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Ce soir je suis fatiguée. Je n'en peux plus. Après une énième crise d'hyperphagie, je suis entre les déchets de paquets de chips et de pot de nutella, je vois mon corps qui grossit à vue d’œil, je sens mes vêtements qui me serrent de plus en plus. Mon estomac me fait mal, mon cœur bat trop vite. Je n'en peux plus.

J'ai l'impression d'avoir tout essayé, la thérapie, la R.A, rien n'y fait, rien ne fonctionne.

Je sais d'où viennent mes crises et je sais parfaitement identifier ce qui les déclenche à chaque fois. Ça ne m'empêche pas de les faire.

J'ai envie de pleurer, je me dis que je ne vais jamais arriver à m'en sortir, que mon destin c'est de grossir grossir grossir et de finir dans la rubrique chirurgie parce que c'est la seule chose qui me permettra d'arrêter de bouffer comme ça.

Je ne sais plus quoi faire. Plus du tout.

Je ne sais pas ce que j'attends de ce post, j'avais besoin d'en parler.
La thérapie, si ce que tu as fait ne t'as pas convenu, tu peux en faire une autre, on peut avancer à tout âge.

Personnellement j'ai mis 4 ans pour pouvoir avancer réellement. C'est à dire que les régressions je les gère sans me dire que je suis la dernière des nulles et que tout est foutu.

Je pense que c'est très long comme chemin.

La RA t'as super intéressé et cela t'a parlé, mais il n'y a aucune honte à se dire qu'on y arrive pas tout seul, qu'on a besoin d'un professionel pour nous aider.

As-tu déjà regardé si il y avait des praticiens affiliés au gros dans ta région ?

La RA comme je la pratique maintenant je n'aurais pas pu la faire avant de mettre au clair certaines choses.

Je pense que tu devrais chercher de l'aide auprès de personnes compétentes pour t'aider dans ta volonté d'avancer.

:kiss:
Je viens de voir qu'il y avait une diététicienne nutritionniste affiliée au GROS à 2 rues de chez moi...

Cependant je n'ai pas les moyens de me payer des rdv chez une diététicienne en ce moment malheureusement :? , sachant que rien ne sera remboursé

J'ai survolé les livres de Zermati et Apfel' mais je ne les ai jamais lus entièrement, je ne sais plus dans lequel des deux il y avait des exercices à faire, peut être que je pourrais commencer par là ?

J'ai tendance à ne pas me flageller également lorsque je fais des crises d'habitude, mais là ça ne s'arrête plus, ça doit faire un mois non-stop
blueberrycat a écrit :à la souffrance morale, tu ajoute la souffrance physique.
pour le coût de la diet, peut etre y aller une fois?
voir...

je n'ai pas de conseils, juste je suis triste de lire ça, ça me chagrine pour toi, ta santé...


Je comprends ce que tu veux dire, mais financièrement ça n'est vraiment pas possible, depuis que mes parents ne m'aident plus du tout financièrement je vis avec 300 euros par mois, bouffe + essence + transports + charges de l'appartement + téléphone + études + sorties..., 50 euros ça parait dérisoire mais c'est un gros trou dans mon budget que je peine à ne pas dépasser. Et malheureusement je ne pense pas qu'elle puisse régler tout en une séance...

D'ailleurs c'est stupide que ça ne soit pas remboursé :evil:
Ca m'attriste aussi, mais si ça peut te rassurer un peu je crois que toutes les personnes qui passent par l'hyperphagie (enfin j'appelais ça boulimie non vomitive à l'époque) pensent que c'est foutu, inscrit en elles, à vie.

Et il faut souvent du temps, j'ai mis des années, pour arriver à s'extraire de ce fonctionnement. Tu sais ce qui est responsable de tes crises, tu ne peux vraiment pas influer sur ces racines ? Est-ce qu'avoir une vie plus remplie pourrait par exemple t'aider à ne pas te "combler" de nourriture ?
(Je sais que la solitude et le vide de mon existence étaient des facteurs aggravants, même si ça n'était pas le coeur du problème).

Et ce coeur du problème, il y a peut-être aussi quelque chose à faire dessus ? J'ai beaucoup travaillé sur l'estime de moi, le fait d'avoir le droit à prendre de la place, ma place, ce que je m'interdisais auparavant...Mais ça n'est sans doute pas généralisable.

En tout cas j'aimerais pouvoir te soutenir dans ce passage difficile ; on est beaucoup à être passées par là, et si jamais tu te dis par malheur que tu es lamentables alors on l'est toutes aussi...

Bisous, et prends soin de toi.
Quand on est aimé(e), on compte ; c'est quand on aime qu'on ne compte pas.
Okapi a écrit :Tu sais ce qui est responsable de tes crises, tu ne peux vraiment pas influer sur ces racines ?


J'ai essayé, mais même en ayant résolu ces problèmes, elle ne disparait pas. :(

Okapi a écrit :Est-ce qu'avoir une vie plus remplie pourrait par exemple t'aider à ne pas te "combler" de nourriture ?


Je ne pense pas que ce soit le problème, j'ai une vie très remplie

Okapi a écrit :En tout cas j'aimerais pouvoir te soutenir dans ce passage difficile ; on est beaucoup à être passées par là, et si jamais tu te dis par malheur que tu es lamentables alors on l'est toutes aussi...


Merci merci merci :kiss:

Mais oui je dois avouer que vraiment, j'ai l'impression qu'elle est ancrée en moi, qu'elle ne veut pas me quitter. Quand vous me dites que ça vous a pris des années pour vous en sortir, je dois avouer que ça me fait peur. Je suis dans cette tourmente depuis...6 ans :shock: ( j'avais jamais compté :( ) et je ne pense sincèrement pas pouvoir supporter ça durant d'autres longues années. Autant physiquement que mentalement.
et as-tu vu s'il y a des psychiatres affiliés au GROS par hasard ?

Personnellement l'hyperphagie a pris la plupart de mes années, sur mes 47 ans de vie, je suis tranquille avec la nourriture et avec mon corps depuis 3 ans, donc c'est beaucoup, mais avec ma psychothérapie j'avais
appris à l'accepter et à vivre avec pendant longtemps donc la souffrance était beaucoup moins grande, elle est plus supportable.

je crois que tu veux trop lui "commander" à ton hyperphagie et que du coup tu veux la contraindre par la volonté, ce qui n'est pas possible à mon sens, dans le sens ou c'est en travaillant sur soi, en dédramatisant les conséquences de celle-ci que cela s'améliore, presque un peu sans le vouloir.

Quand je te lis, je vois des allusions parfois sur le fait que ton poids t'empeche de te réaliser, que tu te crois moche, ce genre de chose. Pour l'estime de toi, je pense que tu as encore un peu de chemin, tu doutes assez vite dans tes relations.

Etant donné que tu n'as pas de moyen, je te conseillerais d'aller voir un psychiatre qui est remboursé je crois par la sécurité sociale ?

Essaie de lâcher prise un peu sur les exercices et de vouloir travailler sur la satiété, travaille juste sur la faim.

Mange du nutella, tous les aliments que tu manges pendant tes crises mais consciemment, si t'en manges beaucoup c'est pas grave, reste dans le plaisir, je pense réellement qu'il faut lâcher-prise sur beaucoup de choses pour que cela devienne plus facile.

Quand j'essayais de manger sainement, je me tapais les crises à côté et au final je ne faisais que grossir alors que maintenant je ne grossis plus alors que je mange tous les jours du chocolat, parfois je mange une plaque, mais comme je me sens plus obligée de le controler, je me dis, bon si j'en ai encore envie j'en prends encore m'eme si j'en ai déjà mangé une plaque.

par contre je vais pas me sentir coupable et je ne me sentirai pas obligée de faire un repas "sain" . au départ j'ai eu des journées ou je ne mangeais que le type d'aliment pour lesquels je crisais avant, maintenant j'ai ensuite envie de légumes ou de choses moins caloriques, mais c'est pas venu tout de suite.

Comme j'attends de réavoir faim pour en remanger, je ne grossis plus, car j'ai moins faim ensuite.

Mais tout cela n'aurait pas été possible sans le travail sur les émotions en parralèle.
saralou a écrit :je crois que tu veux trop lui "commander" à ton hyperphagie et que du coup tu veux la contraindre par la volonté


En effet c'est le grand problème de ma vie, je veux tout contrôler, tout. Mes actions ( d'ailleurs j’exècre le travail en groupe pour cette raison et je finis toujours par tout faire moi même parce que je ne supporte absolument pas de déléguer ) mes sentiments, mes relations, tout. Du coup, vouloir contrôler mon hyperphagie... Ben c'est un peu paradoxal et je crois que c'est là que ça bugue.

Poupoule, je crois que j'ai encore le bouquin chez mes parents. A l'époque faire les exercices m'avait paru fastidieux ( je suis le genre de personne qui ne lit pas les notices des meubles à monter parce que c'est trop long et trop chiant et que de toute façon ouais ouais je sais faire, tu vois ce que je veux dire ? ) mais je crois qu'en fait, dans mon cas c'est nécessaire...

:kiss: :kiss:
Je viens de vérifier sur le site, pas de psychiatre affilié au GROS dans ma ville... Par contre 5 dieteticiens/psychothérapeutes dans l'hôpital où j'ai fait mes études :shock: si j'avais su...

Je ne sais pas si je peux aller voir un psychiatre pour ce genre de trouble, si il me sera d'une utilité quelconque
la psychothérapie que j'ai effectué, je l'ai faite chez une psychiatre, je n'avais pas les moyens non plus payer.

Un psychiatre s'occupe des maladies mentales mais peut aussi faire des psychothérapies, je lui avais posé la question directement au téléphone.


par contre c'est la psychiatre avec qui j'ai fait du comportemental qui m'avait expliqué que tant que je voulais faire disparaitre et "gagner" sur mes angoisses cela n'irait pas mieux.

Elle me disait qu'il faut l'accepter et laisser venir ce qui nous fait peur et ensuite je faisais des exercices de notations par rapport à ce que je pensais qui allait se passer de 1 à 10 et ce qui se passait vraiment et ensuite je comparais les deux chiffres, c'est un peu compliqué à expliquer comme cela, mais c'est le principe des thérapies comportementales.

Sur les émotions et les angoisses qui me restaient cela a bien fonctionné.

Mon angoisse de mort, qui m'habitait depuis petite et était envahissante toutes les nuits, est maintenant réduite à un petit moment de malaise que j'affronte sans chercher à lutter à tout prix.

Cela a été une révélation chez moi, le fait de ne plus chercher à la faire disparaitre mais de l'accepter.

C'est un moment désagréable une angoisse de mort (je parle toujours pour mon cas hein ) mais ce n'est pas cela qui va me tuer, donc je relativise et j'accepte que cela viendra quand cela viendra, mais en attendant je profite de ce que j'ai.
Je trouve ton parcours admirable Saralou. Poupoule aussi d'ailleurs.

Du coup tu me donnes envie d'aller voir un psychiatre. En fait, avec tous les psys que j'ai été voir, je n'ai jamais mis clairement en avant le problème de la nourriture, je n'y suis jamais allée en disant " je viens vous voir parce que j'ai un comportement hyperphagique ", j'ai toujours préféré mettre d'autres problèmes en avant.

Enfin à part quand j'étais anorexique et que j'étais tombée sur ce psychiatre effrayant qui me fixait sans mot dire alors que j'étais toute jeune et effrayée
essaie, tu ne risques rien.

si cela ne te convient pas, tu peux en changer.

J'en ai fait 3 avant de trouver la personne qui m'a vraiment convenu.

Il y a plusieurs types d'approche dans une problématique, à toi de voir ce qui pourrait te convenir.

Bonne réflexion :D
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