On sait, on est bien conscients, mais on agit.
Parce que l'envie est plus forte que la volonté. La volonté d'arrêter de vomir contre l'envie d'être enfin mince. La volonté de rester celle qu'on est et d'essayer à tout prix de ne pas changer s'efface face à la dictature de la minceur. Parce qu'il paraît qu'être belle, c'est déjà être mince. " Vomir, c'est mal. C'est une maladie " disent-ils. Ils sont bien marrants. Eux ils savent pas. Ils savent pas ce que c'est de passer devant un miroir en s'imaginant un autre corps, celui qu'on voudrait, celui dont on rêve. Celui pour lequel on se fait du mal. Parce que, ça fait lourd sur la conscience de manger quelquechose alors qu'on aurait pu se priver. Donc on agit. Mal.
Evidemment, ca peut tuer l'anorexie. Une des plus grandes cicatrices de mon coeur, tiens. Ma tante. 25 ans. 28Kg, 1m70. Alors là les plus intelligents vont dire " Ca devrait t'encourager à ne pas le faire, ca devrait te donner un exemple concret " . C'est fou comme il peut être tordu, l'esprit humain. C'est fou comme on peut être conne à 16 ans. On agit, innocemment, inconsciemment. On sait pas c'qui nous attend. On s'rend pas compte. C'est joli l'innocence, mais il ne faut pas en abuser.
On le sait tous ça. On évite de penser à toutes ces choses lorsque l'on est agenouillées devant les toilettes, les doigts dans la bouche, les larmes aux yeux. La main tremblante. Le fait de se dire qu'on fait la même chose, avec le même état d'esprit, la même façon de penser qu'une personne qui nous a quittés. Une personne qu'on aimait. Alors on se reprend en main. On relativise. On sort. On fait attention à ce que l'on mange, évidemment. On se sent épanouie, jolie et bien dans sa peau. Jusqu'au jour où, en passant devant un miroir, on se regarde de la tête aux pieds en se demandant comment peut-on être ainsi. Alors on refait le même schéma. Les toilettes, souvent. Et on recommence. Et on se sent bien. Mais on recommence à nouveau. Jusqu'au moment où on atteint le poids tant rêvé, qui nous paraît trop. Alors on recommence. Et ca, ca laisse une cicatrice. Et pas petite.
Je vous prie d'excuser cet énorme pavé. Y'a des jours ou il faut s'extérioriser. Pas besoin d'répondre.
Parce que l'envie est plus forte que la volonté. La volonté d'arrêter de vomir contre l'envie d'être enfin mince. La volonté de rester celle qu'on est et d'essayer à tout prix de ne pas changer s'efface face à la dictature de la minceur. Parce qu'il paraît qu'être belle, c'est déjà être mince. " Vomir, c'est mal. C'est une maladie " disent-ils. Ils sont bien marrants. Eux ils savent pas. Ils savent pas ce que c'est de passer devant un miroir en s'imaginant un autre corps, celui qu'on voudrait, celui dont on rêve. Celui pour lequel on se fait du mal. Parce que, ça fait lourd sur la conscience de manger quelquechose alors qu'on aurait pu se priver. Donc on agit. Mal.
Evidemment, ca peut tuer l'anorexie. Une des plus grandes cicatrices de mon coeur, tiens. Ma tante. 25 ans. 28Kg, 1m70. Alors là les plus intelligents vont dire " Ca devrait t'encourager à ne pas le faire, ca devrait te donner un exemple concret " . C'est fou comme il peut être tordu, l'esprit humain. C'est fou comme on peut être conne à 16 ans. On agit, innocemment, inconsciemment. On sait pas c'qui nous attend. On s'rend pas compte. C'est joli l'innocence, mais il ne faut pas en abuser.
On le sait tous ça. On évite de penser à toutes ces choses lorsque l'on est agenouillées devant les toilettes, les doigts dans la bouche, les larmes aux yeux. La main tremblante. Le fait de se dire qu'on fait la même chose, avec le même état d'esprit, la même façon de penser qu'une personne qui nous a quittés. Une personne qu'on aimait. Alors on se reprend en main. On relativise. On sort. On fait attention à ce que l'on mange, évidemment. On se sent épanouie, jolie et bien dans sa peau. Jusqu'au jour où, en passant devant un miroir, on se regarde de la tête aux pieds en se demandant comment peut-on être ainsi. Alors on refait le même schéma. Les toilettes, souvent. Et on recommence. Et on se sent bien. Mais on recommence à nouveau. Jusqu'au moment où on atteint le poids tant rêvé, qui nous paraît trop. Alors on recommence. Et ca, ca laisse une cicatrice. Et pas petite.
Je vous prie d'excuser cet énorme pavé. Y'a des jours ou il faut s'extérioriser. Pas besoin d'répondre.
La vie est une maladie mortelle transmise sexuellement [ Woody Allen ]
