Iwena a écrit :
L'inverse n'est pas une meilleure position, parce que c'est s'immiscer dans la vie privée de chacun, c'est infantiliser ces gens-là en pensant qu'on sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux ...
De quel droit peut-on déclarer que les actrices X ont besoin d'aide ? Parce qu'on les juge selon nos propres critères et qu'on considère que si on en arrivait là , c'est qu'on serait mal et qu'on aurait besoin d'aide ... L'empathie, c'est bien, mais attention à ne pas se projeter dans l'autre ...
Pour moi, la meilleure position, c'est de les informer qu'elles peuvent avoir de l'aide si nécessaire, d'aider celles qui en font la demande, et de laisser les autres tranquilles.
Quand bien même parmi "les autres", il y a des personnes en souffrance ; on ne peut pas aider les gens contre leur gré ...
Quand on a construit toute sa personnalité sur l'idée que l'on ne vaut pas grand chose et que se laisser tripoter est notre seul avantage, je ne vois pas bien comment on pourrait se rendre compte qu'on a besoin d'aide.
Je ne sais plus qui l'a dit mais c'est très juste que le fait d'avoir été reconnue victime est crucial, on réalise que ce qu'on nous a fait est mal et que ce n'est pas normal, que ça n'aurait pas du arriver et que nous ne somme coupable de rien. Personnellement dans ma vie il y a un avant et un après, le jour ou pour la première fois on m'a plainte et on m'a donné ce statut de victime j'ai réussi à ma respecter et faire mes choix pour de bon, a régler mes compte avec mon passé et à construire ma vie moi même. On m'aurait demandé un mois avant si j'avais besoin d'aide j'aurai envoyé paître la personne en lui disant que je n'avait besoin de rien et que ce que j'ai vécu ce n'était rien.
Quand je réalise ce que ça a changé dans ma vie alors que je n'ai pas été victime d'abus sexuels mais de "simple" maltraitance, je ne peux pas penser que ces filles ont vraiment le choix.
Pour le cas des ados qui veulent le devenir parce que c'est "cool", j'ai l'impression que c'est un symptôme de plus de notre société hyper sexualisée et où la reconaissance et la réussite s'obtiennent par le regard d'une caméra. Je veux bien un reportage 10 ans après, peut être qu'elles sont saines d'esprit avant, mais je ne suis pas sûre de l'après.
Je ne nie pas le pourcentage qui fait ça pour la gloire et l'argent et prend du plaisir et aime ça. Mais ce pourcentage doit il justifier la négation de la souffrance de toutes les autres ?