J'ai découvert le site par hasard. Je m'y suis attardée et j'ai commencé à lire vos messages. J'en ai lu beaucoup et au fur et à mesure je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que la vie fait preuve d'un sens de l'humour particulièrement cynique.
J'ai 25 ans. L'une de mes meilleures amies souffre de ce que l'on appelle "l'obésité morbide". Elle fait env.130 kilos pour 1m65. Elle a toujours eu des problèmes de poids.
Moi je mesure 1m70 pour 59kg. Je fais donc partie des minces et je n'ai jamais eu de problèmes de poids.
Nous sommes très différentes et pourtant, nous nous comprenons. Nous nous comprenons si bien, si vous saviez.
Quand dans la rue, elle souffrira d'un "regarde le gros thon qui passe",
moi je vais souffrir d'un: "wow, t'as vu le cul qui passe là ? Celle là je l'aurai bien niq....".
Si on la voit manger une glace dans la rue, il y a toujours un con pour dire:"regarde la grosse qui s'empiffre". Moi j'ai droit au: "dis donc tu suces bien..."(sic).
Les mots sont différents, les situations sont différentes, mais l'humiliation est la même.
C'est vrai, on me dit jolie, belle, bien faite. Mais tout cela à un prix. Et je le paye. Moi aussi je me suis cachée, toute mon adolescence dans des vêtements sombres et larges. Au grand désespoir de ma mère qui me disait sans arrêt qu'elle ne comprenait pas qu'avec "le corps que j'avais" je me fringue comme un sac. Dès qu'un bout de peau était découvert je me sentais nue. Les regards... Les regards qui vous déshabillent sans arrêt et sans pudeur...
A 18 ans j'ai fais une grosse dépression. J'ai abandonné mes études et je me suis cloitrée chez moi pendant 2 ans. Et j'ai voulu me trancher les veines.
J'en avais plus qu'assez de me sentir face aux hommes comme un tas de viande fraîche face à une meute de chiens en rut et face aux femmes comme une rivale à abattre.
Vous pensez que j'exagère? Je vous assure que non. ça n'arrête jamais.
Les regards de mépris de certaines femmes, si gratuits et blessants sont parfois très durs à encaisser. Et je me dis:"Pourquoi cette agressivité? Elles ne me connaissent pas, je ne leur ai rien fais. Pourquoi?". Je ne suis jamais provocante dans mes tenues vestimentaires. Bien au contraire. Alors pourquoi? Ma mère appellait cela de la jalousie. Je n'en sais rien.
Le premier garçon avec qui j'ai couché à 17 ans l'a clamé sur tous les toits dès le lendemain. Il a exhibé cette virginité que je lui avais donné comme un trophée.
Mes propres cousines m'ont fait une compétion acharnée à l'adolescence en sabotant plusieurs de mes amourettes.
Chaque fois que je sors dans la rue, il faut que je supporte des avances masculines graveleuses et obscènes. Et quand je les ignore, ils m'insultent.
Pas plus tard que l'an dernier, un homme qui passait près de moi dans la rue m'a aggrippé les fesses, comme ça. Comme si c'était permis. C'est si HUMILIANT. Et oui, j'ai pleuré comme une enfant ce jour-là .
Le pire est que l'on considère que je n'ai pas à me plaindre. Moi au moins je peux m'habiller comme je veux, je plais et blablabla. Oui c'est vrai. Mais c'est quand même dur. Les femmes balancent des phrases rageuses sur mon passage "Regarde celle-là ... Pour qui elle se prend?". Je ne me prend pour personne. Je ne fais que passer. Et ça c'était pas plus tard qu'hier dans un magasin.
Je ne suis pas malheureuse. J'assume aujourd'hui ce physique et j'ai arrêté de le cacher. J'ai un petit garçon que j'adore, un homme que j'aime et avec qui je vais me marier.
Mais tout cela est dur à supporter. Je me rend compte qu'à force de me sentir agressée, je suis devenue agressive. Ce qui n'arrange rien bien sûr.
Je ne sais pas si vous comprendrez, si même vous lirez tout ça. Peut-être que vous connaissez déjà des histoires comme celle-ci.
Mon amie continue de se battre contre ses kilos et le racisme anti-gros. Elle s'est fait poser un anneau gastrique. Moi je me bat toujours pour ne pas être traitée comme un objet.
La morale de l'histoire c'est que peu importe le physique que l'on a, la méchanceté gratuite et la bêtise humaine se trouvent toujours une cible.
J'ai 25 ans. L'une de mes meilleures amies souffre de ce que l'on appelle "l'obésité morbide". Elle fait env.130 kilos pour 1m65. Elle a toujours eu des problèmes de poids.
Moi je mesure 1m70 pour 59kg. Je fais donc partie des minces et je n'ai jamais eu de problèmes de poids.
Nous sommes très différentes et pourtant, nous nous comprenons. Nous nous comprenons si bien, si vous saviez.
Quand dans la rue, elle souffrira d'un "regarde le gros thon qui passe",
moi je vais souffrir d'un: "wow, t'as vu le cul qui passe là ? Celle là je l'aurai bien niq....".
Si on la voit manger une glace dans la rue, il y a toujours un con pour dire:"regarde la grosse qui s'empiffre". Moi j'ai droit au: "dis donc tu suces bien..."(sic).
Les mots sont différents, les situations sont différentes, mais l'humiliation est la même.
C'est vrai, on me dit jolie, belle, bien faite. Mais tout cela à un prix. Et je le paye. Moi aussi je me suis cachée, toute mon adolescence dans des vêtements sombres et larges. Au grand désespoir de ma mère qui me disait sans arrêt qu'elle ne comprenait pas qu'avec "le corps que j'avais" je me fringue comme un sac. Dès qu'un bout de peau était découvert je me sentais nue. Les regards... Les regards qui vous déshabillent sans arrêt et sans pudeur...
A 18 ans j'ai fais une grosse dépression. J'ai abandonné mes études et je me suis cloitrée chez moi pendant 2 ans. Et j'ai voulu me trancher les veines.
J'en avais plus qu'assez de me sentir face aux hommes comme un tas de viande fraîche face à une meute de chiens en rut et face aux femmes comme une rivale à abattre.
Vous pensez que j'exagère? Je vous assure que non. ça n'arrête jamais.
Les regards de mépris de certaines femmes, si gratuits et blessants sont parfois très durs à encaisser. Et je me dis:"Pourquoi cette agressivité? Elles ne me connaissent pas, je ne leur ai rien fais. Pourquoi?". Je ne suis jamais provocante dans mes tenues vestimentaires. Bien au contraire. Alors pourquoi? Ma mère appellait cela de la jalousie. Je n'en sais rien.
Le premier garçon avec qui j'ai couché à 17 ans l'a clamé sur tous les toits dès le lendemain. Il a exhibé cette virginité que je lui avais donné comme un trophée.
Mes propres cousines m'ont fait une compétion acharnée à l'adolescence en sabotant plusieurs de mes amourettes.
Chaque fois que je sors dans la rue, il faut que je supporte des avances masculines graveleuses et obscènes. Et quand je les ignore, ils m'insultent.
Pas plus tard que l'an dernier, un homme qui passait près de moi dans la rue m'a aggrippé les fesses, comme ça. Comme si c'était permis. C'est si HUMILIANT. Et oui, j'ai pleuré comme une enfant ce jour-là .
Le pire est que l'on considère que je n'ai pas à me plaindre. Moi au moins je peux m'habiller comme je veux, je plais et blablabla. Oui c'est vrai. Mais c'est quand même dur. Les femmes balancent des phrases rageuses sur mon passage "Regarde celle-là ... Pour qui elle se prend?". Je ne me prend pour personne. Je ne fais que passer. Et ça c'était pas plus tard qu'hier dans un magasin.
Je ne suis pas malheureuse. J'assume aujourd'hui ce physique et j'ai arrêté de le cacher. J'ai un petit garçon que j'adore, un homme que j'aime et avec qui je vais me marier.
Mais tout cela est dur à supporter. Je me rend compte qu'à force de me sentir agressée, je suis devenue agressive. Ce qui n'arrange rien bien sûr.
Je ne sais pas si vous comprendrez, si même vous lirez tout ça. Peut-être que vous connaissez déjà des histoires comme celle-ci.
Mon amie continue de se battre contre ses kilos et le racisme anti-gros. Elle s'est fait poser un anneau gastrique. Moi je me bat toujours pour ne pas être traitée comme un objet.
La morale de l'histoire c'est que peu importe le physique que l'on a, la méchanceté gratuite et la bêtise humaine se trouvent toujours une cible.
