Présente
Bon, le mien n'a pas le même comportement et le même rapport au jeu selon comment il se sent, en fait. C'est très lié.
Ce qui est sûr, c'est qu'on ne pourra jamais lui enlever le jeu de sa vie, et ça, je n'y ai jamais compté.
Lorsqu'on s'est mis ensemble, assez rapidement je dois dire, il ne jouait presque pas. Il lui arrivait, quelques fois, d'y passer 2 ou 3h maximum.
Il m'avait dit que pendant un moment, presque un an en fait, il avait habité chez des amis qui partageaient cette passion et n'avait fait que ça de sa vie, mais que ça lui était passé et qu'il ne recommencerait plus.
Quelle n'a pas été ma surprise de découvrir au bout de 2 mois de vie de couple sous le même toit qu'en fait, il n'en était rien et qu'il avait même une certaine dépendance: il ressentait un besoin de jouer qui s'approchait beaucoup du manque lorsqu'il ne pouvait pas: agressivité, renfermement, etc.
Il a commencé à passer ses journées sur l'ordi, se doucher tous les 3 jours... moi je bossais et m'occupait entièrement de l'appartement. Il ne s'occupait plus du tout de moi. Je me souviens voir attendu une fois plus d'un quart d'heure derrière la porte vers 23h en rentrant du boulot. Monsieur dormait à poings fermés tellement il avait joué sans dormir et ne m'entendait pas ni sonner, ni appeler.
Le problème à cette époque, c'est qu'il niait complètement avoir un souci. A l'entendre, c'était normal de ne s'arrêter de jouer que lorsqu'il était épuisé. Il lui arrivait d'oublier de manger, et on ne faisait que se croiser: un bisou le matin, un bisou le soir, point barre. Il était au chômage, on avait des problèmes d'argent, il ne faisait rien pour s'en sortir.
Alors un jours, je l'ai pris "entre quatre yeux", l'ai forcé à lâcher son ordi 5 minutes et on a eu une bonne discussion.
Il a fait la gueule un certain temps, puis il m'a avoué tout ce qu'il avait sur le coeur.
Il était en pleine dépression, tout simplement, se sentait inutile et le jeu lui donnait une évolution rapide, une évolution, des responsabilités, qu'on n'obtient pas aussi facilement dans la vie.
Suite à cela il a modéré son temps de jeu, beaucoup modéré, mais ça ne s'est pas arrêté là .
On a déménagé sur Paris, on a habité chez ses parents un petit moment, il bossait donc jouait beaucoup moins voire pas du tout.
Quand on a repris un appart' à nous, contrairement à ce qu'il me faisait croire, il a recommencé à jouer exclusivement.
Sauf que là , il était vraiment au plus mal, et il a fini par prendre la décision d'aller voir une psy.
Il a fait un an de thérapie, avec des hauts, des bas, des très bas. Il a tenté d'arrêter net le jeu mais évidemment, il a recommencé au bout de 3 mois.
Personnellement je savais que l'arrêt complet n'était pas la solution, mais il fallait que je le laisse avoir cet espoir.
Il marche par périodes: certaines fois il ne va faire que ça jusqu'à des 6h du matin, certaines fois il ne va y jouer que 3h dans la journée.
Je sais désormais que ce n'est pas contre moi et que le problème n'est pas entre nous mais dans sa tête.
J'ai déjà aussi joué avec lui, c'était agréable franchement, et ça nous permettait de partager quelque chose dans les moments où il était en arrêt maladie et ne se sentait capable de rien d'autre.
J'ai mis un point d'honneur à ne jamais le juger sur son temps de jeu, par contre, il m'arrive de le recadrer si par exemple il me dit "tel jour on fait telle chose" et que finalement, il se met sur l'ordi, me laisse me préparer et me dit au dernier moment qu'il n'a pas envie de sortir.
Là depuis un mois, il va de plus en plus mal. Sa psy est en congé maternité, il a arrêté son traitement du jour au lendemain, il est angoissé à mort. Il ne peut pas la revoir avant Septembre, c'est long.
Je m'accroche à mort, et lui fait le plus d'effort possible pour ne pas me laisser de côté, mais c'est difficile.
Là par exemple, il est parti au boulot en faisant la gueule, sans raison particulière, il en a juste ras le bol de tout, il se sent dépassé.
Ce qui nous a vraiment beaucoup aidé, c'est le dialogue. Le fait que je m'intéresse à sa passion, que j'essaie de comprendre pourquoi il joue autant, pourquoi il a autant besoin de jouer.
Je patiente. J'avoue que certaines fois, j'en ai marre que ce soit son premier réflexe en se levant et en rentrant du boulot, mais il me rend ce temps perdu au centuple quand il se sent mieux.
Quand il allait mieux, on sortait souvent, il jouait de temps à autre, sans plus, on avait vraiment une vie de couple épanouie.
Je sais que son envie de jouer est dû à un grand manque de confiance en lui.
J'arrive à le comprendre. J'aimerais qu'il participe plus à la vie à deux, mais je lui laisse du temps. Le temps de revoir sa psy, d'aller mieux. J'essaie de ne pas le faire culpabiliser, c'est important.
Je ne sais pas si ton copain a un problème, quelque chose qui le tracasse, mais il faut savoir que dans le plupart des cas, ça cache quelque chose.
Parfois il s'agit juste d'une passion dévorante qui prend un peu trop de temps.
Il faut que vous trouviez un équilibre. Des moments à vous, des moments seuls.
Je mets un point d'honneur à ce qu'on dîne ensemble. Ensuite, la soirée, je la passe devant un bon film avec ou sans lui, mais pas d'obligation.
Le week-end il vient de lui-même se poser avec moi, et on arrive à trouver un équilibre comme ça.