Bonsoir
J'habite dans le sud de la France, plus particulièrement à Avignon. Dans deux semaines je fêterai mes vingt ans. Selon mon IMC je suis obèse.
Pour vous raconter mon histoire nous allons remonter de quelques années dans le temps si vous le voulez bien.
1995, à l'époque petite fille pratiquant la natation, bien dans sa peau, certes un peu "potelée".. Jusqu'au moment où j'appris que je ne reverrai certainement plus mon "père", il n'était pas décédé, non, mais m'avait tout simplement lâchement abandonné. Ma mère quant à elle était et est toujours vingt quatre heures sur vingt-quatre à son boulot, ses seuls moments de libres étaient durant mes heures d'école. Je ne la voyais jamais.. même pas en week-end...
Je vivais seulement avec mon frère, ados à l'époque. Si jeune mais portant déjà un lourd fardeau.
Puis l'entrée en primaire, rien de bien intéressant à part qu'à l'apparition de certaines remarques désobligeantes je préféra abandonner la natation. J'ai toujours mon embonpoint mais le vit très bien..enfin pour le moment!
2001, l'entrée au collège ou la lente descente en enfer.
Au début ce ne sont que quelques blagues sur mon poids pour s'amuser mais elles se transforment bien vite en insultes gratuites à répétition .. "grosse vache", "hippopotame", "semi-remorque" ou encore "poids lourds".
Désormais où que j'aille les insultes fusent ce qui bien sûr a le don de provoquer l'hilarité de mes chers camarades. Chaque soir je rentre chez moi en pleurs. Je sais que je suis loin d'être la seule dans cette situation mais contrairement à la plupart d'entre eux, la journée de cours finie je ne reçois aucun réconfort venant de ma famille, non, je n'ai droit qu'à des remarques blessantes, vous savez le genre de remarques qui font plus mal qu'un coup porté en plein coeur, ces remarques qui vous détruisent de l'intérieur. Pourtant Dieu seul sait que j'avais seulement besoin de me sentir aimer des miens pour me dire que peut-être je n'étais pas si horrible que ça... Mais je suis seule, seule contre tous, contre toute cette haine que je n'ai pourtant pas provoquée..
Je commence alors à manger, manger sans faim, manger pour me remplir, pour me sentir en quelque sorte "comblée"... à défaut de recevoir de l'amour.
Seulement sans savoir me voilà enfermée dans un cercle vicieux. Désormais au collège je joue le rôle de la fille impassible, que rien ne perturbe, que rien n'atteint mais arrivée à la maison mon premier geste est de me jetter sur le frigo. Manger jusqu'à l'envie de vomir, voilà mon quotidien... Je n'arrive plus à me contrôler, j'en pleure, je me déteste, je me dégoute, je suis perdue. J'aimerai tellement me confier à quelqu'un, me libérer de tout ça mais encore une fois personne n'est là .
Cette situation durera quatre longues années en l'espace des quelles je pris trente kilos, quatre ans durant lesquels ne voyant aucune issue je projetta, je le confesse, d'en finir définitivement avec cette vie qui pour moi n'en valait plus le coup.
En 2005 je fais mon entrée au lycée. Bien heureusement les insultes se sont arrêtées mais il est trop tard, beaucoup trop tard, je suis déjà totalement détruite, en état de ruines... La conséquence est qu'à l'heure où les jeunes filles deviennent femmes, prennent soin d'elles et sont coquettes, moi, de mon côté, j'essaye tant bien que mal de me dissimuler derrière des fringues aux couleurs sombres et dix fois trop larges pour moi me rendant encore plus grosse que je ne le suis déjà .
Cependant récemment et sur un coup de tête je décida de créer un blog, avec des photos de moi, des photos de mon corps, de mes rondeurs et à ma grande surprise je reçu des dizaines de commentaires de jeunes hommes me disant que pour eux les rondeurs étaient signe de féminité, que contrairement à ce que je pensais j'étais belle, j'étais désirable, j'étais femme.
C'est bête à dire mais ces commentaires de gens que je ne connais pas pour la plupart m'ont ouvert les yeux et m'ont fait me sentir mieux dans ma peau.
Malheureusement, je fuis encore et toujours l'amour. Je ne suis pas prête, car pour aimer et être aimer il faut d'abord s'aimer soi même. Or, du haut de mes dix-huit ans je n'en suis pas encore là , pour le moment je fais "connaissance" de ce corps qui est mien, j'essaye de l'accepter tel qu'il est et dans ces moindres détails
...
P.S: A tous ceux et celles qui me liront, à ceux qui éprouveront de la pitié, de la compassion ou bien de l'indifférence; à tous ceux-là je tenais à dire qu'ils existent des femmes rondes comme il existe des blondes et des brunes, des grandes et des petites.
Dois-je vous rappeler qu'il y a encore un siècle on ne jurait que par les femmes bien en chairs? En témoignent les tableaux de certains peintres connus et reconnus.
Dois-je vous rappeler que de nos jours et dans certains pays d'Afrique, plus une femme est ronde/grosse plus elle est désirable ?
Alors par pitié arrêtez de complexer car vous ne ressemblez pas aux filles de magazines qui au passage,sont retouchées à l'aide de logiciels, et croquez la vie à pleine dent!
Nous ne sommes pas grandes, grosses, petites ou minces ... NOUS SOMMES FEMMES AVANT TOUT !
Pour vous raconter mon histoire nous allons remonter de quelques années dans le temps si vous le voulez bien.
1995, à l'époque petite fille pratiquant la natation, bien dans sa peau, certes un peu "potelée".. Jusqu'au moment où j'appris que je ne reverrai certainement plus mon "père", il n'était pas décédé, non, mais m'avait tout simplement lâchement abandonné. Ma mère quant à elle était et est toujours vingt quatre heures sur vingt-quatre à son boulot, ses seuls moments de libres étaient durant mes heures d'école. Je ne la voyais jamais.. même pas en week-end...
Je vivais seulement avec mon frère, ados à l'époque. Si jeune mais portant déjà un lourd fardeau.
Puis l'entrée en primaire, rien de bien intéressant à part qu'à l'apparition de certaines remarques désobligeantes je préféra abandonner la natation. J'ai toujours mon embonpoint mais le vit très bien..enfin pour le moment!
2001, l'entrée au collège ou la lente descente en enfer.
Au début ce ne sont que quelques blagues sur mon poids pour s'amuser mais elles se transforment bien vite en insultes gratuites à répétition .. "grosse vache", "hippopotame", "semi-remorque" ou encore "poids lourds".
Désormais où que j'aille les insultes fusent ce qui bien sûr a le don de provoquer l'hilarité de mes chers camarades. Chaque soir je rentre chez moi en pleurs. Je sais que je suis loin d'être la seule dans cette situation mais contrairement à la plupart d'entre eux, la journée de cours finie je ne reçois aucun réconfort venant de ma famille, non, je n'ai droit qu'à des remarques blessantes, vous savez le genre de remarques qui font plus mal qu'un coup porté en plein coeur, ces remarques qui vous détruisent de l'intérieur. Pourtant Dieu seul sait que j'avais seulement besoin de me sentir aimer des miens pour me dire que peut-être je n'étais pas si horrible que ça... Mais je suis seule, seule contre tous, contre toute cette haine que je n'ai pourtant pas provoquée..
Je commence alors à manger, manger sans faim, manger pour me remplir, pour me sentir en quelque sorte "comblée"... à défaut de recevoir de l'amour.
Seulement sans savoir me voilà enfermée dans un cercle vicieux. Désormais au collège je joue le rôle de la fille impassible, que rien ne perturbe, que rien n'atteint mais arrivée à la maison mon premier geste est de me jetter sur le frigo. Manger jusqu'à l'envie de vomir, voilà mon quotidien... Je n'arrive plus à me contrôler, j'en pleure, je me déteste, je me dégoute, je suis perdue. J'aimerai tellement me confier à quelqu'un, me libérer de tout ça mais encore une fois personne n'est là .
Cette situation durera quatre longues années en l'espace des quelles je pris trente kilos, quatre ans durant lesquels ne voyant aucune issue je projetta, je le confesse, d'en finir définitivement avec cette vie qui pour moi n'en valait plus le coup.
En 2005 je fais mon entrée au lycée. Bien heureusement les insultes se sont arrêtées mais il est trop tard, beaucoup trop tard, je suis déjà totalement détruite, en état de ruines... La conséquence est qu'à l'heure où les jeunes filles deviennent femmes, prennent soin d'elles et sont coquettes, moi, de mon côté, j'essaye tant bien que mal de me dissimuler derrière des fringues aux couleurs sombres et dix fois trop larges pour moi me rendant encore plus grosse que je ne le suis déjà .
Cependant récemment et sur un coup de tête je décida de créer un blog, avec des photos de moi, des photos de mon corps, de mes rondeurs et à ma grande surprise je reçu des dizaines de commentaires de jeunes hommes me disant que pour eux les rondeurs étaient signe de féminité, que contrairement à ce que je pensais j'étais belle, j'étais désirable, j'étais femme.
C'est bête à dire mais ces commentaires de gens que je ne connais pas pour la plupart m'ont ouvert les yeux et m'ont fait me sentir mieux dans ma peau.
Malheureusement, je fuis encore et toujours l'amour. Je ne suis pas prête, car pour aimer et être aimer il faut d'abord s'aimer soi même. Or, du haut de mes dix-huit ans je n'en suis pas encore là , pour le moment je fais "connaissance" de ce corps qui est mien, j'essaye de l'accepter tel qu'il est et dans ces moindres détails
P.S: A tous ceux et celles qui me liront, à ceux qui éprouveront de la pitié, de la compassion ou bien de l'indifférence; à tous ceux-là je tenais à dire qu'ils existent des femmes rondes comme il existe des blondes et des brunes, des grandes et des petites.
Dois-je vous rappeler qu'il y a encore un siècle on ne jurait que par les femmes bien en chairs? En témoignent les tableaux de certains peintres connus et reconnus.
Dois-je vous rappeler que de nos jours et dans certains pays d'Afrique, plus une femme est ronde/grosse plus elle est désirable ?
Alors par pitié arrêtez de complexer car vous ne ressemblez pas aux filles de magazines qui au passage,sont retouchées à l'aide de logiciels, et croquez la vie à pleine dent!
Nous ne sommes pas grandes, grosses, petites ou minces ... NOUS SOMMES FEMMES AVANT TOUT !
●๋• MY LiiFE iS SO G℮ORGLiCiOUS *
