Je lisais un texte hier où l'auteur évoquait l'ennui pour les adultes comme quelque chose d'intéressant, voire d'important. Ça m'a fait réfléchir à la façon dont je pouvais m'ennuyer, vivre l'ennui, si ça me semblait un terrain fertile de possibles ou au contraire un désert sans nom. J'ai remarqué que je pouvais m'ennuyer tout en étant occupée, l'ennui n'est pas nécessairement toujours un état d'inaction, mais plutôt un état dans l'esprit où je me sens moins stimulée, moins captée, moins intéressée. J'ai l'impression de plutôt chercher à éviter ces états là , à chercher des relations, des expériences et des contenus qui me plaisent, avivent mon intérêt, ma motivation, mon plaisir, etc. Parfois je suis dans un rythme où je n'ai plus le temps ni de m'intéresser ni de m'ennuyer tant le quotidien semble se précipiter d'un jour sur l'autre. Mais globalement j'ai l'impression que la société, la consommation, les médias, les discours ambiants incitent beaucoup à évacuer cet état d'ennui en poussant à agir et à être un peu décentré de soi, de ses pensées, de sa possibilité de s'arrêter. Intellectuellement je suis convaincue que c'est en s'arrêtant que certaines choses peuvent se créer, que dans le vécu de vide que l'ennui peut susciter il y a beaucoup de vitalité possible. Mais je ne sais pas ce qui fait que certaines fois où je m'ennuie c'est pas du tout et d'autres où ça y correspond énormément.
Et pour vous ? Vous me/nous racontez ?
Et pour vous ? Vous me/nous racontez ?
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