Il n'y a que peu d'années (merci VLR) que je me sais non pas boulimique mais hyperphagique. Et si je crois être aujourd'hui en paix avec ce que je vis (finie la honte, la culpabilité, les jugements négatifs) j'ai beaucoup de mal à avoir de la tendresse pour l'ado que j'ai été.
Voler pour m'acheter des bonbons, mentir, me faire prendre à chouraver dans les magasins, me planquer pour manger, les condamnations sans appel de mon père (alcoolo devenu sobre sur le tard, trop tard), le flicage de ma mère, son dégoût face à mon corps, ses critiques permanentes... et moi confite dans la haine et le mépris de soi, d'abord meilleure élève de ma classe, méprisante et isolée, pour ensuite devenir le cancre et la confidente de service... sans jamais savoir qui j'étais en vrai, au-dedans.
La psychanalyse m'a sauvée la vie, littéralement. Mais je continue à rougir en-dedans quand je pense à mon passé. Et il n'y a que cette année que j'ai pu travailler avec des ados, tant je les redoutais.
Aimer l'enfant que j'ai été, en quête éperdue d'amour et qui s'est planquée dans les livres et l'intellect... Je n'éprouve aucune sympathie pour elle. Je continue à la condamner, moi qui jamais n'aurais un tel regard sur autrui.
Quand des propos de ma mère me reviennent en tête, j'ai des bouffées de rage. Et pourtant au présent je crois arriver à bien composer avec elle, même quand elle critique l'éducation que je donne à mon fils
(que jamais, Dieu du Ciel ! il n'ait honte d'être lui)
Bref, malgrè tout le chemin effectué je me rends bien compte que je n'ai toujours pas digéré mon passé... Non seulement ça, mais c'est comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre. Comme si ma vie à moi n'avait débuté que dans les bras du 1er homme qui m'a durablement aimée, contrant enfin le regard de ma mère sur mon corps.
Et vous ? Quel rapport avec votre enfance et adolescence ?
Merci.
Voler pour m'acheter des bonbons, mentir, me faire prendre à chouraver dans les magasins, me planquer pour manger, les condamnations sans appel de mon père (alcoolo devenu sobre sur le tard, trop tard), le flicage de ma mère, son dégoût face à mon corps, ses critiques permanentes... et moi confite dans la haine et le mépris de soi, d'abord meilleure élève de ma classe, méprisante et isolée, pour ensuite devenir le cancre et la confidente de service... sans jamais savoir qui j'étais en vrai, au-dedans.
La psychanalyse m'a sauvée la vie, littéralement. Mais je continue à rougir en-dedans quand je pense à mon passé. Et il n'y a que cette année que j'ai pu travailler avec des ados, tant je les redoutais.
Aimer l'enfant que j'ai été, en quête éperdue d'amour et qui s'est planquée dans les livres et l'intellect... Je n'éprouve aucune sympathie pour elle. Je continue à la condamner, moi qui jamais n'aurais un tel regard sur autrui.
Quand des propos de ma mère me reviennent en tête, j'ai des bouffées de rage. Et pourtant au présent je crois arriver à bien composer avec elle, même quand elle critique l'éducation que je donne à mon fils
Bref, malgrè tout le chemin effectué je me rends bien compte que je n'ai toujours pas digéré mon passé... Non seulement ça, mais c'est comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre. Comme si ma vie à moi n'avait débuté que dans les bras du 1er homme qui m'a durablement aimée, contrant enfin le regard de ma mère sur mon corps.
Et vous ? Quel rapport avec votre enfance et adolescence ?
Merci.
"Le même qui, honteux d’être un sans-coeur trop occupé de soi, aimerait s’oublier comme, quelque part, on oublie son parapluie."
Michel Leiris
Michel Leiris
