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Bonjour à toutes,

Ben voilà j'ai une petite question adressée à toutes, mais spécialement aux vétérantes :
Arrive-t-on un jour à accepter sa stérilité, à arreter de se rebeller, de trouver ça injuste, d'espérer une grossesse naturelle, toutes ces émotions qui rendent la vie si difficile à vivre ?

Je vais tenter ma première FIV (enfin si tout va bien) en mars ou avril (si mon corps décide à se remettre en route après une ménopause artificielle), et je me rebelle encore, j'espère encore. Et j'ai le sentiment que ça accentue ma souffrance, que si je me résignais, j'accepterais mieux ma stérilité.

Ma question est peut-être bete, mal formulée. Mais là je me débats encore avec mes émotions, ce sentiment d'injustice, mes peurs, et je me disais que j'espérais qu'un jour ça s'arreterait....

Merci de vos témoignages qui sont toujours si précieux

A +
Minouchette
Je ne pense pas qu'un jour on arrive a se résigner car c'est justement cette hargne et cette colère qui nous fait tenir et avancée..
Pour moi la résignation ne viendra que le jour ou on aura tout tenter et ou rien ne sera plus possible.

Mais je rejoins quand même ton point de vu lorsque tu dis qu'espérer accentue ta peine, car c'est le cas, attendre un espoir qui ne viendra peut être jamais c'est usant, mais il ne nous reste que cela...
Sin amor nada soy...
8 ans, 7 fc, 6 iad...En attente de jumeaux pour la fin de l'année.
j'en deviens envieuse, je ne me ressemble tellement plus. Je m'éloigne tellement de ce que je pensais être moi, que parfois j'en arrive à me dire que j'entretien ce désir d'enfant, et qu'en fait il est artificiel, à me poser des questions sur la réalité de mon désir. Et je me dis parfois aussi que c'est plus vaincre ma stérilité qui me tient à coeur, que d'avoir réellement un enfant, je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Prouver que moi aussi je suis une femme à par entière, que je peux enfanter (j'ai le sentiment d'avoir perdu ma féminité) et aussi que la bataille est tellement rude, demande tellement d'énergie, que parfois il me semble que je pourrais en oublier l'objectif, les raisons fondamentales de cette bataille ... et puis je puis tout d'un coup le désir d'enfant me tenaille, ne me lache plus, me torture ... et mon cerveau explose.
Est-ce qu'on arrive un jour à se résigner à ne pas avoir d'enfant? surement mais pas tant que toutes les voies n'ont pas été épuisées.Comme l'a dit si bien Carlotta, c'est ça qui donne la force d'avancer malgré les echecs!

Ceci étant, on peut accepter la pma au bout d'un certain temps mais c'est surement plus facile pour le conjoint non affecté, que je suis. Je dois bien avouer qu'après 7 ans, je n'attends plus de pouvoir tomber enceinte naturellement. Avec un % quasi nul de zozos fertiles, on a préféré se tourner totalement vers la science pour nous aider à réaliser notre rêve de parentalité. Ca nous a surement permis d'éviter de souffrir davantage entre les tentatives, puisqu'on espérait rien en dehors des fiv.

La stérilité en revanche, je crains qu'elle ne puisse jamais complètement s'accepter. Mon mari a beau avoir fait le deuil de son enfant biologique( ce qui est préférable pour accepter de recourir à un don), il continue de souffrir de son infertilité et de culpabiliser de ce que ça nous a obligé à endurer. Il ne parvient pas à l'accepter même s'il a appris a vivre avec et à la gerer avec les souffrances qu'elle engendre. J'espère que l'arrivée de Bébé, et sa nouvelle paternité lui fera oublier tout ça.

ps: je te rassure j'ai perdu plusieurs amies enceintes...je ne supportais plus d'apprendre leurs grossesses. C'est tout a fait naturel et ça ne change pas qui tu es. Ca ne fait pas de toi une fille mechamment envieuse des autres, tu es juste une femme qui souffre de cet injustice que la nature te fait . quant au désir d'enfant, je crois qu'on passe tou(te)s par ce stade de reflexion sur notre desir réel d'enfant et sur nos capacités à supporter tout ça pour ça. cette reflexion est necessaire pour donner a chacu(e) la force et le courage d'avancer ;).
anciennement T r i s s s
merci les filles, vos paroles font du bien, on se sent moins seule.... :kiss: de savoir que d'autres ont ressentie ou ressentent la meme chose, et que donc je ne suis pas anormale, faible, pas à la hauteur, névrosée, obsessionnelle etc ;) ça fait du bien.

bises
Quand j'ai appris ma stérilité, après plusieurs tt inutiles, le ciel m'est tombé sur la tête. Je suis sortie de chez le radiologue en pleurs. Je marchais dans la rue au hasard et je pleurais, je pleurais... C'est comme si j'avais perdu une part de ma féminité. Ce que tant de femmes font "naturellement" (une de mes soeurs a avorté deux fois ! ) à moi m'était refusé. J'ai haï toutes celles que je croisais, vaumi les familles nombreuses. Dans mon for intérieur je les traitais de podeuses.

J'ai presque 45 ans. Le bonheur fou d'avoir un fils, grâce à la FIV, et pourtant, à chaque retard de règles je ne peux pas m'empêcher de penser "et si ???"

Je ne fais plus de test. Je sais bien que ce sera -, mais quelque part je crois qu'une part de moi continue à refuser. Et j'ai cru crever de jalousie quand une collègue "par accident" :shock: , a eu son 4me môme.

C'est ainsi, c'est humain. Je me dis que l'important c'est d'en avoir conscience.
"Le même qui, honteux d’être un sans-coeur trop occupé de soi, aimerait s’oublier comme, quelque part, on oublie son parapluie."
Michel Leiris
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