Patty a écrit :Ta conception de la contraception est tout à fait juste Nootship. Chaque personne devrait pouvoir être maître de sa contraception.
Mais il y a un petit détail qui change tout : c'est que tant que ce seront les femmes qui porteront les enfants, et que certains hommes continueront à penser qu'une grossesse "c'est pas leur problème", les femmes continueront à assurer la contraception à plus de 95%.
Oui, de cela j'en ai bien conscience. Et si j'ai posté sur cette question, ce n'était certainement pas dans l'idée de coller à l'image (trop souvent bien réelle) d'un dédain masculin, image selon laquelle la contraception est une affaire purement féminine.
Il faut reconnaitre que la question est complexe : l'émancipation des femmes, concernant la question de la contraception, supporte certains paradoxes dans ses développements.
1/ On peut considérer, d'un point de vue féministe, qu'il soit légitime que la femme soit seule maître de sa contraception, et de sa volonté ou non de procréer.
2/ On peut considérer également que la contraception doit engager les deux personnes susceptibles de procréer ensemble.
3/ Doit-on considérer qu'il faut toujours
choisir à deux de procréer ou de ne pas procréer? Et si la femme veut une enfant alors que l'homme n'en veut pas?
Ce n'est donc pas qu'une simple affaire de domination masculine. En théorie, le fait que les deux partenaires maitrisent chacun leur propre moyen de contraception faciliterait les choses. Mais en réalité, en l'état actuel des choses, cela les compliquerait en admettant une rupture de confiance, une faille dans le contrat moral du couple : "Je prends des contraceptifs parce que je ne suis pas sûr(e) que tu prennes tes contraceptifs".
Or, en l'état actuel des choses, les femmes se retrouvent dans une situation paradoxale : les droits sociaux en ont fait les pivots de la protection familiale, elles sont protégées pour protéger les enfants. Elles se retrouvent, du fait de l'architecture de la protection sociale, à la fois en droit en devoir (légal ou moral) vis à vis de la famille, de la procréation et de la contraception, et ce, de façon inégale vis à vis des hommes.
C'est donc beaucoup plus compliqué qu'une simple affaire de sexisme.