Vertige a écrit :S'il veut des enfants avec toi et qu'il n'est pas prêt à participer à cette si petite chose, ça débute mal.
Si petite chose ?
Je pense que de notre côté (je veux dire du côté des femmes) on voit effectivement la participation des hommes dans les examens et traitements contre la stérilité comme "une petite chose".
C'est vrai quoi. Aller se chatouiller dans un flacon, ça a l'air quand même nettement moins désagréable et douloureux qu'une hystérographie, des piqûres, une ponction, les pattes en l'air tous les 4 matins chez le gynéco et toutes les joyeusetés liées au traitement. Et dans l'absolu, on n'a pas tort, ça n'a rien à voir.
Sauf que malheureusement ça n'est pas si simple que ça...
Pour un homme, faire un spermogramme sous entend que quelque part on met en cause sa virilité. Non, je ne me suis pas trompée de mot, j'ai bien dit virilité.
En fait ce qui est recherché n'a rien à voir avec la virilité mais avec la fertilité. Mais pour un homme, si on touche à sa fonction de reproduction, c'est qu'on doute qu'il soit un vrai mâle. Et ça c'est très dur à vivre pour eux. Pour eux fertilité et virilité sont étroitement liées.
Donc dans leur tête, leur demander de faire un spermogramme, se traduit souvent par "ils pensent que je suis impuissant". Ca n'a rien à voir ! Mais souvent la 1e réaction des hommes est celle-là et il faut souvent beaucoup de patience pour leur expliquer qu'on peut être viril, être un bon amant et avoir un problème de fertilité.
Quand mon mari a appris qu'il souffrait d'oligoasthénotératospermie (rien que le mot ça fout la trouille !

), ça l'a anéanti... J'ai eu beaucoup de mal à lui expliquer que ça n'avait rien à voir avec sa virilité.
Ensuite ce n'est pas plus simple. Un jour mon mari chouinait un peu à l'idée d'aller au labo, il disait qu'il en avait marre. Ca m'a fichue en colère (oui 9kristel7, dans ces moments là j'ai souvent réagi avec mes ovaires, je le reconnais !

). Je lui ai dit qu'il ne fallait pas pousser, qu'il y avait pire que se masturber et que s'il voulait subir tout le reste à ma place, y avait pas de souci !
Et il m'a répondu que c'était vrai, mais que se masturber dans un labo d'hôpital avec un bouquin de cul, pendant que sa femme est dans un bloc pour subir une ponction, qu'elle a peur et qu'elle va peut-être avoir mal, et que peut-être ça ne marchera pas et qu'elle va encore être si mal et si triste, que si par malheur il n'arrivait pas à fournir ce fichu prélèvement on ne pourrait pas faire la FIV et que ça serait l'horreur, ça donnait pas vraiment envie...
C'est là que j'ai compris que sa douleur était aussi intense que la mienne, même si elle était moins physique.
Même s'il n'a pas encore vécu tout ça, le mari de juditth ressent bien ce qui pourrait arriver et il a très peur, surtout peur qu'on pense de lui qu'il n'est pas un "vrai homme". Donc il préfère la laisser "se débrouiller" avec le problème et nier totalement qu'il puisse en avoir un, conforté en cela par l'existence de ses deux enfants.
Il va falloir beaucoup de diplomatie et de patience pour lui faire comprendre...
