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Moi ce qui me choque le plus, ça serait un passant qui te regarde et dis La grosse ! d'un coup sans raison... Le face à face je ne supporte vraiment pas... Faut peut être de l'audace mais en même temps beaucoup de bêtise car la personne ne connait pas la réaction de l'autre et crois naïvement qu'une ronde ça se tait et ça pleure en cachette.

ça peut me mettre littéralement dans une rage pas possible. :evil: incontrôlable dans ces rare moments.

Une très bonne amie de l'époque (j'ai du le dire ici) été dingue d'un gars de la fac et au bout de je ne sais combien de mois elle a enfin un rdv et là t'as une bande de cons qui crient : Oh le camion ! elle a eu tellement honte et le gars n'a pas donné suite. Trop gêné par cette situation peut être...

bref fin du hs mais les écrits me choquent moins que les paroles.
Lenore a écrit : La violence fait partie de l'expérience humaine, elle n'est ni souhaitable, ni même particulièrement "formatrice".


Depuis le début, j'ai l'impression qu'on n'a pas la même définition du mot violence. Pour moi, violence = action brutale, et on peut trouver des actions brutales n'importe où, et je trouve que certaines sont formatrices.

Pour moi, par exemple, éduquer son enfant comporte des actions brutales (je ne parle pas de frapper son enfant, hein!): par exemple, on lui impose telle ou telle chose, on lui interdit telle autre. Il y a de la brutalité à imposer sa volonté à un autre, même si c'est pour le bien de la vie en société.

bref, je suis peut-être à côté de la plaque, j'en sais rien, mais je crois que la violence ne se résume pas à la violence gratuite.
mamykro a écrit :
Lenore a écrit : La violence fait partie de l'expérience humaine, elle n'est ni souhaitable, ni même particulièrement "formatrice".


Depuis le début, j'ai l'impression qu'on n'a pas la même définition du mot violence. Pour moi, violence = action brutale, et on peut trouver des actions brutales n'importe où, et je trouve que certaines sont formatrices.

Pour moi, par exemple, éduquer son enfant comporte des actions brutales (je ne parle pas de frapper son enfant, hein!): par exemple, on lui impose telle ou telle chose, on lui interdit telle autre. Il y a de la brutalité à imposer sa volonté à un autre, même si c'est pour le bien de la vie en société.

bref, je suis peut-être à côté de la plaque, j'en sais rien, mais je crois que la violence ne se résume pas à la violence gratuite.



J'entends la violence comme pulsion avec passage à l'acte dans un but de domination/de destruction. C'est différent d'une punition qui est un usage raisonné de la force/de sa domination. Du coup je comprend mieux comment on en arrive à pas se comprendre :lol: :lol:
http://viol-les-voix-du-silence.francetv.fr
http://hyperboleandahalf.blogspot.fr/20 ... adult.html

Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été - Albert Camus
Lenore a écrit : Du coup je comprend mieux comment on en arrive à pas se comprendre :lol: :lol:


Moi aussi! :lol:
Je lis en ce moment un bouquin de Pontalis sur Freud et je ne résiste pas à vous reproduire un passage qui m'a fait penser à cette discussion...

Il est question de l'imbrication des pulsions de vie et de mort, du caractère indissociable de l'élan vers la vie et du désir de détruire (l'autre ou soi-même). La nature de l'homme ou sa "normalité" sont donc présentées comme relevant de cette imbrication... c'est prétendre ne pas avoir de pulsion de destruction qui serait faux (voire inquiétant?).

Freud, dans une lettre de 1930, répond donc à un pasteur qui l'interroge sur la bonté de l'homme et sa propension à l'amour:

"J'ai, comme vous en convenez, beaucoup fait pour l'amour, mais qu'il repose au fond de toute chose, c'est ce que je ne puis pas confirmer par ma propre expérience, à moins, ce qui serait psychologiquement exact, qu'on n'y joigne la haine."

;)
Ouhla moi je suis loin de dire que je n'en ai pas (des pulsions de destruction).
Seulement j'en ai (beaucoup) moins quand je suis bien dans ma peau et heureuse. Et en général (sauf cas biens particuliers, quand la personne ne se gène pas pour extérioriser ses pulsions de destruction par exemple) je les garde pour moi. ;)
Des douces brumes d'Octobre surgissent les cîmes sombres des épicéas, immenses, imposants, maitres en leurs royaumes de forêts...
Nenufar a écrit :je les garde pour moi. ;)


Donc il ne s'agit pas de pulsions de destruction mais au contraire tu protèges l'autre et te retiens ;)

On en revient toujours au même: difficile de regarder la violence en face.
poupoule a écrit :Je lis en ce moment un bouquin de Pontalis sur Freud et je ne résiste pas à vous reproduire un passage qui m'a fait penser à cette discussion...

Il est question de l'imbrication des pulsions de vie et de mort, du caractère indissociable de l'élan vers la vie et du désir de détruire (l'autre ou soi-même). La nature de l'homme ou sa "normalité" sont donc présentées comme relevant de cette imbrication... c'est prétendre ne pas avoir de pulsion de destruction qui serait faux (voire inquiétant?).

Freud, dans une lettre de 1930, répond donc à un pasteur qui l'interroge sur la bonté de l'homme et sa propension à l'amour:

"J'ai, comme vous en convenez, beaucoup fait pour l'amour, mais qu'il repose au fond de toute chose, c'est ce que je ne puis pas confirmer par ma propre expérience, à moins, ce qui serait psychologiquement exact, qu'on n'y joigne la haine."

;)


je vois les choses différemment.

Je ne cherche pas à savoir si je nie ou pas une pulsion de destruction, je parle tout simplement comme j'aimerais qu'on me parle.

S'il devait m'arriver d'avoir une "pulsion" de destruction (le mot ne me parle pas je dois dire) je ne vois pas la nécessité de la sortir autrement que par une analyse sur moi-même.

Dans ma thérapie c'est comme cela que j'abordais les choses "telle ou telle chose me heurte, me donne du coup envie de répondre de manière dure ou agressive". Je cherche à savoir ce que cela a éveillé chez moi comme émotion et pourquoi ? La personne en face de moi n'est pas responsable de l'émotion que cela suscite en moi, donc j'essaie de ne pas partir dans l'émotionnel.

Donc cela m'arrive que certaines personnes qui m'ont fait du mal,j'ai en premier lieu envie qu'elles payent, mais sur des gens qui ne m'ont rien fait, non j'avoue que cela ne m'arrive plus. Donc dans le cas d'un blog, de quelqu'un que je trouverais mal habillé, je n'ai pas envie de le dire ou alors je le dis juste en donnant un avis sur telle ou telle chose, mais sachant que tous les gouts sont dans la nature.

Si d'aventure, une tenue sur un blog devait me donner une "pulsion" pareille, je réfléchirais en quoi cela peut changer quoi que ce soit pour moi ou pour la personne concernée, de laisser sortir une telle pulsion. Je sais en tout cas que cela ne m'apporterait aucune satisfaction, donc je ne le fais pas. Avant de le faire pour les autres, je le fais pour moi.

Je ne sais donc pas si mon comportement peut être "faux" pour certains, mais honnêtement cela m'est un peu égal. Je n'ai rien à prouver, je n'ai jamais été aussi bien dans ma vie. La seule chose qui me rend malheureuse parfois, c'est l'inéluctabilité de la mort, le reste je m'en accommode assez bien, maintenant.

Après je ne suis pas sure d'avoir véritablement bien compris ce que tu voulais dire dans ce post en particulier, donc si je suis à côté, je m'en excuse ;) .

Regarder la violence en face je pense que c'est difficile effectivement. Celles des autres m'a marquée, difficile d'en faire totale abstraction et surtout cela serait illusoire. La mienne, je crois que j'ai vécu les évènements violents de ma vie en les regardant en face, en tout cas j'essaie. J'ai réussi à affronter la violence de la mort récemment et cela a été très difficile.

Par contre pour moi cela n'est pas sur le meme plan que des commentaires "violents" sur un blog.
saralou a écrit :S'il devait m'arriver d'avoir une "pulsion" de destruction (le mot ne me parle pas je dois dire) je ne vois pas la nécessité de la sortir autrement que par une analyse sur moi-même.


Bien sûr! je suis d'accord avec toi. La pulsion de violence n'appelle pas la violence réalisée, effective. Au contraire, c'est bien plus intéressant de l'utiliser en thérapie.

Sinon, pour en revenir aux blogueuses (c'est un peu le grand écart avec Freud!), le type de "violence" auquel je pense est plus de l'ordre de la moquerie, du ricanement. Pour essayer de clarifier ma pensée:
1) j'ai du mal à faire confiance aux gens qui ne ricanent pas ou ne "brodent" pas (selon l'expression de Marjane Satrapi si vous avez lu sa BD)... j'ai l'impression qu'ils surjouent la gentillesse, voire déguisent leur noirceur, ou pire l'ignorent.
2) j'accorde une valeur extrêmement positive à la moquerie (il ne s'agit pas de jeter des cailloux sur un enfant trisomique hein): pour moi c'est un cadeau de l'esprit qu'on fait à l'autre, on l'invite à rire de lui-même et à se regarder avec distance. C'est un cadeau bien plus grand qu'une louange, si on y réfléchit.

Maintenant, dans la vraie vie IRL et tout, rassure-vous! je suis parfaitement capable de repérer qui est incapable de survivre à ça et je ne les emmerde pas! :lol:
poupoule a écrit :
saralou a écrit :S'il devait m'arriver d'avoir une "pulsion" de destruction (le mot ne me parle pas je dois dire) je ne vois pas la nécessité de la sortir autrement que par une analyse sur moi-même.


Bien sûr! je suis d'accord avec toi. La pulsion de violence n'appelle pas la violence réalisée, effective. Au contraire, c'est bien plus intéressant de l'utiliser en thérapie.

Sinon, pour en revenir aux blogueuses (c'est un peu le grand écart avec Freud!), le type de "violence" auquel je pense est plus de l'ordre de la moquerie, du ricanement. Pour essayer de clarifier ma pensée:
1) j'ai du mal à faire confiance aux gens qui ne ricanent pas ou ne "brodent" pas (selon l'expression de Marjane Satrapi si vous avez lu sa BD)... j'ai l'impression qu'ils surjouent la gentillesse, voire déguisent leur noirceur, ou pire l'ignorent.


:lol:


Merci pour tes explications.

Ce que tu dis dans ton no 1 est quelque chose qui m'a été reproché par des membres de ma famille (en particulier mes soeurs et mon père). Ma famille fonctionnait sur ce mode de la moquerie, les vannes et tout et était pourtant très dysfonctionnelle.

Je ne trouvais pas ma place dans cet univers et je me suis sentie longtemps le vilain petit canard.

Je ne suis pas tellement moqueuse, je le fais, mais je n'en retire pas tellement de plaisir, donc je ne me sens pas très l'aise. Ma thérapie a été d'accepter et d'assumer mon côté "bisounours".

La grande différence est que maintenant je suis apte à supporter une moquerie sur moi-même,donc je projette moins sur les autres mon ressenti de "souffrance" face à la moquerie.

Tu avais parlé une fois que tu avais été classée parfois par certains dans le clan des "méchantes" sur certaines discussions, mais bon cela ne te perturbait pas plus que cela car tu sais ce que tu es.

Je suis classée parfois dans le clan des "gentilles, mais cela doit cacher quelque chose", j'en suis consciente, j'ai déjà échangé sur ce genre de thème avec une vlrienne qui pensait comme cela. Je le conçois, je l'accepte, c'est normal mais cela ne me perturbe pas plus que cela car je sais que je ne joue pas un rôle.

Tant que tout le monde peut s'exprimer et laisse une place à l'autre pour une réponse, pour moi tout va bien.

Donc en résumé, je pense que tous les gens qui ricanent ne sont pas méchants et ceux qui n'aiment pas se moquer ne cachent pas obligatoirement quelque chose. ;) ;)

;) ;) (et je rajoute des smyleys pour qu'on sente que mon ton est léger :D :D :D
saralou a écrit :Ce que tu dis dans ton no 1 est quelque chose qui m'a été reproché par des membres de ma famille (en particulier mes soeurs et mon père). Ma famille fonctionnait sur ce mode de la moquerie, les vannes et tout et était pourtant très dysfonctionnelle.


Bien sûr que ça peut grave dysfonctionner!! je n'irais sûrement pas jusqu'à dire que la moquerie "sauve" de la bêtise ou de la vraie volonté de faire mal (injustifiable).

Te concernant Saralou, je n'ai jamais eu l'impression que tu étais insincère dans ton côté "bisounours" comme tu l'appelles! je dis juste que personne ne se réduit à la bonté.

Pour ma part, je suis certaine qu'une bonne partie de mes pulsions "négatives" (vaste sac) sont parties dans le rapport à mon corps... au lieu d'oser dire à certains ce que je pensais. Et d'ailleurs la moquerie (gentille) m'a souvent servi à faire passer des messages à mes proches qui étaient inproférables autrement. En ce sens ça m'a souvent sauvée de l'implosion.
En fait je viens de re réfléchir et je crois que je n'ai pas de pulsions de destruction en fait. Sauf face à la destruction. J'ai beaucoup de pulsions de jalousie, j'envie les autres, très fort parfois. Et je me dis que c'est inujuste que eux aient ci ou ça et pas moi. Pour autant je ne leur souhaite pas de se casser la gueule. Et si ils se cassent la gueule je suis triste pour eux, je ne me dirai pas "c'est bien fait".
En revanche face à une connasse qui humilie quelqu'un, un mec qui frappe son clebs ou des jeunes qui en agressent un autre je peux devenir TRES violente et destructrice. Et souvent pas que verbalement. Il y a avait eu un sujet sur ça je me souviens d'ailleurs ici...suite à un fait divers d'une nana qui s'était faite violer dans le métro sans que quelqu'un ne réagisse. Ce genre de choses me rend folle. Mais là en général je ne suis plus dans la réflexion, c'est vraiment de la pulsion, je deviens violente verbalement (ou physiquement). Mais c'est cash, fait en face et instantané. De l'action-réaction quoi. Sans aucune réflexion. Donc différent.

Et pour rebondir sur ton dernier message poupoule, je ne ricane pas, sans doute parce qu'on a trop ricané de moi. Et je n'aime pas faire aux autres ce que je je n'ai pas aimé qu'on me fasse. Si je critique je le fais toujours discrètement encore une fois, je veille à ne pas blesser la personne visée. Et c'est assez rare. Depuis que je me sens mieux en tout cas. Avant j'étais plus critique.
C'est sans doute d'ailleurs de ce comportement que je tire l'idée que les filles qui sont méchantes sur les blogs ne vont pas bien.
La moquerie me rend très triste. Autant je pratique l'autodérision sans problème, autant je vis très très mal la moquerie, encore une fois trop douloureusement liée à mon passé. J'ai beaucoup beaucoup de mal (en fait je n'y arrive pas) à voir son côté positif pour tout dire. Je crois que je ne suis pas capable de prendre la distance nécessaire à ça.
Des douces brumes d'Octobre surgissent les cîmes sombres des épicéas, immenses, imposants, maitres en leurs royaumes de forêts...
Nenufar a écrit :J'ai beaucoup beaucoup de mal (en fait je n'y arrive pas) à voir son côté positif pour tout dire. Je crois que je ne suis pas capable de prendre la distance nécessaire à ça.


Mais on est d'accord! qui se moque de celui incapable de le prendre avec cette distance est un sadique. En revanche, je suis moins sévère quand on taquine la blogueuse narcissique et bouffie d'orgueil (si, y'en a).
Sauf que la haine dont parle Freud se reporte aux gens qu'on aime, et non aux inconnus, c'est très différent du sujet initial qui concerne des personnes qui vont insulter des gens qu'elles ne connaissent pas (en se cachant en plus).
L'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre.
Georges Wolinski
trashrap a écrit :Sauf que la haine dont parle Freud se reporte aux gens qu'on aime, et non aux inconnus, c'est très différent du sujet initial qui concerne des personnes qui vont insulter des gens qu'elles ne connaissent pas (en se cachant en plus).


On est d'accord... on a beaucoup dérivé. ;)
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