tu sais absinthe, il y a une chose qu'il ne faut pas oublier, c'est que quand ça se passe quand tu es enfant, tu as beaucoup moins de recul que si tu étais adulte. dans mon esprit de petite fille, tout était embrouillé, c'est limite si je ne comprenais pas. on se dit que c'est peut être "normal" mais on se sent soupable de se sentir mal à cause de cela, on se dit que forcément c'est notre faute, ce sentiment est plus présent surtout quand on a une famille comme la mienne

jamais une preuve d'amour, jamais d'affection et même bien au contraire, on m'a toujours répété que si je n'avais pas été née, le monde se porterait mieux

. je résume un peu l'histoire mais c'est juste pour donner mes impressions, je ne sais pas si ça été le cas de toutes.
donc voilà , pour te répondre,
Pourquoi n'avoir rien dit? : parce que j'avais peur, mais bien plus grave que la peur, j'avais surtout honte.
Pour celles qui s'en sont rappelées longtemps après, vous n'avez pas eu envie de revoir la personne?: je ne savais pas si je "devais" vouloir revoir la personne ou pas, mais de toute façon, ce sont des amis de la famille, ils n'étaient pas tous des adultes au moment des faits, parmis eux il y avait des ados aussi, ce qui accentue le sentiment de culpabilité, je ne sais pas si je suis claire. mais en tout cas, je voulais revoir les personnes dans un sens pour me convaincre que c'était normal (je pensais que si c'était normal je n'avais pas de raison de ne pas vouloir les revoir)
De vous faire vengeance?: oh que si

j'en avais envie oui, mais le problème c'est que quand j'étais enfant, je m'auto punissais quand j'en voulais à quelqu'un, avec le temps et à force d'entendre la même chose tout les jours pendant des années, j'ai fini par me convaincre que si j'en voulais à quelqu'un, j'en devenais moins aimable, et comme je croyais que j'étais adopté (parce que ma tante me l'avait dit mais que c'était faux!) j'ai cru qu'on allait me mettre à la porte. la peur de poser des questions n'aidant pas, on commence à se faire des scénaris dans la tête
de fil en aiguille j'ai fini par ne plus parler, la seule chose que je disais c'était "non", car en fait, avec le temps, les années qui passent, j'avais inconsciemment envie de me convaincre que je PEUX dire non, et même au delà de dire non, le faire ressentir, pour résumer je disais non pour tout et n'importe et je culpabilisais par la suite
toutes ces réactions sont tellement complexes et entremêlées que j'ai fini par ne plus savoir ce qui a été la cause et la conséquence de quoi

c'est déstabilisant. mais grace à internet, grace à mon ouverture sur le monde, grace à VLR aussi, j'y vois plus clair, pouvoir mettre des mots là dessus même dans ma tête ça m'aide énormément à m'éclaircir les idées. aujourd'hui je comprend par où je suis passée, je comprend mes réactions, ça peut sembler étrange, mais j'ai un peu l'impression que ce n'était pas moi qui ai vécu ma vie d'enfant

c'est déstabilisant mais dans un sens je me sens tout à fait mieux justement parce que j'ai l'impression d'avoir été simple témoin de toute ma vie passé, sans en être l'acteur :-k
finissons sur une bonne note ^^ aujourd'hui je vais beaucoup mieux par rapport au passé. quand je regarde des années en arrière je vois le chemin que j'ai parcouru, une petite chose insignifiante mais qui a énormément de sens est qu'aujourd'hui, j'arrive à penser du bien de moi, ce qui est déjà en soi une très grande réussite et je suis fière de moi, fière de la force que j'ai eu, je n'aurais jamais su avoir la force et le courage de survivre à tout ça, et il y a quelques années, j'étais incapable d'être fière de moi ^^ donc tout va pour le mieux aujourd'hui