Je porte deux regards sur ce sujet.
Pour ce qui est de la question première, qui touche, si je comprends bien, aux accessoires pour des petits moments de "soumission", j'y vois des moyens de pimenter des jeux sensuels. Se priver momentanément d'un sens (avec le bandeau sur les yeux) pour se reporter sur les autres sens, pour jouer aussi sur la surprise (va-t-il/elle me toucher ici ou là ? ou ne pas me toucher ?). Se priver momentanément de la possibilité de répondre aux gestes de l'autre (avec les menottes qui interdisent de faire agir les mains).
D'un autre côté, comme cela a été dit plus haut, la soumission peut aller plus loin, dans le fait de s'abandonner volontairement et dans la durée, au "pouvoir" de son/sa partenaire. Il s'agit là , bien sûr, d'une relation dont la nature fait appel à un abandon et une emprise de nature plus profonde.
Mais, dans les deux cas, et à des degrés bien sûr divers, je vois des éléments comparables :
- pour s'en remettre ainsi à l'autre, il faut qu'il y ait une complicité profonde entre les deux personnes. Sans cette complicité, ces jeux n'ont pas vraiment de sens, ou cette relation prend un sens totalement négatif (manipulation, etc.) ;
- je pense que c'est la personne qui accepte de se "soumettre" qui garde une grande partie du pouvoir, même si la situation peut faire penser que c'est le contraire. En effet, si elle décide que la soumission (jeu ou relation) prend fin, ce n'est pas l'autre personne qui peut imposer que cela continue (comme je l'ai dit au-dessus, je ne réfléchis qu'aux cas où c'est un jeu ou une relation mutuellement consentie). C'est un peu "je me donne et donc je te tiens".
Parfois, ce genre de jeu ou de relation est aussi, pour la personne qui s'abandonne à se soumettre, une façon de découvrir des sensations et des plaisirs qu'elle n'aurait pas exploré avec autant de facilité d'esprit que si elle n'avait pas été "soumise". En étant dans la situation de soumission, cette personne peut se dire "ce n'est pas moi qui ai choisi d'explorer ou de vivre ce plaisir-là , mais c'est l'autre qui me l'"impose"". Cela peut donc être une façon de se libérer de certaines contraintes mentales (une éducation stricte, une faible confiance en soi, etc.) pour vivre des plaisirs qu'on n'oserait pas vivre autrement.