe dans des conditions correctes.
Nous avions mis en place des rendez-vous récemment pour tenter de refaire un peu de sport, essayer de me faire sortir de mon "trou", m'aider à me sortir de cette situation qui inclut des variables physiques et psychologiques.
Je me suis en effet assez bien "enterrée" seule ces dernières années suite à tout ce qui s'est passé.
Le désir de grossesse ou d'enfant, comme je le disais, n'est pas très présent. CAD que vu que je souffre énormément, prendre son temps était nécessaire. Nous nous protégions donc.
Mais voilà , pour des raisons inconnues, il y a cinq semaines, j'ai commencé mon aménorrhée et je ne sais pas ce qui a pu se produire mais j'ai ressenti des symptômes de grossesse.
Lundi, j'ai donc demandé à mon mari de passer à la pharmacie prendre un test.
Positif.
La réaction a été assez émotionnelle. Je ne savais si je devais être contente ou autre. Entre l'attente des autres, le désir de petit-enfant de ma mère et de mon père et ma propre santé, mon coeur balance. J'ai beaucoup pleuré, je ne m'étais jamais dit que ça arriverait si vite. J'ai également eu une réaction de nervosité intense se soldant chez moi par le rire. Mais ça ne représente pas réellement du bonheur. Plutôt de l'angoisse, chez moi.
Mon mari a de suite été inquiet et moi également. En effet, mon état de santé actuel nécessite la prise de médicaments lourds.
Evidemment, nous avons pensé à l'enfant. Nous avons essayé de nous projeter mais étant donné que ça fait près de trente ans que je ne me projette pas dans la grossesse, que très peu de personnes autour de moi sont tombées enceintes et que j'ai tenu un bébé une fois dans ma vie sans en être heureuse, je ne sais pas vraiment grand chose de tout cela bizarrement.
Egalement, j'étais assez craintive par rapport aux examens gynécologiques étant donné que ma mère m'a toujours dit "on fait ça quand on est enceinte, pas avant. Je n'avais donc jamais véritablement eu à subir d'examens etc.
Grande inconnue donc.
Il existe une part de moi qui désire garder l'embryon et le mener à terme. C'est un idéal...
Mais une partie de moi tente à être davantage réaliste et a peur. Excessivement peur.
Mon poids à lui seul n'est sans doute pas vecteur de grossesse difficile, non. Mais associé à la fibromyalgie et aux soucis liés au stress et à mon état psychique, ma grossesse risque de se passer très mal.
J'ai arrêté les médicaments de traitement de la fibromyalgie dès que j'ai su que j'étais enceinte sans doute par instinct de protection de l'embryon.
Ceci étant, mes douleurs sont dix fois plus fortes maintenant, je dors à peine quelques heures par nuit et mon état de santé est en train de se dégrader.
J'ai davantage l'impression d'être une sorte de marginale voire junkie plutôt qu'une future mère.
La question de l'avortement s'est posée assez rapidement étant donné que ni moi ni mon époux n'avons jamais été contre l'avortement quand les raisons de le faire sont compréhensibles (situations de détresse).
Je m'estime en détresse à l'heure actuelle et c'est la raison pour laquelle nous avons tenté de peser le pour et le contre.
Je ne suis malheureusement pas sûre de ma décision car une part de moi voudrait tenter l'aventure mais l'autre part souffre énormément.
La question qui se pose est donc "dois-je écouter mon corps et reporter éventuellement le projet bébé à plus tard ou dois-je tenter contre vents et marrées à porter cet enfant ?".
Ma maladie est déjà un chemin de croix. J'aurais voulu envisager une grossesse de manière plus sereine.
L'avortement en soi n'a rien d'idéal, il peut être culpabilisant mais je l'envisage sérieusement eut égard au fait que si ma santé ne va pas bien, comment puis-je gérer celle d'un embryon/foetus/bébé ?
A fortiori, comment gérer un accouchement alors que je ne me gère déjà pas moi-même ni mes douleurs?
Et comment s'imaginer s'occuper d'un enfant lorsqu'on n'arrive pas à s'habiller seule, à se lever parfois ?
Je n'ai plus aucune autonomie, je suis faite de douleurs et voilà ceci qui arrive, je suis partagée entre écouter mon corps et donc celui de l'embryon ou à faire preuve de "courage", un courage qui jusqu'ici ne m'a mené qu'à m'enfoncer.
Mon expérience de vie me dit que si j'avais écouté mon corps dans le passé, je ne serais sans doute pas arrivée à ce stade...
Finalement, il existe deux solutions :
- ou mener cette grossesse à terme pour des raisons de morale, de "pression sociale", pour l'envie éventuellement d'avoir un enfant, d'éventuellement défier mon propre corps (envie que je n'ai jamais mesurée), ...
- ou choisir d'écouter les cris mon corps, tenter de faire en sorte de le soigner et ensuite réenvisager une grossesse dans de bonnes conditions.
Entre les deux, mon coeur balance et ce depuis que ce premier test a été effectué, puis le test sanguin puis la première écho.
Et là , j'ai besoin non pas de l'approbation d'autrui ni d'engueulades à ce sujet car je sais que le sujet est sensible vu que beaucoup de femmes rondes font un chemin de croix aussi pour tomber enceinte.
Mais simplement de votre avis, de savoir si vous avez vécu une expérience similaire, ... etc.
Bref : help.
