sandydidou a écrit :Je trouve que c’est une des grandes tristesses de notre époque et de notre société que de nous amener à nous estimer par rapport à notre degré d’activité (je me retiens pour ne pas dire productivité). Et je ne suis pas non plus libérée du besoin de me « fondre dans le moule » et de donner de moi une image valorisée par le métier que j’exerce, donc il n’y a pas de critique de ma part quand je te parle. Mais bon, je trouve qu’on tombe vite dans la survalorisation de l’activité rémunérée. Le temps « libre » laissé par une période de chômage peut aussi être une bénédiction si on le vit comme une possibilité de découvrir tout ce qu’on n’a pas pu faire auparavant faute de temps ; à titre d’exemple, les périodes de chômage que j’ai traversées (assez longues) m’ont permis de faire de la peinture et de finir par exposer ; j’ai aussi découvert et pratiqué des activités sportives pleine nature très prenantes. Le chômage ne doit pas faire oublier les projets que l’on a bâti ni les lignes directrices de notre vie ; le travail n’est qu’un moyen d’aboutir à notre accomplissement personnel et non une fin en soi (enfin, c’est mon point de vue).
Je me refuse à évaluer la valeur d’un être humain à l’aune de sa productivité, je n’ai pas besoin que quelqu’un soit « utile » pour l’apprécier, il suffit qu’on soit sur la même longueur d’ondes à propos de la conception de l’existence.
Tu sais ce qui est le pire?
Je suis plus que totalement d'accord avec toi
Au début de mon chômage, j'en ai profité pour me remettre à l'écriture de mes contes pour enfants, délaissés à la fin de mes études faute de temps. Mais petit à petit, j'ai lâché. Je suis complètement obsédée à l'idée de ne rien trouver, ce qui me fait peur car, comme je l'ai expliqué, financièrement mon fiancé et moi ne pouvons pas nous en sortir avec sa seule paie.
Mais si je sors de mon petit exemple à moi, je partage complètement ton opinion. Pour moi, on n'est pas le métier que l'on exerce. Et je ne peux même pas vraiment dire que j'adore follement la voie professionnelle dans laquelle je me suis orientée. C'est une branche dans laquelle je pense être plutôt douée, mais qui ne m'épanouit pas forcément au-delà de mes espérances.
Parfois, je m'imagine très bien occuper une fonction à mille lieues de la communication, des grosses boîtes, de l'"image", avec un statut bien inférieur... Et je m'imagine très heureuse.
Mais dans la vraie vie, je suis thétanisée à l'idée qu'on puisse me considérer comme une "ratée", et à l'idée aussi de décevoir tous les gens qui ont été si fiers que j'obtienne ce fichu diplôme. Je viens d'une famille ouvrière sans moyen, mon père est ouvrier métallurgique, ma mère a toujours été au foyer. Alors pour eux, avoir une fille diplômée de Sciences Po c'est un truc énorme, même s'ils développent une grosse ambivalence à cet égard.
Pour eux c'est bien, mais je suis "différente" d'eux. Ils s'imaginent toujours que je les méprise parce qu'ils n'ont pas fait d'études, donc ils me sortent beaucoup de vannes maintenant que je suis en difficulté...
Enfin bref, je raconte ma vie là , faut que j'arrête...
Tout ça pour dire que ce n'est pas le métier des gens qui me fait m'intéresser à eux, mais qu'en sens inverse j'ai l'impression que tout le monde me considèrera comme une "pauvre fille" si je ne deviens pas Premier Ministre
Et sinon, david, si tu es si fier de toi pourquoi tu agis en mec super-complexé par son niveau d'études, et pourquoi tu dénigres autant ces maudits Bac+5 que tu n'envies pas du tout?
Je le répète, je ne juge pas aux études faites!
Dans la famille de mon fiancé, ce sont tous des profs, profs de fac très gentils mais un peu élitistes. Son oncle a été le vilain petit canard parce qu'il a arrêté les études au collège. Par la suite, il a monté sa boîte, spécialisée dans... les roulettes. Autant dire que la famille s'est bien moquée de lui.
Et pourtant... Maintenant sa boîte marche du tonnerre de dieu, c'est lui le plus riche de la famille, il a une belle résidence secondaire en provence et prend une revanche amplement méritée!