Bonjour à toutes !
Je prends un moment pour vous raconter un peu comment tout s'est passé. Je vais sans doute oublier des détails, mais tant pis ! Ca fait une semaine et ça parait des mois...
Donc mercredi 7 on se rend à la maternité pour le déclenchement avec mon copain. J'ai eu beaucoup de chance, il a pu être avec moi tout le temps, que ça soit avant ou après l'accouchement. Donc on nous a installés en salle de travail et on m'a mis le propess => c'était parti pour 24h. J'ai eu de petites contractions (douleurs de règles) mais col toujours ouvert à 1 le jeudi matin (comme à mon arrivée la veille en fait). Je tiens à préciser que la pose du "tampon" m'a fait extrêmement mal ! Apparemment c'est courant.
Donc vu l'échec du propess => on m'a mis un gel censé faire effet en 6 heures. Quelques contractions un peu plus douloureuses et six heures + tard, soit jeudi après-midi => pas beaucoup d'évolution, col ouvert à 1 large...
On se dit alors avec mon copain qu'on est partis pour que ça dure encore longtemps ! La décision est prise de me mettre la perfusion d'ocytocine sans plus attendre, soit jeudi vers 18h et qu'on verrait bien comment les choses évolueraient dans la nuit. La perfusion ne me donne pas de contractions violentes comme ça aurait dû(le taux d'ocytocine était augmenté régulièrement). Les choses auraient pu suivre leur cours tranquillement, mais je crois qu'il y avait bouchon ! Une future maman attendait la place pour la salle de travail. C'est vrai qu'à la maternité où j'ai accouché, il n'y en a que 3, et qu'on en occupait une depuis 36 heures...
Donc comme il a fallu libérer la salle de travail, l'équipe a décidé d'accélérer les choses en me perçant la poche des eaux. La sage-femme m'a gentiment proposé la péridurale avant de percer la poche ! J'ai bien évidemment dit oui !!
Donc vers 20h l'anesthésiste arrive, fait une réflexion sur mon poids. La sage-femme (qui a été géniale durant toute la soirée) l'a remis à sa place et il a piqué en râlant. Finalement il a réussi du 1er coup, il en était très surpris d'ailleurs... La péridurale fonctionnant bien => poche des eaux percée, puis on attend.
Sauf qu'au bout d'un moment, je sens que la péridurale commence à merder => j'ai les jambes totalement paralysées et je sens les contractions sur le côté gauche. On tente de me mettre sur le côté (heureusement que mon copain était là pour aider la sage-femme à me bouger car moi et mes jambes paralysées on leur a donné beaucoup de mal !) mais rien n'y fait, c'est même de pire en pire. Du coup la sage-femme rappelle l'anesthésiste qui vient déplacer le cathéter. Il repart en disant un truc du genre "ça m'étonnerait qu'il soit au bon endroit, mais bon !"... A ce moment-là , j'étais dilatée à 5, je me suis dit qu'au pire on aurait le temps de le rappeler si besoin.
Ah ah ah !
Sauf que plus ça allait, moins ça allait => mes jambes étaient toujours bien paralysées (très utile pour un accouchement sans douleur) mais plus ça allait, plus je sentais les contractions. Je dis à la sage-femme que ça va pas, que j'ai mal. Elle décide de regarder où en sont les choses avant d'appeler l'anesthésiste => col dilaté entièrement et effacé... Ah d'accord !
Du coup, plus le temps de rappeler l'anesthésiste...
Je me dis qu'au pire c'est pas grave, pour l'instant la péridurale a l'air de marcher au niveau du col (je n'ai pas senti son examen) et en dessous. Donc je n'aurai, au pire, qu'à gérer les contractions.
On attend un petit peu que mon bébé s'engage, elle me propose de "poussoter" à chaque contraction pour l'aider.
Je fais donc ça et je dérouille de plus en plus.
Surtout, je me rends compte au fur et à mesure que la péridurale ne fonctionne plus du tout sauf aux jambes...).
J'en fais part à la sage-femme qui me dit qu'ils n'ont rien d'autre à me proposer contre la douleur. Là , je panique vraiment. Grosse crise de larmes, je comprends que je vais absolument tout sentir et je suis sûre que j'y arriverai pas. Elle voit que mon bébé est engagé mais encore très haut, mais vu que je panique et ai très mal, elle décide de s'y mettre. Il est alors 2h17 dans la nuit de jeudi à vendredi quand je commence à pousser. J'ai très peur, je souffre beaucoup, c'est pas du tout comme ça que j'imaginais mon accouchement ! Je maudis très fort l'anesthésiste, la terre entière aussi d'ailleurs. Une sage-femme et une auxiliaire sont là en renfort, et c'est parti.
Inutile de dire que j'ai eu mal comme jamais... Ca a duré 25 minutes et j'ai cru que ça durait des heures. J'ai eu droit au masque de gaz truc mais j'ai pas l'impression que ça m'ait fait quelque chose... La sage-femme a su me motiver. A deux moments j'étais prête à jeter l'éponge, mais elle m'a fait toucher sa tête pour me faire réaliser qu'il arrivait, et la 2nde fois elle m'a carrément engueulée. Au final, tout s'est accéléré à la dernière poussée : elle a fait une épisio, a tourné sa tête qui était sortie, a sorti les épaules et me l'a mis sur moi en peau à peau en 5 secondes chrono !
J'étais soulagée que tout ça soit fini, soulagée aussi qu'il aille bien. Par la suite, elle s'est excusée de m'avoir engueulée et m'a dit que j'avais super bien poussé.
Je pensais à ce moment-là être sortie de l'auberge, mais j'avais oublié les cicatrices et le placenta... Le gynéco de garde est venu me recoudre. J'ai dû insister pour avoir une anesthésie locale, il ne croyait pas au fait que ma péridurale ne marchait pas... Ils m'ont fait super mal aussi pour l'expulsion du placenta... J'ai saigné de façon anormale et bébé faisait des gémissements qui voulait dire que quelque chose n'allait pas, du coup on est restés en salle d'accouchement 3 heures au lieu de 2. Ils l'ont aspiré, ont contrôlé son taux de glycémie, l'ont mis à tété puis en couveuse jusqu'au lendemain après-midi. Finalement, tout avait l'air d'aller, ils pensent que c'était le traumatisme de l'accouchement.
J'ai remercié beaucoup la sage-femme qui a vraiment assuré, et qui m'a fait une mini épisio. Elle m'a redit que j'avais poussé comme une chef, car 25 minutes alors qu'il était haut et que je sentais tout et qu'il avait une grosse tête, c'était vraiment bien. Et comme je l'ai déjà mis, les estimations étaient quasi exactes : 54 cm, 3,8kg.
Le séjour a la maternité s'est bien passé. En général l'équipe était sympa. On est rentrés mercredi matin, soit 24 heures de + que prévu car :
- ils avaient peur que je n'aie pas de montée de lait (Elias a perdu pas mal de poids et ne tétait pas souvent)
- bébé nous a fait une mini jaunisse et a eu droit à 6 heures de lampe à UV dans la nuit de mardi à mercredi avant de partir.
J'ai rencontré des difficultés avant l'allaitement dès le début, mais ai arrêté d'en parler à l'équipe à partir du moment où une auxiliaire de puériculture a violenté mon bébé pour qu'il tète (elle lui pinçait les pieds et faisait remonter son doigt contre sa colonne vertébrale en appuyant fort - lui avait mal, criait et pleurait, moi j'en ai pleuré aussi pendant une heure après). Après ça, je me suis dit que j'allais me démerder seule et que j'aurai de l'aide en sortant.
Le séjour a été quand même crevant, j'ai eu beaucoup de mal à lâcher prise pour dormir. On a eu beaucoup de visites aussi, c'en était ridicule. Heureusement que mon copain est resté avec moi tout le temps, je pense que j'aurais déprimé plus d'une fois...
Le retour à la maison est bizarre. Je pense que ça va prendre du temps pour qu'on prenne nos marques. Je sens une sorte de baby blues surtout depuis qu'on est rentrés. Toutes les habitudes prises pendant 8 mois (ce qui est long) sont à changer, mon ventre est archi mou, je suis submergée par l'amour que je ressens pour mon bébé régulièrement, j'ai peur qu'il lui arrive quelque chose, je n'arrive pas à le laisser seul dans une pièce, je vérifie régulièrement qu'il respire, je regrette un peu le temps de la grossesse en même temps, j'ai du mal à réaliser que c'était lui dans mon ventre, etc. Du coup je fonds en larmes régulièrement. A cela s'ajoute les douleurs liées à l'allaitement. J'ai bien eu ma montée de lait mais pas au 3ème jour pile. Depuis qu'on est à la maison c'est un peu mieux pour trouver des positions, mais Elias n'ouvre pas assez la bouche. J'ai contacté la Leche League qui m'a conseillé une conseillère en lactation. Elle est venue hier et a confirmé qu'il n'ouvrait pas tout à fait assez la bouche et que surtout sa langue ne sortait pas assez. Mes blessures aux mamelons sont en surface seulement, donc elle est confiante quant à une guérison proche. Elle m'a donné plein d'astuces et de conseils, j'espère vraiment que ça va le faire et que je n'aurai pas à abandonner l'allaitement.
Donc voilà en gros le résumé de cette dernière semaine mouvementée. Ca fait bizarre de se dire que tout ça n'a pris qu'une semaine, et que tout a changé du tout au tout pour toujours.