Etant donné que je doute très fort que les gens puissent changer leur façon de penser, je crois qu'il va falloir que ça soit toi qui change et qui considère le mot "gros, grosse" pour ce qu'il est : un adjectif qui signifie le contraire de maigre.
Personnellement je suis grosse. Voilà . Je l'ai dit. Le soleil brille toujours. Mon chat ronronne toujours. Zom est toujours devant sa télé, sur la même chaîne. Le panier a linge est toujours plein. Mes cheveux sont toujours ondulés. J'ai toujours envie d'aller recroquer un carré de ce chocolat au sésame que je viens d'acheter. Je ne me sens pas plus mal qu'avant de le dire. C'est un mot, juste un mot. Moi je ne suis pas juste un mot, mais le mot grosse me qualifie, de même que je suis qualifiée aussi par bavarde, râleuse, quadra, marrante et, selon mon homme, belle et selon mon patron compétente et performante !
Si quelqu'un te dit que tu es grosse, où est l'insulte ? Elle est dans l'interprétation négative que tu as de ce mot et, je te rassure, j'ai eu la même interprétation très longtemps !
Mais si tu redonnes à ce mot sa vraie signification, si tu lui enlèves tout le sens négatif que tu lui as donné (confortée en cela par un tas de gens, c'est sûr !), il ne peut plus servir d'arme. Il redevient un mot et il ne te fait plus mal. Tu peux répondre "oui je suis grosse, et après ?" C'est encore plus efficace que d'ignorer la remarque.
Les mots ne nous blessent que parce que nous les laissons nous blesser. Il suffit de remettre les mots à leur place, de leur redonner leur sens premier et de désarmer ceux qui sont assez lâches pour s'en servir parce qu'ils savent qu'ils font mal. Enlève-leur leurs jouets, et ils ne joueront plus !
