Je rejoins spounette sur une chose, c'est que malheureusement beaucoup de parents disent des choses méchantes pour faire réagir les enfants.
J'ai eu 2 parents toxiques et pourtant aujourd'hui je parle à ma mère et j'ai une relation cordiale et respectueuse.
Tout cela ne s'est pas fait en 1 jour, c'est clair, mais petit à petit j'ai su exprimer très clairement et sans agressivité tout ce qui me blessait dans l'attitude de ma mère (mon père étant mort il y a 22 ans en demandant pardon du mal qu'il avait pu faire, sa demande étant sincère j'ai pu me libérer de cela en lui accordant mon pardon).
Pour ma mère on a réussi à communiquer sur le poids quand je lui ai demandé si elle ne m'aimait pas comme j'étais puisqu'elle voulait tout le temps que je maigrisse. En plus, ces remarques m'atteignaient car je me sentais coupable d'être grosse. En me libérant de ma culpabilité et en m'assumant comme j'étais mon attitude a changé et le jour ou j'ai exprimé que toutes les remarques du monde ne me feraient jamais maigrir, mais si la vue de ma graisse lui était insupportable je pouvais cesser de lui imposer ma vue, elle s'est mise à pleurer en me disant que non elle m'aimait très fort, elle n'aimait pas mon obésité qui lui faisait peur, qu'elle avait peur pour ma santé. L'explication m'a semblé suffisante pour que je passe sur le côté ou elle a certainement un peu de peine à assumer le regard des gens, dans le fond cela m'est égal, chacun voit midi à sa porte.
En tant que parent par contre, mon second fils a mon tempérament c'est à dire que malgré un poids dans la norme, il a peut-être 2 kilos de trop selon une norme esthétique à la mode et il s'est toujours fait traiter de gros, on lui a dit également c'est normal que tu es gros car ta mère elle est énorme et elle te donne que des frites, du chocolat et du coca! Et bien mon témoignage en tant que parent c'est que on se sent bêtement coupable quand notre fils nous redit cela et qu'il faut beaucoup de remise en question, d'analyse sur soi, pour ne pas se mettre à stresser son enfant sur son appétit et du coup déclencher des troubles alimentaires et la spirale de l'obésité.
Heureusement que mon fils ainé mange la même chose (même beaucoup moins "équilibré" il faut bien le dire) et qu'il est très mince cela m'a permis de ne pas remettre en cause le choix que j'ai eu que mes enfants développe du plaisir avec la nourriture et que la nourriture reste un des plaisirs de la vie et non une dépendance.
Pour mon fils le fait que je ne suis pas en train de me dévaloriser et le fait que nous lui renvoyions une image de beauté fait qu'il a confiance en lui et que les remarques ne l'atteignent pas et moi non plus il faut bien le dire, de plus il a eu ses remarques seulement quand il était plus petit et que je m'assumais moins bien, est-ce une coincidence ? je n'en sais rien, mais les comportements et les remarques maltraitantes se répercutent souvent de génération en génération et c'est à nous de casser ces comportements, mais cela demande du travail.
Je pense que c'est à la victime de se rebeller (déjà pour cesser d'en être une et un bourreau ne cessera pas de faire souffrir spontanément) et du coup le bourreau s'il n'a plus de prise sur vous, il va se retrouver tout seul avec sa méchanceté.
On a de pouvoir que sur soi-même par sur les autres. Donc on peut être extrême et tous rejeter nos parents, mais on peut aussi avant de les rejeter exprimer les choses très clairement, dire ce qui nous fait mal, dire que l'on est ce qu'on est et que c'est comme cela, on a pas besoin de se justifier. Certaines fois il faut prendre de la distance, se protéger si les parents ne comprennent pas.
Cocochanel, déjà si tu fais un premier pas de te dire que c'est lui qui a un problème avec le surpoids et que tu n'es pas obligée de lui plaire physiquement puisque c'est ton père c'est déjà une bonne chose. Voici le type de réponse que je ferais devant une nouvelle remarque :
"papa, je ne suis pas née pour te plaire physiquement. Je suis convaincue que je rencontrerais quelqu'un qui me trouvera à son gout avec qui je ferai ma vie. Donc j'entends que tu ne m'aimes pas grosse, mais c'est ton avis, je te le laisse, pour moi un père doit aimer sa fille comme elle est, si tu ne t'en sens pas capable je ne sais pas trop quoi te dire d'autre que cela me blesse quand tu parles comme cela et que si tu veux me faire souffrir pour déclencher une hypothétique réaction en moi, je dois te dire que tu te trompes, cela ne marche pas comme cela, bien au contraire. Si ma vue t'es insupportable et bien je prendrai la décision de m'éloigner de toi pour ne pas t'imposer cette vision"
C'est un peu comme cela que j'ai parlé à ma mère et cela a marché (bon elle a d'abord pleuré comme d'hab et ensuite il y a eu une petite période de distance) mais, depuis plus jamais de parole sur mon poids ou autre sujet me concernant et du coup nous avons pu développer une relation cordiale (tout en restant à distance car je ne tiens pas à m'exposer trop) mais qui me suffit.