Mathilde76 a écrit :
Okapi, procrastiner je sais ce que sais, mais lui c'est pire que ça d'après le psy, parce que quand tu procrastine tu fais les choses, tard, mais tu les fais. Alors que lui ne les fait pas du tout, c'est une fuite pas de la remise à plus tard. L'aider, le prendre par la main, j'ai essayé mais c'est très dur car il a tellement laissé trainer les choses que je ne sais pas trop moi-même comment s'en sortir. Je gère mes papiers au fur et à mesure, je laisse pas pourrir comme ça. J'avoue que là je suis perdue. Et puis des fois quand je veux l'aider il s'énerve en m'accusant de vouloir l'espionner, le surveiller... Alors c'est très dur psychologiquement pour moi . Il y a 10 jours je lui demande où est le récépissé de sa carte d'identité en lui disant qu'il va falloir tel à la mairie parce que ça fait 2 mois. Il me dit dans ma saccoche, je lui dit de la sortir et de l'accrocher sur le frigo pour ne pas la perdre et penser à tel. Il regarde dans sa saccoche... rien. Je lui propose alors de regarder à mon tour, qu'on sait jamais... Effectivement je l'ai trouvé, tout plié au fond !! Mais à quel prix : il était là , à me hurler dessus que je fouillais dans ses affaires, que je pensais qu'à ça, que je lui fais pas confiance...
Depuis hier il semble faire des choses : envoyer un courrier à sa banque, prendre rdv avec son doc pour avoir des résultats d'examen, prendre rdv avec un conseiller à la banque.... Je croise les doigts, j'espère
Pour moi c'est tout de même de la procrastination, mais à un stade avancé. Les choses à faire lui font peur, il les fuit, elles pourrissent, la pression s'accentue, il fuit plus encore...
Il peut avoir des sursauts comme tu le dis mais il ne saura pas gérer réellement les choses. Pour faire un parallèle c'est comme quelqu'un qui se noie et fait à un moment un effort désespéré pour attraper une branche. Cela ne fera jamais quelqu'un qui sait nager et voit arriver les tâches à faire sereinement puis les effectue.
Il lui faut de la confiance en lui pour se sentir capable d'affronter les choses. Longtemps j'ai cru que j'étais anormale, que je ne pouvais pas faire comme les autres...et il se trouve que faire n'est pas difficile, il suffit de débrancher le cerveau qui panique et de mettre le corps en mouvement.
Je me sens vraiment proche au niveau comportement de celui de ton copain, et je t'assure qu'il n'y avait rien de dirigé contre les autres. S'il n'arrive pas à t'entendre et à entendre raison c'est qu'il est mort de trouille et se sent complètement incapable de faire face pour moi. Et qu'il prend comme une fatalité le fait qu'il ne fera pas ce qu'il faut faire.
Apprends lui à faire dans l'instant, à ne pas laisser de côté, parce que la tâche va grossir, et qu'il va l'éviter comme on fait un détour en voyant un serpent. Alors que s'il l'a dans les mains et la fait, il n'aura pas le temps d'en être impressionné et il verra qu'il a bel et bien le pouvoir sur les choses (je sais, cela paraît délirant, mais pour moi je me sentais dominée par les choses à faire

).
Et malheureusement, c'est un cercle vicieux. Il sait qu'il ne fait pas, se sent incapable, tu lui fais la remarque, il se sent merdeux, il a les administrations aux fesses, il a la trouille, il se sent lamentable et cela lui confirme qu'il est un incapable.
Alors que faire est simple, mais il ne s'en rend pas compte car il n'en a jamais pris l'habitude.
Je pense que la solution est de le réassurer sur ses compétences et de lui dire de venir te voir s'il a besoin d'aide...Mais qu'il soit acteur, de préférence ne fais pas pour lui sinon il ne se sentira pas plus compétent (et même il se dira que si tu fais pour lui c'est bien la preuve qu'il ne l'est pas...oui je sais, tout cela est rageant mais dis-toi qu'il ne le fait pas pour t'emmerder).
Puis de bien lui dire comment se motiver "Tu prends le papier qui te fait peur et tu commences à le traiter, tu verras que tu arriveras au bout" "Tu peux le faire, au fur et à mesure, il suffit de s'y lancer"...c'est un peu comme pour l'angoisse de la page blanche en fait. Et quand on est actif et qu'on traite ce qu'on doit traiter, sereinement, c'est là qu'on se soigne vraiment de cette tare.
Enfin, c'est de la psychologie de comptoir basée sur mon expérience personnelle.
Bon courage, et je comprends pleinement que ce soit très dur pour toi de vivre avec lui qui a ce problème plus qu'envahissant...
Quand on est aimé(e), on compte ; c'est quand on aime qu'on ne compte pas.