Il justifie son comportement infect actuel uniquement par le fait que j'aie osé demander le divorce. Je n'ai pu obtenir aucune autre explication, sinon que j'ai fait ça "dans son dos" et "sans lui en parler". Ca fait 3 ans que je lui en parle sérieusement mais qu'il refuse tout dialogue et effectivement, je suis allée voir l'avocate seule la 1e fois, mais je doute qu'il y ait un autre moyen de faire. Il me reproche aussi de lui avoir annoncé mon intention de divorcer "au mauvais moment". Je voulais divorcer déjà il y a 3 ans, mais sa maman est décédée brutalement. Là j'ai trouvé que c'était vraiment un "mauvais moment" et je l'ai laissé remonter la pente. Je lui ai annoncé mon intention de divorcer 2 ou 3 jours après son anniversaire, je n'avais pas le choix, l'avocate lui envoyait un courrier, je préférais qu'il l'apprenne de moi plutôt que par un courrier juridique impersonnel. De plus je doute qu'il y ait vraiment "un bon moment" pour annoncer ce genre de nouvelle.
Il dit aussi qu'il ne comprend pas pourquoi je veux divorcer parce que selon lui "tout va bien". Quand je lui rappelle tout ce qu'il m'a fait endurer au cours des années il répond que "c'est du passé". Oui, mais moi je l'ai toujours en travers, notamment parce que contrairement à ce qu'il croit, les choses ne se sont pas arrangées et que je sais bien qu'elles ne s'arrangeront pas. Quand je lui dis que ma vie actuelle ne me convient pas et notamment ma peur constante d'avoir à régler ses "bêtises" (parce qu'avec lui c'est comme ça, on ne sait pas ce qu'il va inventer, on ne sait pas quand, mais on sait que ça va arriver), le fait que nous n'avons rien en commun et surtout le fait que j'aimerais avoir une vie "normale" et aussi une vie de femme (puisque je n'en ai plus avec lui depuis 12 ans), il dit qu'il ne comprend pas ce qui me gêne. Pour le dernier point, il dit qu'on peut tout à fait vivre sans sexualité, il ne voit pas ce qui me gêne là dedans.
En fait j'ai le sentiment de le "porter" littéralement depuis 20 ans et je suis usée. J'ai supporté son alcoolisme de 92 à 2002 et depuis 2002 son addiction aux médicaments avec tout ce que cela comporte. De plus je le porte dans notre vie privée mais aussi dans notre vie professionnelle puisque nous travaillons au même endroit, dans le même service et que comble de malheur, je lui suis hiérarchiquement supérieure. Sans moi, il y a longtemps qu'il aurait pris la porte et il le sait. On le garde pour moi, pour me faire plaisir, mais au détriment de ma carrière (pas de nomination ces dernières années pour moi, malgré des états de service exemplaires, parce qu'on fait déjà l'effort de garder mon mari. Et je ne peux pas le reprocher à mon employeur, car moi aussi je préférais cette solution, pour le préserver, comme je l'ai toujours fait, en tous domaines.
Quand je lui demande pourquoi au cours de toutes ces années il me ment, il me trompe, il me manque de respect... il ne sait que dire "je ne sais pas". Quand je lui demande pourquoi un jour de septembre 2000 on a eu notre dernière relation (alors qu'il en a eu avec une autre après !), il répond "je ne sais pas". Quand je lui demande pourquoi il n'a jamais voulu consulter pour que les choses s'arrangent, il répond "je ne sais pas". Quand je lui rappelle qu'un homme a aussi des mains, une bouche et qu'il peut sans servir il répond que "oui mais qu'à lui ça n'apporterait rien". Et moi j'entends "crève avec ta misère, qu'est ce que j'en ai à faire que tu ne te sentes plus une femme, ça ne me concerne pas".
Lui dire d'écrire ? Il le fait déjà et beaucoup. Mais outre le fait qu'il est très difficile à lire (une grosse dyslexie et une dysorthographie jamais détectées) il ne me demande pas de lire ce qu'il écrit. Donc je respecte son "jardin secret".
En fait il dit qu'il ne me reproche rien, qu'il a conscience que j'ai toujours tout fait pour lui mais que jamais je n'aurais du prendre la décision de "l'abandonner" (ce sont ses mots).
En fait le seul vrai grief est là : je pars et il ne le supporte pas, car je le trahis, d'autant qu'il m'en croyait incapable.