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Bonjour les filles,

J'ouvre un post pour vous parler de réflexions qui me tarabustent en ce moment.

J'ai entamé une RA en octobre. J'apprends peu à peu à m'en approprier les principes. Ce n'est pas toujours facile, loin de là, mais j'ai déjà bien évolué dans mon rapport à la nourriture. Je ne fais presque plus d'hyperphagie, ce qui est une grande victoire pour moi !

Depuis quelques jours, je ne me sens pas hyper bien dans mes baskets. Envie de perdre plus, et surtout, vite. J'ai du mal à comprendre cette envie, car depuis octobre, j'ai perdu un peu plus de 5 kgs, soit environ 1 kg par mois, ce qui est très bien ! Intellectuellement, je suis persuadée qu'une perte de poids sur long terme est bien plus souhaitable qu'une perte "rapide", ne serait-ce que pour respecter et ménager ce pauvre corps que j'ai trop longtemps ignoré. Mais les vieux démons du régime ressurgissent. Je sais bien que ça n'arrangerait rien, bien au contraire, mais parfois je me surprends à me dire : "Bon, je ferais bien un régime bien drastique là, histoire de perdre un max, puis je reprends la RA", ce qui est complètement débile.

D'où ma question : pourquoi ressent-on souvent cette "urgence" de maigrir vite ? La lecture de la rubrique chirurgie me fait parfois penser que si on propose à un "candidat à la minceur" de perdre 30 kilos en 6 mois, au détriment de sa santé, ou de perdre ce même poids en 2 voire 3 ans, il choisirait souvent la première solution.
Je peux comprendre cela pour quelqu'un qui souffre au quotidien de son surpoids/obésité, et qui veut faire cesser cette souffrance au plus vite.

Mais moi ? J'ai un homme que j'aime et qui m'aime, un bébé adorable, des amis merveilleux, un boulot qui me plaît, une famille présente, une santé (à part quelques petits soucis) de fer... Bref, tout va hyper bien dans ma vie, et mon surpoids n'a jamais été un frein à ma vie amoureuse/sociale/professionnelle. Je ne me sens pas du tout discriminée, je n'ai jamais de remarques relatives à mon poids. J'ai du mal à m'habiller correctement, mais je pense que c'est plus parce que la mode et moi ça fait deux : je ne pense pas que je serais mieux sapée en étant mince :lol:

Alors pourquoi cette urgence de maigrir ? Une vieille habitude héritée des régimes ?
C'est lié à l'acceptation de soi certainement, mais j'avoue que ça s'embrouille dans ma tête.

Avez-vous déjà ressenti ce sentiment ?
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Coucou

Cela vient souvent qu on met tout ce qui ne va pas dans notre vie sur le dos de notre poids. Du coup, on a hâte de s en débarrasser parce qu on se dit qu a ce moment la tout ira bien. Ce qui est faux, bien sur ;)
Je parle moins maintenant. Je terrasse plus mes ennemis par l'éloquence. Plus je vieillis, plus je ferme ma gueule.

"J'tabassse les vieux, ça m'dérange pas" Tony Stark à Captain America.
Toad a écrit :Coucou

Cela vient souvent qu on met tout ce qui ne va pas dans notre vie sur le dos de notre poids. Du coup, on a hâte de s en débarrasser parce qu on se dit qu a ce moment la tout ira bien. Ce qui est faux, bien sur ;)


Merci pour ta réponse Toad. ;) Ca me paraît très juste, mais justement, dans mon cas, tout va bien dans ma vie, il n'y a pas de réel problème que je pourrais associer à mon surpoids. Du coup, pourquoi cette obsession reste ? C'est ça qui m'interroge... :-k
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Coucou Aphasie

Sur le site du Gros, Apfeldorfer parle (bien :p) des personnalités "avides", "orales", que sont typiquement les hyperphages (et pour lesquels il déconseille le recours à la chirurgie). Avoir une personnalité comme celle-là, c'est être dans la recherche de la satisfaction immédiate de ses pulsions, pour apaiser l'angoisse, anesthésier les émotions, d'où "l'utilité" de la crise hyperphage, rapide, intense, comme réponse à l'angoisse.

Bah c'est un peu pareil avec l'amaigrissement, la recherche d'une solution rapide, miracle, ça nous renvoie à cette difficulté (très humaine) à tolérer la frustration, et aussi à la douleur d'accepter ce corps qui est une preuve vivante, constante, des souffrances passées.
La lenteur du processus nous est inconnue, et délicate, parce qu'il y a une euphorie réelle à la perte spectaculaire, rapide, de poids. Perdre lentement (et d'une façon qui ne soit pas traumatisante pour le corps) c'est de priver de cette euphorie de l'illusion du contrôle, de ce plaisir éprouvé dans la phase anorexique (amplifié par la réponse hyper positive de l'entourage...).

Bref, je pense que cette "urgence à maigrir" c'est une résurgence de TCA, et qu'elle doit être gardée à l'oeil :D .
http://viol-les-voix-du-silence.francetv.fr
http://hyperboleandahalf.blogspot.fr/20 ... adult.html

Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été - Albert Camus
Lenore a écrit :Coucou Aphasie

Sur le site du Gros, Apfeldorfer parle (bien :p) des personnalités "avides", "orales", que sont typiquement les hyperphages (et pour lesquels il déconseille le recours à la chirurgie). Avoir une personnalité comme celle-là, c'est être dans la recherche de la satisfaction immédiate de ses pulsions, pour apaiser l'angoisse, anesthésier les émotions, d'où "l'utilité" de la crise hyperphage, rapide, intense, comme réponse à l'angoisse.

Bah c'est un peu pareil avec l'amaigrissement, la recherche d'une solution rapide, miracle, ça nous renvoie à cette difficulté (très humaine) à tolérer la frustration, et aussi à la douleur d'accepter ce corps qui est une preuve vivante, constante, des souffrances passées.
La lenteur du processus nous est inconnue, et délicate, parce qu'il y a une euphorie réelle à la perte spectaculaire, rapide, de poids. Perdre lentement (et d'une façon qui ne soit pas traumatisante pour le corps) c'est de priver de cette euphorie de l'illusion du contrôle, de ce plaisir éprouvé dans la phase anorexique (amplifié par la réponse hyper positive de l'entourage...).

Bref, je pense que cette "urgence à maigrir" c'est une résurgence de TCA, et qu'elle doit être gardée à l'oeil :D .


Pas bête du tout je trouve :idea:
blueberrycat a écrit :Un Graal peut etre?


Oui, ça a peut-être à voir avec une sorte de recherche de la "perfection"... ou de ce qu'on ne pourra jamais avoir ?

lenore a écrit :Sur le site du Gros, Apfeldorfer parle (bien :p) des personnalités "avides", "orales", que sont typiquement les hyperphages (et pour lesquels il déconseille le recours à la chirurgie). Avoir une personnalité comme celle-là, c'est être dans la recherche de la satisfaction immédiate de ses pulsions, pour apaiser l'angoisse, anesthésier les émotions, d'où "l'utilité" de la crise hyperphage, rapide, intense, comme réponse à l'angoisse.

Bah c'est un peu pareil avec l'amaigrissement, la recherche d'une solution rapide, miracle, ça nous renvoie à cette difficulté (très humaine) à tolérer la frustration, et aussi à la douleur d'accepter ce corps qui est une preuve vivante, constante, des souffrances passées.
La lenteur du processus nous est inconnue, et délicate, parce qu'il y a une euphorie réelle à la perte spectaculaire, rapide, de poids. Perdre lentement (et d'une façon qui ne soit pas traumatisante pour le corps) c'est de priver de cette euphorie de l'illusion du contrôle, de ce plaisir éprouvé dans la phase anorexique (amplifié par la réponse hyper positive de l'entourage...).

Bref, je pense que cette "urgence à maigrir" c'est une résurgence de TCA, et qu'elle doit être gardée à l'oeil


C'est hyper intéressant ce que tu écris Lenore ! Tu aurais un lien vers la page concernée ? Je ne m'y retrouve pas sur le site du GROS... :?

C'est une très très bonne piste en tout cas, merci :kiss:
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Merci Aphasie, c'est gentil. C'est dans la section chirurgie, là http://www.gros.org/sinformer/maigrir-c ... -chirurgie


Je cite "Les personnes trop "avides" (ou encore "orales"), qui ont une attente de solution magique sont les candidats les plus nombreux à la gastroplastie, et en même temps, sans doute les candidats les plus contestables. Une autre caractéristique courante de ces personnes est leur centrage sur le monde extérieur et leur faible capacité à prendre conscience de leurs pensées et sentiments. Que des personnes au mode de pensée opératoire fasse appel à la chirurgie ne devrait pas surprendre. Que cette conjonction soit parfois explosive est dans l'ordre des choses."

C'est ce passage qui m'a fait réfléchir, je suis hyperphage (j'ai été est peut-être plus exact), et j'ai ce type de personnalité orale, la frustration (le délai entre la pulsion et la satisfaction de la pulsion) est compliquée à gérer pour moi... Les mega-grandes victoires : la quasi-disparition des crises d'hyperphagie et l'arrêt de la cigarette :D
Je me reconnais bien dans cette "urgence à maigrir" que tu décris. Pour l'instant ma solution c'est de m'interdire de chercher à maigrir. Ca peut paraître extrême mais je ne suis pas prêtre à engager une perte de poids, ça réveille trop de trucs chez moi...
http://viol-les-voix-du-silence.francetv.fr
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Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été - Albert Camus
Lenore a écrit :
Je cite "Les personnes trop "avides" (ou encore "orales"), qui ont une attente de solution magique sont les candidats les plus nombreux à la gastroplastie, et en même temps, sans doute les candidats les plus contestables. Une autre caractéristique courante de ces personnes est leur centrage sur le monde extérieur et leur faible capacité à prendre conscience de leurs pensées et sentiments. Que des personnes au mode de pensée opératoire fasse appel à la chirurgie ne devrait pas surprendre. Que cette conjonction soit parfois explosive est dans l'ordre des choses."


HS
Et quand tu lis le topic Chirurgie de l'obésité, les personnes en attente d'une opération qui postent sont à 90% dans cette démarche "magique", et donc selon lui (et j'approuve) celles qui sont les plus susceptibles de se vautrer la tronche en parcours chirurgie (pas d'adhésion au suivi post-op quand il est proposé, démotivation, souffrance psy qui remonte très fort, etc). Et c'est encore plus pregnant chez les très jeunes femmes qui du fait de leur âge manquent de recul sur les causes de leur obésité. C'est flippant.
HS
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Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été - Albert Camus
Lenore a écrit :Merci Aphasie, c'est gentil. C'est dans la section chirurgie, là http://www.gros.org/sinformer/maigrir-c ... -chirurgie


Je cite "Les personnes trop "avides" (ou encore "orales"), qui ont une attente de solution magique sont les candidats les plus nombreux à la gastroplastie, et en même temps, sans doute les candidats les plus contestables. Une autre caractéristique courante de ces personnes est leur centrage sur le monde extérieur et leur faible capacité à prendre conscience de leurs pensées et sentiments. Que des personnes au mode de pensée opératoire fasse appel à la chirurgie ne devrait pas surprendre. Que cette conjonction soit parfois explosive est dans l'ordre des choses."

C'est ce passage qui m'a fait réfléchir, je suis hyperphage (j'ai été est peut-être plus exact), et j'ai ce type de personnalité orale, la frustration (le délai entre la pulsion et la satisfaction de la pulsion) est compliquée à gérer pour moi... Les mega-grandes victoires : la quasi-disparition des crises d'hyperphagie et l'arrêt de la cigarette :D
Je me reconnais bien dans cette "urgence à maigrir" que tu décris. Pour l'instant ma solution c'est de m'interdire de chercher à maigrir. Ca peut paraître extrême mais je ne suis pas prêtre à engager une perte de poids, ça réveille trop de trucs chez moi...


Je pense aussi être une personne "orale". Je suis également dépendante à la clope. Pas pour la nicotine (je peux me passer de fumer pendant des jours sans que ça ne me manque "physiquement"), mais au geste. J'ai toujours pensé qu'il y avait quelque chose à creuser du côté de l'oralité (des sentiments à étouffer en portant quelque chose à la bouche ?) Gérer la frustration... oui, grande affaire. N'est-ce pas une chose qu'on est censé apprendre enfant ? Est-ce qu'on peut vraiment apprendre à gérer la frustration à l'âge adulte ?

Cette idée m'intéresse beaucoup, j'aimerais en savoir plus. J'ai commandé "Je mange donc je suis, surpoids et troubles du comportement" du Dr Apfeldorfer, j'espère y trouver des réponses à mes questions...
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Lenore a écrit :HS
Et quand tu lis le topic Chirurgie de l'obésité, les personnes en attente d'une opération qui postent sont à 90% dans cette démarche "magique", et donc selon lui (et j'approuve) celles qui sont les plus susceptibles de se vautrer la tronche en parcours chirurgie (pas d'adhésion au suivi post-op quand il est proposé, démotivation, souffrance psy qui remonte très fort, etc). Et c'est encore plus pregnant chez les très jeunes femmes qui du fait de leur âge manquent de recul sur les causes de leur obésité. C'est flippant.
HS


Je suis d'accord avec toi, c'est effrayant. Ce n'est pas une bonne chose que la chirurgie se banalise... J'ai l'impression que les gens sont prêts à tout pour l'apparence. Quand tu lis des filles qui refusent d'enlever un anneau gastrique qui manifestement les rend malade (voire les tue à petit feu) juste par peur de regrossir, c'est problématique. Cela signifie qu'il existe des gens qui sont capables d'accepter de réduire leur qualité ou leur espérance de vie juste pour être mince :shock: C'est triste.

Je dois être aussi victime, un peu malgré moi, de ce mirage de la minceur. Car si je constate que le surpoids n'entrave pas mon bonheur, pourquoi vouloir maigrir (tout court) ???

Si je me pose la question de savoir ce que je ferais "une fois que j'aurais maigri" ben... je trouve pas grand chose à dire. A part susciter des regards flatteurs (ce qui m'a toujours déplu d'ailleurs), je ne vois pas ce que ça apporterait à ma vie.

Alors pourquoi ??? :shock:
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Je pense aussi qu'à partir du moment ou l'on remarque que l'on parvient à perdre du poids, et comme dans le moment présent, l’intéressé ne se sent pas au top de sa forme, elle retrouve une espèce de goût de vivre dans l'objectif de la perte de poids. Donc elle se dit "Vu que je suis capable de perdre 5 kilos, je suis capable de bien plus !"

Ensuite, si l'on ne parvient pas à gérer cette course, ça commence à devenir une obsession.

Dans ces moments là, ma solution, c'est de s'entourer. Tu vas discuter avec des amis, et tu leurs expliques qu'actuellement, tu ne te sens pas très bien, tu veux maigrir, tu n'es pas satisfaite de ton corps. Et tu te sentiras mieux grâce aux paroles de personnes qui comptent pour toi car elles t'exprimeront un avis extérieur qui ébranlera ta propre vision de toi-même.
_Aphasie_ a écrit : Quand tu lis des filles qui refusent d'enlever un anneau gastrique qui manifestement les rend malade (voire les tue à petit feu) juste par peur de regrossir, c'est problématique. Cela signifie qu'il existe des gens qui sont capables d'accepter de réduire leur qualité ou leur espérance de vie juste pour être mince :shock: C'est triste.

c'est plus que triste, c'est débile.
je suis en colere depuis hier suite à une grosse connerie lue sur FB, rapport aux opés justement...
excusez mon HS
Lenore a écrit :Coucou Aphasie

Sur le site du Gros, Apfeldorfer parle (bien :p) des personnalités "avides", "orales", que sont typiquement les hyperphages (et pour lesquels il déconseille le recours à la chirurgie). Avoir une personnalité comme celle-là, c'est être dans la recherche de la satisfaction immédiate de ses pulsions, pour apaiser l'angoisse, anesthésier les émotions, d'où "l'utilité" de la crise hyperphage, rapide, intense, comme réponse à l'angoisse.

Bah c'est un peu pareil avec l'amaigrissement, la recherche d'une solution rapide, miracle, ça nous renvoie à cette difficulté (très humaine) à tolérer la frustration, et aussi à la douleur d'accepter ce corps qui est une preuve vivante, constante, des souffrances passées.
La lenteur du processus nous est inconnue, et délicate, parce qu'il y a une euphorie réelle à la perte spectaculaire, rapide, de poids. Perdre lentement (et d'une façon qui ne soit pas traumatisante pour le corps) c'est de priver de cette euphorie de l'illusion du contrôle, de ce plaisir éprouvé dans la phase anorexique (amplifié par la réponse hyper positive de l'entourage...).

Bref, je pense que cette "urgence à maigrir" c'est une résurgence de TCA, et qu'elle doit être gardée à l'oeil :D .



A mon tour de dire "A-men" !
-J'suis pas belle, j'suis vivante
-Vous êtes la plus vivante
les plus susceptibles de se vautrer la tronche


Se vautrer la tronche, se faire chier la bite, pas de doute j'enrichis mon langage sur ce site (et je suis sérieuse pour celles qui en douteraient).
-J'suis pas belle, j'suis vivante
-Vous êtes la plus vivante
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