A mon sens, la véritable "toxique" est celle qu'on ne voit pas venir, et qui te pollue gentiment mais discrètement la vie... Je m'explique :
Je suis assez liante, et plutôt entourée. De gens très bien, depuis des années, je me trompe rarement en amitié. J'ai rencontré un jour, à l'occasion d'un nouveau taf, une jeune femme que je trouvais vraiment hyper sympa, drôle, un peu torturée (mais j'aime bien), à l'écoute... Cool quoi. Mon homme, qui de son côté a très peu d'amis, a bien accroché avec elle aussi, tant et si bien que quand j'ai fait une grosse dépression, il n'a trouvé dans cette ville où l'on ne connaissait personne un véritable soutien qu'auprès d'elle.
Jusque là tout va bien. On re-déménage, et j'émerge peu à peu, à force de me battre, de cette *utain de dépression. On la voit moins du coup, comme elle est loin, mais les relations sont toujours régulières. Mon homme la considère aussi comme une amie et est heureux de pouvoir se confier à quelqu'un de temps en temps.
Au fil du temps, je me suis aperçue que cette fille était quand même bien plus torturée que ce que je ne l'imaginais... Du genre "je vois tout en noir", très égocentrique, et assez démoralisante. Jusque là pas de problème hein, il faut accepter les gens comme ils sont.
Le hic, c'est quand la meuf essaie de t'entraîner dans son gouffre pour se rassurer. Le type de nana qui, dès qu'elle te voit, te regarde avec un air hyper compatissant au bout de 2 minutes en te demandant, à voix basse : "Non mais ça va vraiment ? vraiment vraiment ? Tu peux me parler tu sais..."
Oui oui ça va, désolée de te décevoir
Jusque là je passais sur ce trait de caractère assez agaçant. Un jour, il y a deux ans à peu près, elle vient nous voir. Durant la journée, elle trouve un petit moment pour discuter avec mon homme. La journée passe, et on se rend toutes deux chez ma soeur le soir, pour dîner. Là , à peine passée la porte, elle se jette sur moi en mode "faut que je te parle absolument". Et là , elle me cuisine sur ma relation avec mon homme, comment ça va tout ça, parce qu'il m'a dit des trucs qu'elle ne peut pas me répéter...
Evidemment, je lui demande quoi, et elle ne se fait pas prier : "Nan mais c'est parce que j'ai discuté avec lui, il souffre vraiment du fait que votre vie n'avance pas, que vous n'ayez pas encore de bébé..." etc. etc. Des trucs hyper perso dont il m'avait jamais parlé quoi
Et l'interrogatoire continue, sans que je n'y mette fin brutalement (ce que j'aurais dû faire, trop bonne trop conne). Ma soeur a juste halluciné, d'autant plus que je suis extrêmement pudique sur mon couple, j'en parle très peu à mes amis. On a une très belle relation avec mon mec, et quand on a un souci, on en parle tous les deux.
Bref, je ressors de là , quelque peu bouleversée. J'en parle dès mon retour à mon homme, et évidemment ça a été désamorcé en deux secondes. Mais j'ai réalisé que, si ça n'avait pas été nous, elle aurait VRAIMENT pu foutre la merde. Et je crois que, consciemment ou non, c'était son but. Elle aurait pu ainsi se rassurer sur le fait qu'on était aussi malheureux qu'elle.
Mon homme, très blessé par cette trahison, venant de quelqu'un qu'il pensait être son ami, a coupé les ponts direct. Moi ça a été plus long, je lui ai laissé le bénéfice du doute. Mais les choses ne se sont pas améliorées et j'ai fini par prendre le large. Sans la blesser, car je ne crois pas qu'il soit utile d'être méchant dans ce cas là (elle n'est pas méchante à mon avis, mais ce n'est une "amie" que dans le malheur en fait), mais de manière ferme et définitive.
Ah, sinon, et en plus court, j'ai eu une "amie" (enfin, elle se considérait comme telle, pour moi c'était juste une connaissance), qui admirait beaucoup mes qualités humaines, intellectuelles toussa ("quand tu parles, le silence se fait autour de toi"

) mais qui avait manifestement un vrai problème avec mon poids. Obsédée par la minceur, elle n'avait pas l'air de concevoir qu'on puisse être grosse et heureuse. C'était assez particulier car je n'ai jamais eu ce genre de réactions chez mes amies, même chez celles qui ont la taille mannequin. Bref, elle me sort, un jour, alors qu'on parlait de je-ne-sais-plus-trop-quoi sans rapport avec le poids : "Mais tu sais, tu es très belle, faut t'assumer..." (boooon, ok, mais jusque là je t'ai rien demandé à ce sujet tu sais, je ne pleure pas en me regardant dans la glace tous les matins), et elle ajoute cette phrase mythique : " En même temps, heureusement que tu es comme tu es, sinon tu nous écraserais toutes !"
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Un an après, je ne sais toujours pas quoi répondre à cette phrase

Je vous rassure, j'ai coupé les ponts en moins d'une semaine après cet épisode

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