Patty a écrit :Ma grand-mère me disait souvent que l'expression "on fera quelque chose de toi si les petits cochons te mangent pas" n'était pas une expression en l'air.
Au début du 20e siècle, ce n'est pas si vieux quand on y pense, les "mères-filles" comme on les appelait n'avaient souvent qu'un seul choix pour échapper à la honte. Cacher leur grossesse et tuer le bébé. Et dans les campagnes, souvent on le donnait aux cochons, parce qu'un cochon ça mange tout.Ou alors on le jetait dans un puits... Et il y avait encore d'autres façons de le faire disparaitre. Ma grand-mère me disait que c'était très courant. Dans les familles nombreuses aussi on tuait les bouches surnuméraires à nourrir quand il n'y avait pas assez...
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Ma grand-mère faisait partie des enfants qui avaient échappé au sort du cochon, parce que mon arrière grand-mère a eu le courage de la reconnaître, en indiquant "née de père inconnu", et de la faire élever par des personnes que ma grand-mère appelait "ses grands parents", mais qui ne l'étaient pas. Qu'est devenue mon arrière-grand mère pour avoir agi comme cela ? Qu'a été sa vie ? Je ne le sais pas, ma grand-mère ne le savait pas non plus... Mais à cette époque, je doute qu'elle ait eu une belle vie.
Certes les temps ont changé. A présent la "fille-mère" n'existe plus que dans des esprits étriqués. Mais il y a encore des femmes qui ne se sentent pas mères de l'enfant qu'elles portent et qui ne peuvent pas assumer cette maternité. Des femmes qui sont seules le plus souvent (je parle du papa). Une femme qui abandonne est souvent elle-même une femme abandonnée.
Je comprends l'indignation contre l'accouchement sous X mais je ne peux partager les avis extrêmes. A l'origine cette mesure a bien été mise en place pour éviter les infanticides et assurer aux femmes une vie normale, sans la honte d'avoir été une putain (on en était là ), ou d'avoir tué un enfant, de l'avoir laissé dans un endroit où elle espérait qu'on le trouverait, ou usé de méthodes d'avortement qui avaient de grandes chances de la faire mourir.
Certes il y a la contraception, certes maintenant on peut mieux être mère célibaraire sans choquer et susciter le mépris. Ici. En France. Mais de nombreuses femmes qui accouchent sous X en France ne sont pas françaises. Elles viennent de pays où l'avortement est interdit. Elles ne peuvent garder leur enfant. Pour elles, cette loi est une bénédiction. Sinon elles auraient le choix entre la honte et une vie méprisable ou l'infanticide.
Dans beaucoup de témoignnages je lis le mépris contre les femmes qui abandonnent leurs enfants (Curieusement les pères qui abandonnent sont moins décriés). Comme si c'était un geste simple d'abandonner son enfant.C'est facile de ne voir que la conséquence. Mais comment ces femmes en arrivent là ? Sans raison ? Je ne crois pas...
Ce sujet me touche certainement de trop près pour pouvoir trouver les mots. C'est pour cela que je me permets de reprendre les tiens Patty.
Mais ce précédent juridique me laisse perplexe. Les prochaines étapes me font carrément peur.
La loi bioéthique à venir vont conforter les "bien pensants" et vont à l'encontre d'une avancée tant espérée...
"Plus je connais les Hommes, plus j'aime mes chiens."
légèrement adapté de M. Desproges.
légèrement adapté de M. Desproges.
