Je croyais qu'ils m'avaient oubliée... Mais non.
Aujourd'hui, le Centre PMA qui me suivait pour les ICSI m'a envoyé un courrier, le même qu'il m'envoie chaque année depuis 2000 (sauf l'année dernière), pour me dire qu'il me reste deux embryons congelés (comme si je ne m'en souvenais pas...) et me demander mes instructions sur ce qu'il faut en faire (comme si j'avais vraiment le choix...).
Bien sûr ils n'ont pas oublié de me demander le chèque qui va bien (bon en même temps c'est normal...).
Donc comme chaque année, ils me donnent le "choix" :
- Poursuite de la cryoconservation
OU
- Renoncer au projet parental et en fonction des dispositions légales :
* accepter l'accueil de nos embryons par un couple receveur
* faire don de nos embryons, à titre exceptionnel, en vue d'études à finalité médicale
* donner notre accord pour qu'après une durée au moins égale à 5 ans il puisse être mis fin à cette conservation.
Poursuivre la cryoconservation ? Pourquoi ? Puisqu'on ne peut pas me les réimplanter de toutes façons...
Accepter l'accueil de nos embryons ? C'est au dessus de nos forces mais de toutes façons impossible, c'est réservé aux couples ayant au moins un enfant, et nous n'en avons pas.
Faire don de nos embryons pour la recherche médicale ? Ah non, c'est au dessus de nos forces aussi, ça n'a beau être que des "cellules" selon ma psy, je ne peux pas accepter qu'on les dissèque.
Mettre fin à la conservation ? Les tuer en sorte ? Je dois décider ça ?
C'est un choix ça ?
Jusqu'à cette année, j'avais fait le choix de la politique de l'autruche, je n'ai jamais répondu à leur courrier. C'est stupide sans doute, mais ça m'a dispensée de décider. Je croyais qu'avec le temps, ça serait plus facile. Mais non...
Je vois bien que de toutes façons, même si j'atteins 90 ans, ils m'enverront encore leur papier. C'est la loi. Et puis ils ont raison, c'est à moi, à nous de prendre la décision.
Sauf que nous l'avions déjà prise la décision qui nous convenait, lors de la dernière réimplantation. Nous avions demandé à ce qu'on mette tous les embryons (soit 5) et ils n'ont pas voulu... Ils ont dit que je ne pourrais pas porter une grossesse de quintuplés, alors qu'ils savaient depuis quasiment le début que mes chances d'être enceinte étaient proches du zéro. Il y a des jours, je lui dis merde au principe de précaution !
Ils ont voulu qu'on en garde deux. Pour après... Alors que pour nous - enfin pour moi - il n'y a pas "d'après" possible.
Si je veux tenter un transfert, il me faut un traitement équivalent à une stimulation et j'ai statistiquement toutes les chances de refaire de graves complications comme la dernière fois, alors que ma chance d'être enceinte est inférieure à 1% (peut-être moins, ça c'était mon pronostic quand je n'avais même pas 40 ans, alors maintenant...
). Et puis je vais avoir 45 ans, je ne me sens plus la force d'être mère. Je n'en ai même plus l'envie, c'est trop tard. Le deuil de l'enfant, je l'ai fait. Mais la décision de détruire les embryons n'en faisait pas partie.
Je n'ai pas eu le droit de décider de porter 5 embryons, de décider que je courais le risque de leur donner une chance de vivre, mais on me donne le droit de les tuer.
Alors cette année nous avons décidé de le faire, de signer ce papier, de mettre enfin le point final à cette aventure de la PMA qui n'a été pour nous qu'un long parcours de souffrance sans résultat. Il fallait sans doute finir par encore une souffrance pour être en paix.
J'avoue que nous nous en serions passés... Ce soir tout remonte en bloc, tous ces espoirs déçus, tous ces sales moments, tous ces échecs.
Mais ça y est le papier est signé. Nous acceptons la fin de la conservation de nos embryons, des seuls "enfants congelés" qu'on avait, de notre seule idée que quelque part, on n'avait pas "rien".
C'est sans doute la dernière étape du deuil. Enfin cette boucle est bouclée... Enfin j'espère.
Ce post ne sert à rien. Juste à vider mon sac, comme j'aurais aimé le faire quand je faisais ces traitements, mais on était seuls, tellement seuls, avec pourtant tellement de monde autour.
Je continuerai à être là pour vous, dans vos espoirs, vos joies et vos peines dans ce combat que vous menez aussi. Au moins cette souffrance ne servira pas à rien.
Bisous et courage à toutes celles et à tous ceux qui sont dans ce parcours du combattant, vous allez y arriver !
Et si jamais vous n'y arrivez pas... La vie vaut quand même le coup, je vous le jure ! 
Aujourd'hui, le Centre PMA qui me suivait pour les ICSI m'a envoyé un courrier, le même qu'il m'envoie chaque année depuis 2000 (sauf l'année dernière), pour me dire qu'il me reste deux embryons congelés (comme si je ne m'en souvenais pas...) et me demander mes instructions sur ce qu'il faut en faire (comme si j'avais vraiment le choix...).
Bien sûr ils n'ont pas oublié de me demander le chèque qui va bien (bon en même temps c'est normal...).
Donc comme chaque année, ils me donnent le "choix" :
- Poursuite de la cryoconservation
OU
- Renoncer au projet parental et en fonction des dispositions légales :
* accepter l'accueil de nos embryons par un couple receveur
* faire don de nos embryons, à titre exceptionnel, en vue d'études à finalité médicale
* donner notre accord pour qu'après une durée au moins égale à 5 ans il puisse être mis fin à cette conservation.
Poursuivre la cryoconservation ? Pourquoi ? Puisqu'on ne peut pas me les réimplanter de toutes façons...
Accepter l'accueil de nos embryons ? C'est au dessus de nos forces mais de toutes façons impossible, c'est réservé aux couples ayant au moins un enfant, et nous n'en avons pas.
Faire don de nos embryons pour la recherche médicale ? Ah non, c'est au dessus de nos forces aussi, ça n'a beau être que des "cellules" selon ma psy, je ne peux pas accepter qu'on les dissèque.
Mettre fin à la conservation ? Les tuer en sorte ? Je dois décider ça ?
C'est un choix ça ?
Jusqu'à cette année, j'avais fait le choix de la politique de l'autruche, je n'ai jamais répondu à leur courrier. C'est stupide sans doute, mais ça m'a dispensée de décider. Je croyais qu'avec le temps, ça serait plus facile. Mais non...
Je vois bien que de toutes façons, même si j'atteins 90 ans, ils m'enverront encore leur papier. C'est la loi. Et puis ils ont raison, c'est à moi, à nous de prendre la décision.
Sauf que nous l'avions déjà prise la décision qui nous convenait, lors de la dernière réimplantation. Nous avions demandé à ce qu'on mette tous les embryons (soit 5) et ils n'ont pas voulu... Ils ont dit que je ne pourrais pas porter une grossesse de quintuplés, alors qu'ils savaient depuis quasiment le début que mes chances d'être enceinte étaient proches du zéro. Il y a des jours, je lui dis merde au principe de précaution !
Ils ont voulu qu'on en garde deux. Pour après... Alors que pour nous - enfin pour moi - il n'y a pas "d'après" possible.
Si je veux tenter un transfert, il me faut un traitement équivalent à une stimulation et j'ai statistiquement toutes les chances de refaire de graves complications comme la dernière fois, alors que ma chance d'être enceinte est inférieure à 1% (peut-être moins, ça c'était mon pronostic quand je n'avais même pas 40 ans, alors maintenant...
Je n'ai pas eu le droit de décider de porter 5 embryons, de décider que je courais le risque de leur donner une chance de vivre, mais on me donne le droit de les tuer.
Alors cette année nous avons décidé de le faire, de signer ce papier, de mettre enfin le point final à cette aventure de la PMA qui n'a été pour nous qu'un long parcours de souffrance sans résultat. Il fallait sans doute finir par encore une souffrance pour être en paix.
J'avoue que nous nous en serions passés... Ce soir tout remonte en bloc, tous ces espoirs déçus, tous ces sales moments, tous ces échecs.
Mais ça y est le papier est signé. Nous acceptons la fin de la conservation de nos embryons, des seuls "enfants congelés" qu'on avait, de notre seule idée que quelque part, on n'avait pas "rien".
C'est sans doute la dernière étape du deuil. Enfin cette boucle est bouclée... Enfin j'espère.
Ce post ne sert à rien. Juste à vider mon sac, comme j'aurais aimé le faire quand je faisais ces traitements, mais on était seuls, tellement seuls, avec pourtant tellement de monde autour.
Je continuerai à être là pour vous, dans vos espoirs, vos joies et vos peines dans ce combat que vous menez aussi. Au moins cette souffrance ne servira pas à rien.
Bisous et courage à toutes celles et à tous ceux qui sont dans ce parcours du combattant, vous allez y arriver !
Toute chose prend sa source dans le voeu des hommes
