Pour répondre à ta déclaration, je dirais juste que, peu importe la vision de l'individu sur le viol, car le viol étant un phénomène social (à partir de deux personnes, c'en est un), c'est la société qui détermine ce qu'est le viol. La société française a pris le parti de dire qu'un viol consistait en "la pénétration d'un objet extérieur dans le corps sous la contrainte". C'est la définition légale, ce qui n'est pas une perfection, je te l'accorde (je me demande si c'est un viol de s'enfoncer un coton-tige dans les oreilles...

), mais c'est cette définition qui prime sur celle de l'individu (sauf si l'individu veut être condamné et mis à l'écart de la société).
Je pense également que le trauma est presque plus grand chez l'homme lors du viol en raison de la pression sociale : la société imposant l'image de la virilité immuable de l'homme et sa solidité face à tout, l'homme violé apparaît comme un faible et donc subi un trauma très important, ce qui se voit d'autant plus que peu d'hommes portent plainte pour viol.
Je te concède que le fantasme du viol est quelque chose de répandu, mais pas dans n'importe quelle condition la plupart du temps. Pour beaucoup, le passage du fantasme à l'acte présupposes la mise en place d'un scénario, qui fait que le viol n'en est pas un, mais plutôt une simulation de viol, et donc, nous ne sommes plus sous le critère du "sous la contrainte" donc légalement hors du viol légal.
Notre société a donné une définition du viol qui n'est pas la meilleure, mais pas la moins mauvaise. Il est très possible qu'aucune société n'ait un jour une loi parfaite, notamment concernant le viol qui, comme je le disais au début, peut-être purement psychologique. Nous n'avons pas la meilleure loi, mais nous en avons une. Alors, respectons-la. C'est ce qui permet de vivre en société à peu près civilisée, non ?
