Co_lette a écrit :Et il meurt a la fin ?
Ouaip. C'est un peu comme l'histoire de Jésus, quoi.
Bon trêve de plaisanteries, je suis allée voir hier soir "Che 2e partie - Révolutions" et avant-hier soir "Che 1ère partie - l'Argentin".
Comme je l'ai dit sur un autre post, dans la 1ère partie, j'ai trouvé les passages dans la jungle un tantinet longuets, mais dans la 2e partie, re-belote : re-jungle, cette fois-ci en Bolivie (à Cuba dans le 1er volet).
Soderbergh a filmé de façon très sobre l'histoire du Che, de sa participation active à la révolution cubaine jusqu'à sa mort, peut-être même de façon trop sobre, voire même arride. Il a quand même évité les écueils dans lesquels un autre réalisateur serait tombé : gros plans lourds de sens, musique dégoulinante et autre fiche explicative à la fin du film exhaltant la révolte des pauvres contre les riches; il a cherché à éviter tout effet spectaculaire, laissant au spectateur le soin de décider par lui-même de sa perception du Che. J'ai bien aimé les passages noirs/blancs retraçant son intervention au siège des Nations Unies à New York.
Benicio del Toro est tout simplement époustouflant, tout en finesse, il se cache derrière son personnage; il n'est jamais facile d'interpréter un personnage historique. De plus, sa connaissance de la langue espagnole (il est d'origine porto-ricaine) le rendent tout particulièrement crédible. D'ailleurs, pendant tout le film j'ai pensé que l'espagnol était une p*tain de belle langue (même quand ils se disent des horreurs) !
Pour ceux que ça intéresse, il y a 15 ans en arrière le cinéaste suisse Richard Dindo réalisait un documentaire basé sur le journal de Bolivie du Che, dont plusieurs extraits étaient lus par Jean-Louis Trintignant. Je me souviens d'un moment particulièrement poignant, celui du témoignage de l'institutrice du petit village bolivien de La Higuera, où le Che fut détenu après sa capture et enfermé dans l'unique salle de classe de l'école du village. C'était la première fois qu'elle racontait son histoire, les quelques discussions qu'elle avait eues avec le Che avant son exécution et on la sentait très émue. Il lui avait promis que si jamais il arrivait à se sortir de cette situation, il reviendrait pour lui offrir du matériel scolaire de premier ordre; quand elle lui avait demandé pourquoi il s'était lancé dans la révolution, il lui avait répondu : "C'est mon idéal, c'est mon idéal..."