Pour ma part je sais parfaitement ce que mes kilos viennent camoufler. Et dans la mesure où ils ont une fonction bien précise, je ne pense pas qu'ils m'aient freinée bien au contraire, ils m'ont permis de faire ce que je ne serais pas arrivée à faire sans.
Je vais tenter de m'expliquer, même si ce n'est pas très très clair dans ma tête...
J'ai été victime de plusieurs agressions sexuelles, et ce depuis suffisamment longtemps pour que les schemas d'intégration de ma propre féminité ne puissent se mettre en place. J'ai passé par des stades de minceur au cours desquels j'ai eu énormément de mal à me supporter dans le miroir. Ce n'est pas la dysmorphophobie classique des anorexiques (c'est sans doute pour ça que je n'ai fait que des "phases" ano alternées avec de la boulimie ?) où je me voyais énorme, mais la glace me renvoyait quelqu'un que je n'arrivais pas à associer à moi, quelqu'un qui m'effrayait au plus haut point, quelqu'un que je voyais nu, comme une proie, mais aussi pourvu d'une forme de beauté que je trouvais obscène.
Non que je trouve que les filles minces soient obscènes, mais vous le savez, on n'applique pas les mêmes critères à soi qu'aux autres...
Aujourd'hui encore, je ne sais pas me passer de mon armure de chair... d'autant plus solide que je suis très très musclée d'ailleurs. A tel point qu'on me taxe de walkyrisme à un point vraiment agaçant. :bad-words:
