Hello à vous
Mon premier message sur ce forum est un message d'espoir
Permettez-moi d'abord de me présenter.
J'ai 22 ans et je suis étudiante. J'ai toujours aimé manger, j'adore les sucreries et j'étais une enfante boulotte.
Tout à commencé après l'obtention de mon BAC. Je suis partie étudier loin de ma famille (comme beaucoup). J'ai appris à vivre seule dans mon petit studio d'étudiante sans le sou. Je pesais 63kg pour 1m65. Rien d'excessif mais avec des petites rondeurs que je vivais plutôt bien.
J'étais en classe préparatoire HEC. Durant mes premiers mois de classe prépa, j'ai pris 10kg. A Noël, ma mère a eu un choc en me voyant. Le pire c'est que je ne m'en suis même pas rendu compte, je n'avais pas de balance et je ne me suis pas vue grossir. Le regard de ma mère a toujours été très important pour moi et je ne peux pas m'empêcher, même maintenant, de prendre tout ce qu'elle dit pour des parols d'évangile (façon de parler, bien sûr).
Donc après Noël de cette première année, le rythme en prépa s'est accéléré, je travaillais énormément et la pression des concours s'intensifiait avec le passage du temps. A coté de ça, j'étais obnubilée par le regard que ma mère avait posé sur moi en me voyant toute bouffie après seulement 4 mois de séparation. Et là ... je pense que vous vous doutez de ce qui s'est passé, la nourriture est devenue à la fois un démon et un réconfort. Démon parce que je ne pouvais m'empêcher de me dire que je devais absolument maigrir avant de revoir ma mère, réconfort car j'étais seule, je me consacrais au travail, mis à part les élèves de ma prépa, je ne connaissais personne dans cette ville, je ne sortais pas, j'étais enfermée dans une cage dans une routine de plus en plus stressante. Je me nourrissais exclusivement de cochonneries (biscuits, chocolats, céréales, cakes, brioches, nutella etc...), j'en avais toujours dans mon sac, en cours, j'en avais en permanence à portée de main, chez moi en travaillant... Je faisais de violentes crises d'hyperphagie toute seule dans mon appart le soir après les cours, j'avais honte, j'avais peur, j'étais mal dans ma peau. Je passais mes nuits à pleurer, à culpabiliser d'avoir encore "craqué".
Résultat + 5kg. L'été approchait, je devais voir mes parents, le regard de ma mère était devenu une vraie hantise. Début mai, je commence à ne plus manger, j'avais l'estomac noué rien qu'en imaginant la réaction de ma mère me voyant approcher les 80kg.
Donc j'ai arrêté de manger ! Pendant les 2 mois qui ont suivi je n'ai mangé que des pommes vertes et des yaourts nature. J'ai perdu 8kg (sur les 16 pris au total depuis le départ du nid familial). J'étais contente, il faisait chaud, je n'avais jamais faim, je buvais beaucoup. Arrivée chez mes parents, ma mère me trouve "mieux", moi je me sentais de moins en moins bien. Jusqu'en septembre je ne mange pratiquement que des fruits, à raison de 2 fruits par jour et rien d'autre.
La rentrée approche, ainsi que le stress des concours. J'entame ma deuxième année de prépa avec le poids que j'avais en quittant la maison de mes parents, j'étais contente mais je stressais.
Les crises d'hyperphagie (que du sucré...) ont recommencé et elles ont continué jusqu'au moment des concours. Je ne sais par quel miracle j'ai réussi à être en pleine forme et à avoir mes concours. Après les concours, la pression s'est relaché, j'ai recommencé ce que j'appelais "mon régime à base de fruits" qui s'apparentait plus à la privation totale de nourriture (2 fruits par jour). Je reperds tout le poids pris avant l'été. Je passe de super vacances, à la plage, je bronze, je suis en forme.
Mes 3 années d'école de commerce sont passées en crises successives d'hyperphagie où je sentais mon ventre exploser ainsi que ma culpabilité, boulimie vomitive parce que je refusais de "garder en moi" toutes ces cochonneries, privations, retour à la normale etc. Yoyo garanti !
Durant ma deuxième année d'école de commerce, je me trouve un copain dont je tombe folement amoureuse. Là je retrouve plus ou moins un rythme normal. Jusqu'à février 2006... J'ai largué mon copain, je n'ai presque rien mangé durant les 2 semaines qui ont suivi (8 yaourts au total). J'ai perdu 5kg car mon ventre était complétement noué. Impossible d'avaler quoi que ce soit.
Depuis peu, je sors avec un autre mec, qui m'oblige à manger équilibré et de tout. Il dose mes portions de chocolat, il me fait prendre des petits déjeuners avec de la confiture (alors que je culpabilise d'en manger), à l'inverse, à midi je mange des légumes, de la viande et des fruits, le soir repas léger et interdit de grignotter entre les repas
J'ai un coach à domicile qui m'interdit de faire des excès mais qui m'interdit aussi de me priver et d'être frustrée. Aujourd'hui je pense être sortie des mes yoyos de TCA même s'il m'arrive souvent d'y penser, d'avoir des envie ressemblant à des débuts de crise etc...
Pour finir, voici ce qui m'a aidé : j'ai créé ma propre méthode de guérison. J'ai décidé que la nourriture n'était pas un facteur de bonheur : non, le chocolat et les cookies ne me rendent pas heureuse. Ouais, c'est gentil de dire ça mais comment faire pour en être convaincue et surtout pour ne plus faire de crises ? En prenant le problème à sa racine.
Ne plus y penser, avoir une vie tellement passionnante qu'elle comble toutes nos envies, éviter de s'ennuyer même quand on est seul. J'ai constaté que la solitude me faisait manger... par ennui, par tristesse ou autres... La solitude me faisait me remettre en question en permanence, me rendait intransigeante envers moi-même car j'étais obnubilée par moi-même, ma vie tournait autour de mon nombril et le nombre de bourrelets qui l'entouraient. Je me suis rendu compte que ça ne servait à rien de penser avec autant de force à ma masse graisseuse, ça ne m'apportait rien de bon. Je me suis tout à coup trouvé très égocentrique et nombriliste (un peu comme ce qu'on reproche aux pro-ana) à passer mon temps à décortiquer ma petite personne.
Donc j'ai décidé de ne plus m'ennuyer et de ne plus être seule. Je n'avais pas d'amis sur place (tous se trouvant dans la ville où habite ma famille). J'en ai trouvé sur Internet, je suis devenue curieuse, je me suis mise à faire des recherches sur tout et n'importe quoi, j'ai fréquenté des forums, je m'en suis fait des amis, j'y ai découvert des passions, des hobbies.
- Mon entourage : au début, je n'en avais pas car je ne connaissais personne dans les villes où j'ai fait mes études. Il FAUT avoir des amis (c'est bête à dire comme ça, mais je me rends compte maintenant que même s'ils n'étaient pas au courant de "mes démons", il m'ont beaucoup aidé involontairement ne serait-ce qu'en me faisant sortir de chez moi ou en me permettant de discuter d'autre chose que mon obsession : la nourriture.)
- Les hobbies, les passions, les centres d'intérêt : sortez, visitez, passionnez-vous pour quelque chose, pas forcément du sport (j'ai horreur de ça). Personnellement, je suis fan du net ! J'adore les jeux Online, j'y ai trouvé des amis : virtuels d'abord et ensuite pour de bon (en vrai, en chair et en os), j'aime le concept de forum, on y rencontre des gens également, on partage forcément quelque chose avec eux puisque les forums sont généralement centrés autour d'un sujet. Les passions et les occupations nous permettent de trouver un moyen beaucoup plus enrichissant de passer le temps qu'en mangeant.
- Des objectifs : non pas en termes de poids ou de nourriture mais en termes de découvertes. Je me suis imposé de faire une découverte par mois. Mes recherches sur Internet sur des thèmes très variés me prennent beaucoup de temps mais m'apportent énormément de satisfaction. Exemples de recherches : L'Inde, son histoire et sa culture ; apprendre le Japonais, faire des recherches sur les bouquins que je lis (dernier en date : Da Vinci Code : alors là c'est des mois et des mois de recherches en perspective !), Nostradamus et ses écrits, le temps qu'il fait en ce moment à Sydney, un forum de passionnés de moto (j'y connais rien pour le moment), la mode (vestimentaire) en Arabie Saoudite, les poissons du Nil etc.
Voila voila

Je suis contente d'être tombée sur ce forum. Bon courage à toutes (et tous), si vous me le permettez je vais rester un peu parmi vous, je me plais bien ici
