xaxoros a écrit :Je suis d'accord avec vous deux !
Pensez vous que l'individu a une place prépondérante dans la société ou qu'il fait partie d'un tout, comme les fourmis dans une fourmillière ?
Je m'explique : pensez-vous que l'action ou la pensée de chaque individu peut influencer le destin de la communauté ou que sa marge de manoeuvre est limitée à l'échelle de la destinée de sa ville, son pays, son continent ?
Avez vous au quotidien influencer ou changer d'aiguillage d'autres personnes, Ã part vos proches ?
Quelle sentiment avez-vous vécu alors ?
Pour répondre à ta dernière question, je peux te dire que je dois au hasard des rencontres le fait d'avoir changer complètement d'orientation de vie... Je préparais à l'époque un bac technologique, mais je sentais bien que jamais jamais je ne me réaliserai en tant que personne dans ce domaine d'activités... J'avais été orienté sur cette voie-là , sans avoir mon mot à dire, point barre. Jusqu'au jour où j'ai assisté au premier cours de philo... J'étais lecteur de certains auteurs (les moins difficiles d'accès, comme Platon, Descartes, les classiques en somme), et c'est à ce moment que j'ai eu le déclic, que je savais ce que je voulais faire de et dans la vie : enseigner la philosophie. J'ai vraiment ressenti comme un vertige, je ne tenais plus en place, je voulais tout savoir, tout connaitre, et quand je pensais aux cours si ennuyeux de mécanique qui m'attendaient, je n'avais qu'une envie, ne pas y aller pour me consacrer entièrement à la philo... Dans le même temps, j'ai fait la connaissance d'un pion très vite devenu un ami, un conseiller, comme un mentor qui m'a soutenu sans jamais fléchir quant à ma décision d'entrer à la fac pour bouffer de la philo encore et encore...
Pour revenir au sujet de base, je dirai qu'avoir la foi, croire en une divinité, doit rester avant tout une démarche intérieure, un acte que l'on pose pour soi et non pour se conformer à une volonté extérieure, à une culture donnée... Bein sûr, poser ainsi, la chose parait utopique : on nait dans et d'une culture, et on ne s'en extirpe que difficilement, voir même pas du tout, si ce n'est au péril de sa vie...
J'avoue qu'après avoir vu à plusieurs reprises la ferveur, la gentillesse de coeur et l'esprit d'entraide de jeunes croyants réunis en masse à l'occasion de manifestations eucuméniques, ça m'a fait réfléchir au fait que nous avons tous besoin, sans que personne ne puisse y échapper, de nous rattacher à certaines valeurs, certains principes de vie, qu'on soit catho ou anar... Seulement, je préfère en définitive ne pas me reposer sur une doctrine, une religion ou un système de pensée véhiculant une certaine conception de la vie déjà préétablie, même s'il faut bien reconnaitre qu'on ne part jamais de rien, et qu'au final, comme Descartes l'a dit et fait, il faut déjà apprendre à désapprendre (mettre à distance les a priori que nous cultivons sans le savoir... et voir quelles cartes il nous reste en main après cela).
PS : Pour ceux et celles qu'un ouvrage de vugarisation philosophiques intéresserait, je recommande " L'étonnement philosophique " de Jeanne Hersh, très bien fait à mes yeux.
