Explique toi avec ta famille. Dis leur que tu n'accepteras plus de telles remarques de leur part.
Je suis peut-être utopiste mais je ne parviens pas à imaginer que des parents puissent avoir réellement l'envie de faire souffrir leur enfant, à moins d'avoir eux-même de gros problèmes à régler. Leur but premier doit probablement être de te faire réagir. C'est assez commun. Et pas seulement concernant le poids, mais sur la plupart des sujets. Les études, le boulot,la vie sociale, la vie sentimentale...C'est d'une incroyable maladresse, évidemment, mais...
Dis leur ce que tu as écris ici. Que tu en souffres. Que cela ne t'aide en rien. Que tu ne cesses de te dévaloriser. Et surtout, que personne n'aura jamais conscience du problème mieux que toi, et qu'il est donc inutile de te répéter inlassablement quelque chose que tu sais déjà et qui te rend suffisamment la vie pénible. Que tu es toi, malgré les problèmes de poids, toujours toi, et qu'ils devraient occulter ton rempart de chair pour voir la femme que tu es en train de devenir. Ecris leur, si cela t'est trop difficile d'en parler de vive voix.
De l'étroite vision que j'ai d'ici, ça semble la seule chose à faire. Ou ils comprendront le message et ce sera une pression énorme de moins dans ta vie, ou ils continueront sans se soucier de ce que tu ressens et tu pourras sans culpabiliser affirmer que ta famille est un ramassis de connards égoistes et superficiels qui ne méritent pas même que tu aplatisses leurs sièges neufs. Sans blague.
Les psys. J'ai tendance à m'imaginer que je me dois toujours d'insister, dans ce sens. J'ai peut-être tort. Peut-être que pour certaines personnes, ce n'est pas la solution. Mais c'est une telle aide, un tel soutien...Je ne parlerais pas de mon exemple personnel, qui n'est qu'une goutte dans l'océan, mais je viens d'une famille dans laquelle beaucoup portent des blessures et, de manière évidente, les rares à consulter des psychologues sont les seuls à être parvenus réellement à comprendre, et dépasser leur problème. Les autres ont littéralement...explosé. C'est le mot. Cela a prit des années, pour certains, mais ça a été très violent. C'était là , vicieux, refoulé, prétendument dépassé. Et il suffisait d'une occasion malheureuse...
Alors après, oui, lorsque l'on sort de chez un psychologue, nous avons l'air con. En pleurs, tentant vainement de sauvegarder un brin de dignité en évitant le regard des passants. Souvent sans avoir la sensation d'avoir avancé. Plutôt d'avoir tourné en rond. Et puis, au bout d'un temps, on s'aperçoit qu'on va mieux. Qu'on se comprend mieux. Qu'on est plus calme, plus serein pour exprimer ce que l'on ressent à ceux qui nous entourent. Et puis, les gens, hein....rien à battre.
Autre point : Ne pas parvenir à faire un régime, ce n'est pas forcément par un manque de volonté. Au contraire, je trouve cela plutôt rassurant. Tu ne te vois pas comme un corps mais comme une personne.
...
Je ne parviens pas à développer, ici. Je sens que je vais tomber dans la maladresse.
Quant à la sensation d'être prise en pitié, je ne peux que rejoindre l'avis de celui qui te conseillait de prendre soin de toi. Je n'ai, là , que mon exemple personnel, mais j'ai été, durant les années collège, probablement la plus laide de ma classe. Ou l'une des. En vérité, je transpirais le mal-être et les complexes. Et puis, arrivée au lycée, sans trop y faire attention, j'ai commencé à prendre soin de moi. Du jour au lendemain ( Presque.), de la grosse moche complexée, je suis devenue la fille du fond de la classe, mystérieuse et indépendante, qui renferme une blessure secrète.
Pourtant, je n'ai pas changé. Je n'ai pas maigri. Mes traits de visage ne sont pas devenus plus fins et harmonieux. Et mon caractère, lui non plus, n'a pas changé. Mais, dès lors qu'ils ne se sont plus heurtés au rempart de négligence de mon physique, ils ont commencé à apercevoir que j'étais autre chose qu'un corps ingrat. Note, ils ne me connaissaient pas plus qu'avant. Mais me respectaient. Aujourd'hui, et ce depuis plus de deux ans, le seul regard méprisant qu'il m'est arrivé de croiser, c'est le mien.
Des clichés sur les rondes, il y en a à foison. Si ton entourage ne semble pas capable, actuellement, de voir plus loin, alors joue en. La ronde qui néglige son apparence et manque d'assurance, c'est "la grosse qui souffre de ne pas ressembler aux autres et se réfugie dans la bouffe". La ronde qui prend soin d'elle et semble ne pas se soucier du regard des autres c'est "la ronde anticonformiste au fort caractère"
Parce que le (sur)poids n'est pas toujours un désavantage. Chez les femmes (ou hommes, d'ailleurs) qui savent en jouer, cela confère une extraordinaire présence.
Tout ceci pour dire que le monde ne changera pas pour toi. C'est malheureux, mais c'est ainsi. Tu vas devoir fournir tout le travail par toi-même. Peut-être ( et je te le souhaite) trouveras tu des gens pour t'aider mais en attendant, tu es seule. Mais bon, à te lire, on ne s'en fait pas trop. Tu clames ne pas vouloir des regards de pitié que te jettent les gens. C'est déjà une belle preuve de caractère. Beaucoup de personnes dans ton cas s'imaginent mériter ces regards méprisants. Conneries.
(Tu penses vraiment ne pas pouvoir accéder à tes rêves sans être sapeur pompier ou secouriste? Parce que le dénominateur commun de ces deux professions me semble être une volonté d'aider les autres. Et cela, surpoids ou non, c'est toujours possible.)