Alors....Moi je faisais de la boulimie et de l'hyperphagie. Pendant trois ans, j'ai alterné tendances anorexiques, hyperpagie et boulimie. Pas de vomissements mais trois ans à perdre du poids, à prendre, à voler de la nourriture partout (chez les amis, dans la famille...), à voir mon corps se déformer presque de jours en jours, à culpabiliser, à chialer, à faire du sport de maniere intensive pendant 6 mois (marathon...) à me faire mal physiquement tellement j'allais au bout, et à larver les 6 mois suivants, à me détester physiquement, jusqu'à croire que je ne méritais pas d'amour.
Et puis..... la décision de faire une thérapie. Et en trois ans, tout doucement, j'ai appris à pleurer. Ca a l'air con comme ça, mais je ne me lâchais jamais avant. Toutes mes émotions, je les refoulais avant même qu'elles ne m'atteignent. Bref. En trois ans, j'ai peu à peu lâché prise. Tout n'est pas fait dans ce domaine bien sûr, mais...J'ai appris à prendre consience de ce dont j'avais envie. Je parle de choses connes, au quotidien ! Avant je ne savais meme pas dire si qqch me faisait du bien ou du mal.
Et aussi...j'ai découvert que j'étais jolie. Que j'avais des qualités, que j'étais quelqu'un d'original, de spontané, de charmant, qu'on pouvait aimer.
Et j'ai perdu mon petit surpoids tout doucement. Et je me trouve jolie. Je ne suis ni mince ni ronde, on va dire normale, et je me trouve belle. Belle ! je le répete parce que j'aime cette nouvelle idée...
Alors bien sur pas de recette...Moi je n'ai jamais fait de RA ou quoi que ce soit, juste une thérapie simple. Celle ci m'a fait comprendre que les crises de bouffe étaient un symptome et pas le mal en soi, et aussi qu'elle étaient une soupape, pour eviter que j'explose : une sorte de compensation NECESSAIRE que mon corps avait trouvé pour enfin exprimer ce qu'il voulait dire. J'ai donc peu à peu arreté de culpabiliser, et j'ai commencé a faire mes crises A FOND. Quand je dis A FOND, cest sans aucune restriction : besoin de manger pour X raison? Et ben on y va.
Et paradoxalement : les crises ont commencé à moins durer, comme si le fait que je les accepte les rendait moins puissantes.
Aujourd'hui......, je suis une gourmande ça, ça reste

, en semaine je mange normalement ( environ 1600 cal par jour) , et le week end, je m'autorise une journée boulimie si j'en ai besoin, (et si non, des restos avec mes amis, ou mon copain, sans oublier le moelleux au chocolat, le ptit dej croissant enfin des vraies journées gastronomiques quoi !!!
Si j'ai besoin carrément de la bonne boulimie, et bien je l'integre à ma semaine, elle fait donc partie de ce que j'ai "le droit" de faire. J'y prends du plaisir... Et le lundi matin, la semaine reprend avec son équilibre, et voilà ...Je n'ai pas pris un kilo depuis un an, tout est stable...
Mais au delà de ce corps que j'ai dompté et de cette gourmandise que j'ai adoptée, c'est ma personnalité qui s'est épanouie. J'ai assumé mon coté sombre, mon côté sensuel, mon côté subversif, mon côté enfant aussi, en fait, tous mes contraires, et au final, je me sens "unie", cest bizarre à dire.
Si je n'ai qu'une chose à dire à celles qui sont encore "dedans"....c'est de ne pas se focaliser sur les théories basées sur la nourriture...Car plus j'ai cherché ailleurs c'est à dire, dans ma personnalité, mon passé, mes pbs relationnels, mes histoires de mec, etc, etc, ce qui n'allait pas, mieux je me suis sentie, et donc, par ricochet, la bouffe s'est réglée d'elle même.
Et aussi, le deuxieme truc que je dirais, c'est : n'essayez pas de vous en sortir toute seule : c'est une illusion. C'est impossible car un esprit "contaminé" ne peut se soigner qu'avec ses propres moyens et sa propre vision des choses qui est donc une vision...contaminée. Le regard du thérapeute est essentiel vraiment.
Voilà ....vraiment plein de courage à toutes (et tous d'ailleurs...) . Je suis dispo pour discuter en mp sans pb et meme avec plaisir. :kiss: