Toad a écrit :Alors, je veillis mal ?
Pour moi ça n'a strictement aucun rapport avec l'âge. Il y a des femmes qui n'apprécieront pas d'entendre des grossièretés à leur encontre, ni au pieu, ni dans la cuisine, ni à 15 ans, ni à 55 ans... simplement parce que le mot employé est un "gros mot" et que ça bloque, quel que soit le contexte, quelle que soit l'intention, quel que soit le geste ou le regard qui accompagne ce mot.
Personnellement j'ai un attachement sans limite au langage et aux infinies variations qu'il permet. J'apprécie vraiment qu'un mot soit employé exactement dans le sens qui convient, je me sens devant les fautes de langue comme devant des aisselles puantes et j'ai envie d'expliquer à la personne que, non, ça ne demanderait pas tant d'efforts de faire un peu attention. En même temps, ce goût pour la précision dans l'usage de la langue va de pair avec la sensibilité à tout détournement de la langue (sachant que pour se permettre de détourner, il faut déjà bien savoir de quoi on parle au sens premier). Comme tout le monde j'ai étudié (au moins) pour le bac de français Baudelaire, et j'ai appris que "charogne" était un mot qui pouvait désigner bien autre chose que le cadavre d'une bête pourrissant au bord d'une route. Certes Bedos n'est pas Baudelaire, mais il n'est pas bien difficile de comprendre qu'on puisse tous appeler pute autre chose qu'une prostituée, voire même son contraire. C'est bien déprimant de voir tant d'insensibilité à la tendresse, ou d'imaginer que le seul contexte où "pute" est un mot tendre c'est en levrette... Mais bon, souvent les fleurs bleues sont bien incapables de vraie tendresse, et souvent les salauds sont des morceaux de tendre brioche. Note pour les paranos: mon discours est général et je ne vise aucune personne qui s'est exprimée ici en particulier.
Mais il y a quand même encore plus triste: les mots qu'on reprend, sans les comprendre, pour éviter de penser. Le dernier à la mode, et employé jusqu'à la nausée, c'est "le buzz". Quand on n'a rien, mais alors rien, à dire sur un sujet, la phrase qui clôt toute tentative de discussion et d'analyse c'est "tfasson tou sa c pour fère le buzz lol". Sur ce, je vais me pendre.