mamykro a écrit :Choo a écrit : Les enfants sont fragiles, mais ce sont de futurs adultes responsables, il est des expériences qu'il vaut mieux qu'ils fassent dans de bonnes conditions, comme là . Et jeunes, oui. Car on devient trop vite moins jeune, voir ado et très TRES con.
J'ai été discriminée au collège. La souffrance que j'ai vécu à ce moment là n'a pas duré une journée, dans un milieu rassurant comme une classe, avec une possibilité de prise de parole et d'expression bienveillante par la suite. ça a duré plusieurs années, et même si c'est "l'adolescence tout le monde en passe par là ", ben non, je suis pas d'accord pour cautionner sous prétexte que...
mais justement: je préfère 1000 fois que ce soit quelque chose dont on parle quand ça arrive, plutôt que de créer une expérience qui fait arriver la discrimination. parce que c'est clair, des discrimination, on en rencontrera forcément un jour ou l'aute dans une classe.
Si un prof voit qu'un élève subit une discrimination, alors il peut en parler avec le groupe, discuter, argumenter, expliquer et il règle la question. Là , le prof crée lui-même la discrimination, les élèves le suivent et pof, on leur dit qu'ils ont eu tort! ca ressemble un peu à un piège, je trouve.
Non c'est pas un piège, c'est un dispositif de prise de conscience d'une tendance, présente en chacun de nous, contre laquelle il faut lutter. Chacun de ces enfants devait penser avant l'expérience qu'il était "gentil" et que les méchants, c'étaient les autres. Là il se rend compte que sans vigilance, tout le monde peut être méchant. La prof ne les culpabilise à aucun moment d'ailleurs.
Les sermons et les leçons de morale, tout le monde sait que ça ne marche pas. Les gamins font oui-oui, ils sont capables de rédiger de vibrants devoirs d'éducation civique contre les discriminations, et de lancer "sale pédé!" juste en sortant de la salle. Ils sont d'accord sur le principe, "discriminer c'est mal", mais ils ne se sentent pas concernés par le problème, par manque d'empathie je pense. Je suis persuadée que l'empathie, ça s'apprend.
Ok ça m'a fait de la peine de voir ces petits bouts pleurer pendant la journée, mais ça leur a appris à se méfier d'eux-mêmes.
Récemment, j'ai vu le film "Dogville" (Lars Von Trier), je vais pas raconter la fin pour ceux qui voudraient le voir, mais ça a été une véritable expérience pour moi : je me suis rendu compte que, bien conditionnée (juste le temps du film hein, pas besoin d'un lavage de cerveau de 6 mois), j'étais capable d'éclater de rire et de jubiler lorsqu'un type mitraille des gamins sous les yeux de leur mère.
Bah je me vois plus comme avant. J'ai vu, ce jour-là , ce dont je dois me méfier.
Tout le monde dit modestement "peut-être que moi aussi j'aurais été un nazi", mais qui le croit vraiment au fond de son coeur ? On se croit toujours bon, et ce genre d'expérience permet de se prémunir contre cet aveuglement.